A 24h d'Algérie - Zambie : Faire de Constantine un... Marcoussis !

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Rendez-vous -  Les Verts sont depuis hier matin à Constantine pour affronter de nouveau la Zambie pour le compte de la quatrième journée des éliminatoires d'un Mondial-2018 où ils n'iront pas.


Bien arrivés, après un long mais confortable voyage, toujours agréablement accueillis avec des fleurs et tout l'exécutif de la wilaya au garde-à-vous à l'aéroport, les Verts sont depuis hier matin à Constantine. Ville choisie par la Fédération algérienne de football (FAF) pour accueillir la deuxième manche contre la Zambie (aller 1 à 3), pour le compte de la quatrième journée du groupe D des éliminatoires du Mondial-2018. Au classement, les Verts sont bons derniers avec un tout petit point, devancés par le Nigeria, en véritable leader (9 points avec trois succès en autant de matchs), la Zambie (4 points) et le Cameroun, pourtant champion d'Afrique 2017 (avec 2 points). Comme quoi, il n'y a pas que l'Algérie qui est dans la gadoue !
Evidemment, les - pauvres - joueurs, fatigués et (a)battus, et ayant bénéficié d'une grasse matinée pour récupérer de leur voyage, se sont retrouvés en fin d'après-midi pour reprendre l'entraînement. En fait, le staff technique a scindé le groupe en deux : ceux qui ont disputé la rencontre de samedi étaient conviés à des exercices de récupération en salle de musculation, et les remplaçants ainsi que les deux absents, Adam Ounas (qui relève d'une bronchite) et Ryad Mahrez (absent pour un transfert loupé !), ont, en plus de la musculation, foulé la belle pelouse du stade Chahid-Hamlaoui pour une séance avec ballon. Aujourd'hui, les coéquipiers de Bensebaïni retrouveront de nouveau le stade Hamlaoui pour une dernière séance, alors que la sélection zambienne, arrivée hier dans la journée, s'entraînera à l'heure du match (20h30).
Reste à savoir : à quoi servira ce match, lorsque l'on est déjà éliminé ? Sachant que cette élimination est venue sanctionner les choix d'une stratégie qui a montré ses limites avec le temps, délaissant le travail de développement à l'échelle locale malgré un gros potentiel, il est temps de passer à autre chose. Faire de Constantine, une sorte de Marcoussis, ce haut lieu du rugby français qui, en août 2011, avait accueilli l'équipe nationale pour son premier stage sous la conduite de Vahid Hallilhodzic. L'homme qui a qualifié trois sélections en trois phases consécutives de Coupe du monde (la Côte d'Ivoire en 2010, l'Algérie en 2014 et le Japon en 2018), et qui, pour certains, est un coach tout juste moyen et chanceux (!), avait sonné la révolte à Marcoussis.
Les Verts, qui venaient de subir à l'époque une humiliante défaite devant le voisin marocain à Marrakech (0 à 4) sur le chemin d'une CAN-2012 à laquelle ils ont été éliminés, se sont présentés disloqués à ce stage et avec un moral dans les chaussettes. Coach Vahid avait d'ailleurs failli jeter l'éponge, avant de reprendre le taureau par les cornes en décidant de rebâtir une nouvelle équipe, poussant certains cadres carrément vers la retraite. Certains, à l'époque, avaient même crié au scandale, mais le temps avait fini par lui donner raison. Certes, la bande à Vahid avait raté la CAN-2013 en Afrique du Sud, mais elle s'est qualifiée au Mondial brésilien de 2014, avec en prime, et pour la première fois dans l'histoire du football algérien, un passage en huitième de finale.
Les Brahimi, Feghouli, Soudani, Slimani, Mandi et autres Djabou, ont alors tenu la dragée haute au futur champion du monde, l'Allemagne, avant d'amorcer leur déclin, ratant successivement les deux sorties continentales de 2015 et 2017. Ils enchaîneront avec une élimination au Mondial-2018. Du coup, la raclée de Lusaka sonne comme une fin de cycle et le signe d'un nouveau départ qu'il ne faut surtout pas rater, et encore moins rater le gros chantier qui attend la nouvelle équipe fédérale. Sans cela, l'histoire risque de se répéter, et en pire cette fois.
A. Salah-Bey