Biskra : La calèche est de retour …

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Nostalgie -  Les Biskris partagent, avec beaucoup de  tendresse, des images gravées à jamais dans leur mémoire de sorties  familiales ou de balades à bord de ces "charrettes" aux multiples couleurs  tirées par de beaux chevaux agiles...


Une époque que Biskra veut ressusciter à travers la relance de ce moyen de transport pour des circuits touristiques pittoresque et captivants.  Véhicule hippomobile, la calèche est munie d'un habitacle sur deux grandes roues, pouvant accueillir 4 à 6 personnes, formé d'une épaisse étoffe recouvert de voilages décoratifs, autrefois de rideaux couvrants, et muni à l'avant s'un siège pour le cocher. Moyen de transport très cher au cœur des natifs de la ville des Ziban, encore aujourd'hui, ils en parlent avec beaucoup d'émotion et de passion.
Se remémorant son enfance accompagnant sa mère lors de ces déplacements en dehors du foyer familial, Toufik, quinquagénaire, raconte comment se prenait le rendez-vous avec le conducteur de la calèche, au demeurant très correct et très discret, et comment il montait avec sa mère qui baissait alors les rideaux pour se préserver des regards. A Biskra, l'évocation de la calèche est à jamais liée au souvenir de «Ammi» Hocine Nadji, décédé en mai 2014 après 58 longues années en service. Tous les Biskris se rappellent la bonhomie d'un personnage emblématique avec son «Houiki» (pantalon traditionnel), sa large gandoura et son turban blancs et ses chaussures en cuir tanné. Guide touristique par excellence, il se faisait un plaisir à faire découvrir à ses clients la ville à travers un circuit qui commence devant l'hôtel «Les Ziban» en passant par les quartiers Msid, Bab Ederb, le vieux Biskra, Medjeniche puis Sidi Barket avant le retour au centre ville. Incontournable dans une célébration de mariage, le vieux Hocine était très sollicité par les familles, pour le cortège nuptial certes mais aussi en tant que «baraka» (bénédiction) pour les jeunes époux dans leur vie future. A Biskra, en dépit de l'évolution de la vie moderne et de la prolifération des voitures sur les axes routiers, la calèche continu de battre dans le coeur de «l'enchanteresse» qui réclame son retour comme c'était le cas avant, lorsque l'oasis était une destination touristique notamment dans les années 1970. Pas moins de 27 calèches sillonnaient la ville au quotidien offrant des ballades paisibles et apaisantes. La réhabilitation de la calèche, en tant que moyen de transport traditionnel et écologique est fortement souhaitée par la population, consciente de la valeur ajouté qu'elle peut apporté en termes d'attraction touristique. Néanmoins, nombreux sont ceux qui, à l'instar de Hadj Badri Djoudi, président de l'Association des amis de la ville de Biskra, pensent qu'il faut «focaliser sur le facteur humain». La nécessaire formation de «cochers» professionnels jouissant d'une bonne culture générale sur leur ville revient dans toutes les discussions. Hadj Badri appelle dans ce sens «les amoureux du patrimoine biskri à contribuer à la formation d'une relève digne des anciens» pour rendre à ce métier son aura.
R. L./APS