Blida/Transport routier : Une gare délabrée au milieu des roses

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07Contraste n Si Blida a pu, dernièrement, restituer son surnom de "ville des Roses" grâce à de multiples actions de nettoyage et d’embellissement, elle demeure, à ce jour, dépourvue d’une gare routière digne de ce nom,

En effet, le visiteur de la ville de Blida est confronté à un véritable paradoxe : d’un côté une belle ville respirant la beauté et la propreté, au point de constituer un modèle à suivre à l’échelle nationale, et, de l’autre, une gare routière malheureusement loin des critères des autres gares modernes du pays.
Un petit tour à cette gare provisoire, mitoyenne au marché Kessab, fortement fréquenté par des citoyens de tous bords, suffit pour faire le constat de la situation catastrophique de cette structure, qui fait croire au visiteur qu’il a été subitement projeté dans l’une des wilayas les plus déshéritées du pays.L’anarchie et la saleté constituent, en effet, les éléments saillants du paysage général de cette gare, qui pour ne pas gâcher le reste est fait de disputes quotidiennes entre les chauffeurs de bus sur les durées de stationnement de chacun d’eux, a-t-on constaté.
Des voyageurs, résidants et visiteurs, venus de différentes régions du pays, rencontrés sur place par l’APS, ne se sont pas fait prier pour exprimer leur mécontentement à l’égard de la situation désastreuse de cette gare s’étendant sur une surface de 3 hectares, qui est, selon leur expression, dénuée des moindres conditions nécessitées pour un voyageurs, dont notamment des restaurants, des salles d’eau et des abris bus pour les protéger de la pluie et des chaleurs estivales, ont-il déploré.
En visite pour la première fois à Blida, une dame venue d’Oran, en compagnie de son mari et de ses enfants, s’est dit "choquée" par l’état de cette gare abritée par la ville des roses, muse des artistes et poètes, a-t-elle ajouté, visiblement très irritée, fatigue oblige, à l’égard de l’absence notamment de bancs pour se reposer et de structures pour se  restaurer.
Il n’est un secret pour personne que la situation dégradée de cette structure publique, mitoyenne au marché Kessab, accueillant quotidiennement des centaines de chalands de tout le pays, est fortement aggravée par le commerce parallèle, qui est pratiqué sur une grande surface de cette gare, squattée par des vendeurs de l’informel, à l’origine des tas de détritus de toutes sortes, qu’ils laissent quotidiennement derrière eux, en fin de journée.
Le directeur du commerce de la wilaya, Djamel Abed, a fait part de la mise au point actuellement d’un plan, en vue de l’éradication de ce marché parallèle, considéré comme le plus grand de la wilaya.
L’entame de la mise en œuvre de ce plan sera lancée dès la fermeture de cette gare, programmée avec l’entrée en exploitation de la nouvelle gare routière, en réalisation à la cité Ramoul de Blida, a-t-il fait savoir.M. Abed a, néanmoins, souligné la difficulté d’évacuer des vendeurs de ce lieu, au vu de leur nombre considérable et de leur "ancienneté" au niveau de ce marché parallèle, d’où l’impératif, pour lui, d’un plan d’action rigoureux prévoyant notamment l’affectation de locaux commerciaux à ces vendeurs, une fois évacués.Selon le directeur des transports de la wilaya, Idir Ramdane Cherif, le projet de réalisation de la nouvelle gare routière de Blida, lancé en chantier en 2013, a atteint un taux d’avancement estimé à 85%,imputant son retard à des motifs techniques et administratifs.
R. L./APS