Sénégal / Après une longue accalmie : Regain de violence en Casamance

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Attaque -  Après des années d'accalmie, la Casamance, région du sud du Sénégal où une rébellion est active depuis 35 ans, a connu hier un regain de violence inattendu lorsque 13 jeunes qui coupaient du bois ont été tués par une bande armée.


«L'attaque a également fait sept blessés et un jeune a réussi à s'échapper», a indiqué le porte-parole de l'armée sénégalaise. Le président sénégalais Macky Sall, condamnant "une attaque armée d'une rare barbarie", a aussitôt convoqué le Conseil national de sécurité, a annoncé le secrétaire général du gouvernement dans la nuit d’hier.
Le chef de l'Etat a "ordonné que les auteurs de cet acte criminel soient recherchés et traduits en justice", et il a dépêché une délégation ministérielle qui se rendra sur place ce dimanche "pour évaluer la situation sécuritaire et présenter en même temps les condoléances de la Nation aux familles éprouvées", indique le communiqué gouvernemental. Le gouvernement "réitère son engagement à faire régner l'ordre et la sécurité sur l'ensemble du territoire national", ajoute le texte. L'attaque s'est produite dans l'après-midi dans une forêt proche de la frontière avec la Guinée-Bissau, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, Ziguinchor, région agricole et touristique séparée du reste du Sénégal par la Gambie. "Ils étaient sortis chercher du bois quand ils sont tombés sur une bande armée d'une quinzaine d'individus, qui ont directement fait feu", a précisé le porte parole. L'armée sénégalaise a déployé une compagnie de quelque 150 parachutistes munis de véhicules pour évacuer les victimes et traquer les auteurs de l'attaque. Les corps sans vie ont été transportés à la morgue de l'hôpital régional de Ziguinchor, où ont également été acheminés les blessés et où de nombreuses familles se sont réunies, selon l'Agence de presse sénégalaise APS (officielle). "Ils auraient dépassé la zone tampon séparant les positions de l'armée sénégalaise de celles des combattants du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance), la rébellion indépendantiste armée", a expliqué l'APS, sans citer de source. "Il est trop tôt pour dire si les assaillants font partie du MFDC, l'enquête le dira", a déclaré le porte parole de l’armée, alors que la rébellion est divisée en plusieurs factions. Cette attaque survient au lendemain de la libération de deux combattants du MFDC, libérés par l'armée à la suite d'une médiation lancée par la communauté de Sant'Egidio de Rome entre l'Etat du Sénégal et les combattants du MFDC. La rébellion pour l'indépendance de la Casamance, qui dure depuis décembre 1982, a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l'économie de la région et poussé de nombreux habitants à fuir. Une accalmie perdure sur le terrain depuis plusieurs années alors que les tractations de paix se sont multipliées depuis l'arrivée au pouvoir du président Macky Sall en 2012. "Il n'y avait pas de tensions ces derniers temps, pas de signes avant-coureurs", a assuré le porte-parole de l'armée.
R.I./Agences