Yémen : Sanaâ sous contrôle des Houthis

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Situation - Les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, se sont assuré le contrôle mardi de la capitale yéménite Sanaâ au lendemain de l'élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l'ex-président Ali Abdallah Saleh.


Selon des sources sécuritaires, les houthis, qui partageaient jusqu'ici le contrôle de la capitale avec M. Saleh, ont pris le contrôle de tous les sites qui étaient tenus par les partisans de l'ex-président quelques heures après sa mort lundi.
Signe de la dimension régionale du conflit, l'Iran a déclaré que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux «agresseurs», dans une allusion à l'Arabie Saoudite, le grand rival régional de la République islamique. De son côté, Ryad a dit espérer voir le Yémen débarrassé «des milices terroristes soutenues par l'Iran».
A Washington, un haut responsable américain de la défense a estimé que la mort de Saleh n'aiderait pas les parties en conflit à trouver une solution.
Le parti de Saleh a fait savoir mardi à l'AFP que Tarek Saleh, neveu de l'ex-président et important commandant des forces loyales à ce dernier, avait succombé à des blessures subies lors des combats.
D'allié des houthis, Saleh était devenu leur adversaire la semaine dernière en dénonçant leur volonté de le marginaliser et en tendant la main à l'Arabie Saoudite, à la tête d'une coalition qui combat les rebelles depuis 2015. Depuis l'annonce de la mort de Saleh, aucun affrontement majeur n'a eu lieu dans Sanaâ, hormis quelques escarmouches dans la partie sud de la ville, le fief de ses partisans.
Un haut responsable houthi, Saleh al-Sammad, avait annoncé tard lundi «la fin des opérations de sécurité et la stabilisation de la situation» à Sanaâ. Il a en même temps confirmé implicitement une campagne de répression contre des proches d'Ali Abdallah Saleh, en déclarant avoir ordonné aux services de sécurité de «prendre des mesures contre les saboteurs et tous ceux qui ont collaboré avec eux». Le Premier ministre yéménite Ahmed ben Dagher a fait état d'arrestations de membres de l'armée jugés favorables à l'ancien président. Dans l'après-midi, une manifestation réunissant des milliers de personnes a eu lieu pour célébrer, selon leur chef Abdel Malek Al-Houthi, «l'échec du complot ourdi» par Saleh et une frange de son parti, le Congrès populaire général (CPG). Depuis les Emirats arabes unis, son fils aîné, Ahmed Ali, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que son père était mort dans sa maison «les armes à la main». «Je fais le serment (...) qu'au milieu des blessures, nous allons enfourcher le cheval de bataille pour faire face aux ennemis de la nation», a-t-il dit.
Des vidéos diffusées par des houthis ont montré le corps de Saleh sans vie, les yeux figés et l'arrière de la tête portant une profonde entaille. Son corps inerte dans une couverture fleurie a ensuite été placé à l'arrière d'un pick-up.
On ignorait mardi où se trouvait le corps et si Saleh aurait des funérailles. La nouvelle donne à Sanaâ risque de compliquer un peu plus le conflit au Yémen qui a fait plus de 8 750 morts depuis mars 2015, dont plus de 1 500 enfants, ainsi que 50 600 blessés, en majorité des civils.
R. I. / Agences