Yémen /la guerre franchit un nouveau palier : ça tire et ça tue de partout

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Violences -  Les habitants de Sanaa, la capitale yéménite, étaient barricadés chez eux pour se protéger de nouveaux affrontements au sein du camp rebelle, tandis que les deux factions rivales tentaient de renforcer leurs positions.


L'alliance rebelle, qui contrôle Sanaa depuis plus de trois ans, a éclaté à la suite de combats entre ses deux composantes, qui ont fait au moins 60 morts et blessés dans les deux camps depuis mercredi.
Samedi, l'ancien président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a tendu la main au camp adverse appuyé par l'Arabie Saoudite, une démarche qualifiée de «grande trahison» par ses anciens alliés houthis.
Dimanche, les forces loyales à M. Saleh ont bloqué plusieurs rues du centre-ville et s'y sont déployées en nombre, ont rapporté des témoins. Elles ont tenté une nouvelle fois de prendre le contrôle du quartier d'Al-Jarraf, un bastion des Houthis, où ces derniers ont renforcé leurs positions. Déjà maîtres du nord de la capitale, les Houthis ont eux tenté de pousser leur avantage dans le sud en procédant, selon des habitants, à un déploiement de troupes venues du nord du Yémen, leur bastion traditionnel. Ils ont notamment pris la résidence d'un proche de M. Saleh, le «ministre de l'Intérieur» du gouvernement rebelle, Mohammed Abdallah Al-Waqsi, tuant trois de ses gardes, selon des sources du parti de l'ex-chef de l'Etat. A Omran, à la sortie nord de la capitale, les Houthis ont tué un chef tribal, Mohammed Al-Zarka, également proche de M. Saleh, et des membres de sa famille, ont affirmé les mêmes sources. Des habitants de différents quartiers ont dit s'être barricadés chez eux pour éviter les tireurs embusqués et les bombardements, notamment autour des ministères et des bâtiments publics. Le ministère de l'Education a suspendu les cours dimanche, début de la semaine scolaire, pour éviter aux élèves et enseignants d'être pris dans des combats. Des cadavres gisaient encore dans les rues, selon des témoins. Iyad Al-Othmani, 33 ans, a déclaré qu'il n'avait pas quitté sa maison depuis trois jours en raison des combats. Même précaution pour Mohammed Abdallah, un employé du secteur privé, qui a indiqué que sa rue avait été barrée par des miliciens. «Sanaa devient une ville fantôme (...), les gens sont enfermés», a dit un employé local de l'Organisation internationale des migrations (OIM). «Profondément préoccupé» par la recrudescence des affrontements, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé dimanche «toutes les parties au conflit» à un cessez-le-feu en «cessant toute attaque dans les airs et au sol», selon un communiqué.
La guerre au Yémen a fait plus de 8 750 morts depuis l'intervention de Riyad et de ses alliés.
Sous la pression de la rue - dans le tumulte du Printemps arabe -, Ali Abdallah Saleh avait dû céder officiellement le pouvoir, après plus de 30 ans de règne, à Abd Rabbo Mansour Hadi en février 2012. Trois ans plus tard, ce dernier était contraint de fuir Sanaa pour Aden (sud) devant l'avancée des rebelles houthis soutenus par des partisans de l'ex-président Saleh. Issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), les Houthis contestent de longue date le pouvoir central. Ils sont accusés d'être soutenus par l'Iran.
Le conflit au Yémen a ravivé les tensions dans le Golfe, sur fond de rivalité exacerbée entre l'Arabie Saoudite sunnite et l'Iran chiite.


- Des raids aériens ont secoué lundi la capitale yéménite Sanaa, théâtre depuis plusieurs jours d'affrontements meurtriers entre les rebelles houthis et leurs anciens alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, ont rapporté des témoins. Les frappes auraient visé des cibles proches de l'aéroport international et du ministère de l'Intérieur, tous deux sous le contrôle des rebelles houthis, ont indiqué des habitants et une source aéroportuaire. La coalition militaire arabe dirigée par l'Arabie Saoudite est la seule à mener des raids aériens au Yémen en soutien aux forces pro-gouvernementales. Un porte-parole de cette coalition militaire n'était pas en mesure de confirmer dans l'immédiat les raids de lundi. Des habitants près de l'aéroport ont signalé qu'une série de raids a secoué leurs maisons tard dimanche et durant les premières heures de lundi. Une source aéroportuaire a affirmé que des bases rebelles proches avaient été ciblées, mais l'aéroport lui-même n'a pas été visé. D'après les habitants, les combats, ayant éclaté depuis mercredi entre factions rivales de la rébellion au Yémen, se sont étendus en dehors de la capitale. Des sources tribales à Sanhan, ville natale de l'ancien président Saleh au sud de la capitale, ont indiqué que des violents combats avaient opposé les deux camps dans la nuit de dimanche. Des sources auprès des deux protagonistes n'étaient pas en mesure de confirmer ces combats dans l'immédiat.