USA : Trump, une fin d'année sous haute tension

Partagez cet article
FaceBook  Twitter     



Evaluation n La fin d'année est proche et le bilan législatif est maigre : au plus bas dans les sondages, Donald Trump espère arracher une victoire au Congrès dans les semaines à venir. Mais l'équation politique est compliquée.


De Ronald Reagan à Barack Obama, la première année au pouvoir est traditionnellement celle durant laquelle les présidents américains font passer les réformes les plus emblématiques - ou les plus délicates - surfant sur l'élan des urnes.
Mais contrairement à ses prédécesseurs, Donald Trump n'a jamais connu l'état de grâce des débuts. Ses relations avec l'opposition démocrate sont très difficiles, celles avec les élus républicains, majoritaires au Congrès, loin d'être harmonieuses.
Le locataire de la Maison-Blanche, dont la frustration est palpable, reçoit mardi les leaders républicains et démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat : Paul Ryan, Mitch McConnell, Nancy Pelosi et Chuck Schumer.Au menu de cette rencontre très attendue à Washington : fiscalité, dette, immigration, santé. La priorité des priorités pour l'Exécutif américain ? Le vote d'une vaste réforme fiscale, promesse de campagne du magnat de l'immobilier envers «la classe moyenne», mise en avant comme outil incontournable vers une croissance plus robuste. «L'économie a besoin d'une baisse d'impôts et le parti républicain a besoin de tenir ses promesses», résumait dimanche le sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham. Donald Trump a franchi, mi-novembre, une première haie, avec l'adoption d'un texte par la Chambre des représentants. Mais le plus dur est à venir : le Sénat où, avec 52 sièges sur 100, les sénateurs républicains ne peuvent se permettre plus de deux défections. Lundi, à peine rentré des congés de Thanksgiving, il a assuré d'un tweet que la réforme se présentait «très bien» et bénéficiait d'un «fort soutien». Le vote, pourtant, s'annonce délicat.
Et si les républicains ont les yeux braqués sur leur réforme fiscale, les sujets de tension au Capitole sont légion.
Une date butoir accapare tous les esprits : le 8 décembre, échéance d'ici laquelle les élus doivent trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette. Prérogative du Congrès, le relèvement du plafond de la dette est, depuis une vingtaine d'années, au cœur de batailles politiques homériques. Il est devenu une précieuse monnaie d'échange pour les élus de tous bords sur fond de menace d'une fermeture du gouvernement fédéral, comme ce fut le cas en 2013. Pour les démocrates, l'occasion est belle de pousser l'une de leurs priorités : offrir un statut - et des perspectives d'avenir - aux centaines de milliers de «Dreamers» (rêveurs), sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis. Donald Trump a supprimé un programme de Barack Obama les protégeant, connu sous le nom de «Daca», et donné au Congrès six mois pour trouver une solution. Interrogée sur les débats à venir, Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, a dit lundi espérer que les démocrates ne «prennent pas le gouvernement en otage». Donald Trump n'a de cesse de dénoncer «l'obstruction» systématique de ses adversaires démocrates. Entre sa volonté affichée de faire aboutir à tout prix sa réforme fiscale «historique», et ses changements de pieds successifs vis-à-vis de ténors républicains qu'il encense ou dénigre suivant les jours, difficile de prédire quelle carte l'impétueux président sortira de son jeu.
R. I./ Agences