Roumanie /Le gouvernement de gauche ciblé : Colère de la rue

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Contestation -  Des milliers de Roumains ont manifesté dimanche contre le gouvernement de gauche, accusé par certains de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption.


15 000 à 25 000 personnes ont bravé le froid pour défiler à Bucarest, selon des journalistes de l'AFP et des médias locaux. Plusieurs milliers d'autres ont manifesté dans d'autres villes du pays.
Une quarantaine de groupes de la société civile et deux grandes confédérations syndicales, qui avaient lancé le mot d'ordre de la manifestation, ont déclaré dans un communiqué commun qu'une «mafia politique avait pris le contrôle de la Roumanie». Les signataires veulent le retrait de projets de loi qui réformeraient le système judiciaire et réduiraient les pouvoirs du parquet anticorruption (DNA).
L'opposition a reproché récemment au gouvernement de «menacer l'indépendance de la justice» à travers trois projets de loi actuellement en cours de discussion, qui risquent, selon elle, d'affaiblir la lutte anticorruption.
Ces projets sont à l'origine d'une nouvelle vague de contestations visant les sociaux-démocrates, les grands gagnants des législatives de décembre 2016.
Une tentative d’assouplir la législation anticorruption avait provoqué, l'hiver dernier, un mouvement de protestation d'une ampleur sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989, forçant la majorité de centre gauche à faire machine arrière.
Selon l'opposition, les réformes proposées par le gouvernement vont à l'encontre des progrès enregistrés contre la corruption en Roumanie, un mal contre lequel l'Union européenne n'a cessé de protester depuis l'adhésion du pays à l'UE il y a dix ans.
«Des lois sont en préparation et vont à l'encontre des intérêts de la Roumanie, simplement pour sauver quelques personnes qui font l'objet d'une enquête. Pour moi, c'est horrible», a déclaré à l'AFP un retraité, Ion Nica, au cours de la manifestation à Bucarest.
En outre, les avoirs du chef des sociaux-démocrates roumains, Liviu Dragnea, soupçonné de malversations dans l'utilisation de fonds européens, avaient été passés au crible mercredi par les procureurs, qui tentent de déterminer le montant de sa fortune, au lendemain d'un séquestre décidé par la justice.
Les procureurs avaient annoncé, mardi, la mise sous séquestre des biens de l'homme fort de la politique roumaine, une mesure conservatoire pour contribuer au recouvrement d'un préjudice estimé à 27 millions d'euros, dans le dossier de détournement présumé de fonds.
Le chef du PSD est soupçonné d'abus de pouvoir et d'utilisation de faux, des accusations qu'il rejette. Les investigations portent sur un détournement présumé de fonds destinés à des projets d'infrastructures, alors qu'il était chef d'un conseil départemental entre 2000 et 2012.
Liviu Dragnea, qui exerce un contrôle étroit sur la majorité au pouvoir, est par ailleurs jugé, dans une procédure distincte, pour «abus de pouvoir» dans une affaire d'emplois fictifs. En 2016, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.
R. I. / Agence