Tunisie : Guerre contre la corruption

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Objectif -  Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a souligné la détermination de son cabinet à poursuivre la lutte contre la corruption, ajoutant que la Justice demeure une composante essentielle de cette "guerre ouverte".


«L’augmentation, pour la première fois, du budget du ministère de la Justice, la hausse des salaires des magistrats et la mobilisation de fonds pour le pôle judicaire financier sont autant d’indices qui reflètent la volonté de combattre ce fléau", a soutenu M. Chahed à la clôture de la plénière de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) consacrée à la déclaration du gouvernement sur le projet de budget de l’Etat au titre de l’année 2018 et à la loi de Finances.
Lancée le 23 mai dernier par Youcef Chahed, la campagne contre la corruption s'étend à tous les secteurs, touchant notamment aux barons de la contrebande et du commerce informel, des cadres des douanes, vedettes de la télévision, selon les médias locaux. La campagne a été lancée le jour même de l'arrestation de "Chafik Jarraya, homme d'affaires sulfureux, par les forces spéciales, à sa sortie d'un café" à Tunis. Chahed avait affirmé, en juillet dernier, devant les députés de l'ARP que "la guerre contre la corruption sera de longue haleine". Il a passé en revue les méfaits de ce phénomène précisant qu'il existe réellement dans le pays et s'est propagé dans tous les rouages, selon les rapports des organisations internationales. Il a précisé que la corruption affaiblit les piliers de l'économie du pays qu'elle rend moins attrayant pour les investisseurs, outre le fait qu'elle appauvrit les citoyens Par ailleurs, Youssef Chahed a lors de la session de l’ARP a souligné que le gouvernement a honoré ses engagements envers l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) pour organiser des élections municipales dans les délais impartis. "Le gouvernement a mis en place des tribunaux administratifs dans les régions et mobilisé les fonds nécessaires pour la réussite de ce rendez-vous électoral", a-t-il affirmé. Sept ans ont passé depuis la révolution qui a renversé la dictature en Tunisie mais un réel changement se fait toujours attendre en termes de droits économiques et sociaux, a déploré hier mardi une ONG tunisienne. "Les années ont passé et les citoyens sont toujours frustrés des droits pour lesquels ils s'étaient mobilisés", estime dans son rapport annuel le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). Le pays a gardé "le même modèle économique, avec les mêmes problèmes" qu'avant la révolution de 2011 qui a chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali aux cris de "travail, liberté, dignité nationale", a dit à l'AFP le président du FTDES, Messaoud Romdhani. "La situation ne cesse donc d'empirer", a-t-il souligné en marge d'une conférence sur le sujet. En dépit d'avancées démocratiques, "le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravées", avertit le FTDES, soulignant le risque d'instabilité que cela entraîne. "On a une classe moyenne qui s'appauvrit" alors que "la classe moyenne, c'est (...) un peu comme l'amortisseur (...) contre les chocs et le chaos", a dit M. Romdhani.
R. I. / Agences