Espagne /Crise Catalane : En attendant le 21 décembre

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Situation - Les Premiers ministres espagnol Mariano Rajoy et belge Charles Michel doivent s'exprimer mercredi, après l'appel du président indépendantiste destitué de Catalogne, Carles Puigdemont, à l'Union européenne, lui enjoignant de renoncer à soutenir un «coup d'Etat» contre sa région.


Les deux dirigeants doivent chacun prendre la parole devant leurs Parlements respectifs sur la crise catalane, la pire qu'ait connue l'Espagne en quarante ans de démocratie. Les associations indépendantistes et un syndicat ont paralllèlement appelé à une grève générale en Catalogne, avant une grande manifestation prévue samedi.
Mardi, Carles Puigdemont, à Bruxelles depuis le 30 octobre et qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen à la demande de la justice espagnole, a dénoncé un «coup d'Etat» par la mise sous tutelle de sa région. Elle a été décidée par le gouvernement central le 27 octobre, quelques heures après une déclaration d'indépendance votée au Parlement régional sur la base d'un référendum d'autodétermination interdit organisé le 1er octobre. Les séparatistes affirment que le oui l'avait emporté ce jour-là à 90%, avec 43% de participation, des chiffres invérifiables faute d'une commission électorale indépendante. Si les Catalans donnent à nouveau une majorité aux séparatistes lors des élections régionales prévues le 21 décembre, «Accepterez-vous le résultat du vote des Catalans?», a demandé M. Puigdemont aux dirigeants de l'UE lors d'un discours devant quelque 200 maires séparatistes catalans qui s'étaient déplacés jusqu'à Bruxelles pour le soutenir. Les indépendantistes doivent maintenant tenter de conserver le pouvoir lors de ces élections régionales, imposées par le gouvernement central de Mariano Rajoy pour tenter de trouver une sortie de crise. Mais ils semblent avoir échoué à s'unir, comme le souhaitait Carles Puigdemont. D'autres inconnues accompagnent cette élection atypique: que feront les élus emprisonnés qui l'emporteraient ? Et ceux qui sont à Bruxelles et visés par un mandat d'arrêt ? Le noyau dur indépendantiste est en effet éparpillé entre Bruxelles et... Une prison près de Madrid. Huit des 13 ministres-conseillers de l'exécutif régional destitué par le gouvernement espagnol sont écroués après avoir été inculpés notamment pour rébellion, sédition et détournements de fonds publics.Carles Puigdemont est également visé par ces poursuites, mais il se trouve en Belgique avec quatre autres membres de son gouvernement, dans l'attente de l'examen par la justice belge d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne. M. Puigdemont, qui a assuré s'être «exilé» pour faire connaître sa cause au reste de l'Europe, a déclaré mardi qu'il avait aussi cherché à éviter «une vague de violence» en Catalogne. Son avocat avait expliqué à l'AFP qu'il craignait une spirale d'agitation et de répression en réaction à son éventuelle arrestation. De fait, les incarcérations suscitent l'indignation en Catalogne. D’autre part, quelque 200 maires indépendantistes catalans se sont rassemblés mardi après-midi à Bruxelles, non loin des institutions européennes, pour exiger la libération des membres de l'exécutif catalan emprisonnés en Espagne à la suite de la déclaration d’indépendance votée le 27 octobre par le Parlement catalan.
La délégation est arrivée vers 14 heures au rond-point Schuman séparant le siège de la Commission européenne de celui du Conseil européen où ils ont déployé une grande banderole sur laquelle ils ont réclamé (en anglais) la libération des «prisonniers politiques». Les maires indépendantistes catalans ont scandé pendant de longues minutes le slogan «Libertad» («Liberté») et chanté l'hymne catalan.
«Nous souhaitons que l'Europe nous écoute parce que nous avons l'impression d'être abandonnés. Nous voulons faire passer le message que, sur 948 maires en Catalogne, 760 sont pour l'indépendance», a déclaré à la presse la maire d'Anglès, Astrid Desset. Quelques heures auparavant, une délégation d'entrepreneurs catalans s'est rendue au Parlement européen où elle a expliqué à la presse les conséquences «graves» de la crise catalane sur l'économie de la région. Le vice-président de l'Association des entrepreneurs catalans, Carlos Rivadulla, a dénoncé «l'instabilité sociale et juridique» causée par la déclaration d'indépendance de la Catalogne.
R. I. / Agences