Syrie : L'EI perd sa dernière grande ville

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Défaite - Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a perdu en 24 heures deux importants fiefs en Syrie et en Irak, dont Deir Ezzor, la dernière grande ville sous son contrôle dans ces deux pays voisins.


Retranchés dans une zone à cheval entre l'est de la Syrie et l'ouest de l'Irak, les combattants de l'organisation ultraradicale font face à des offensives des deux côtés de la frontière.
Les forces irakiennes ont annoncé hier les avoir chassés d'Al-Qaïm et du poste-frontière proche de cette localité, qui relie l'Irak à la Syrie.
Les forces gouvernementales irakiennes appuyées par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis ont donc chassé l'EI d'Al-Qaïm, gros bourg du désert au cœur de son dernier bastion dans ce pays.
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a salué "la libération d'Al-Qaïm en un temps record", après l'entrée le matin des troupes dans cette localité située à une dizaine de kilomètres de la Syrie.
Il ne reste désormais plus aux forces irakiennes qu'à s'emparer de la localité voisine de Rawa et des environs désertiques de ces deux bourgs de l'immense province d'Al-Anbar pour reprendre à l'EI la totalité des territoires qu'il avait conquis en 2014.  Selon la coalition internationale, environ 1 500 djihadistes sont encore présents dans les environs d'Al-Qaïm.
Un nouveau coup dur pour l'EI, qui a perdu jeudi la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie en guerre, reprise par l'armée syrienne soutenue par ses alliés russe et iranien.
A Deir Ezzor, les soldats du régime syrien, au lendemain de leur succès, brandissaient leurs armes en l'air et faisaient le V de la victoire, au milieu d'un paysage de désolation : immeubles écroulés, montagnes de gravats, arbres déchiquetés, selon un journaliste collaborant avec l'AFP.
Une épaisse fumée noire s'élevait au-dessus d'une banlieue au nord de la ville où les raids aériens se poursuivent, alors que dans la métropole même, les chars de l'armée et les véhicules militaires patrouillaient. Sur un mur, une prière écrite sur fond noir, vestige de l'EI.
"Deir Ezzor représente la phase finale dans l'élimination totale de" l'EI, s'est félicité le haut commandement de l'armée syrienne dans un communiqué. L'EI s'était emparé de la quasi-totalité de Deir Ezzor et de sa province riche en pétrole en 2014, profitant du chaos engendré par la guerre en Syrie, déclenchée en 2011 avec la répression de manifestations prodémocratie.
Ces derniers mois, l'EI a subi revers après revers en Syrie et en Irak, après avoir proclamé en 2014 un "califat" sur un territoire à cheval sur ces deux pays, vaste comme l'Italie.
Au fil des batailles, les djihadistes ont été chassés de toutes les grandes villes qu'ils avaient conquises, principalement Mossoul en Irak, reprise par les forces irakiennes, et Raqa en Syrie, prise par une coalition arabo-kurde soutenue par Washington et rivale du régime.
Les djihadistes sont maintenant principalement retranchés dans une zone largement désertique le long de la vallée de l'Euphrate qui chevauche l'Irak et la Syrie.
Ils y sont pris en étau entre d'une part le régime et l'alliance arabo-kurde dans l'est de la Syrie et d'autre part les forces irakiennes dans l'ouest de l'Irak.
R. I / Agences