Escalade entre Madrid et Barcelone : Timides gestes d'apaisement

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Crise -  Des premiers gestes qui pourraient faciliter un dialogue entre les séparatistes catalans et le gouvernement sont apparus hier en Espagne, à trois jours de la date initialement envisagée en Catalogne pour une déclaration unilatérale d'indépendance qui fait trembler l'Europe.


A la mi-journée, alors que le chef du gouvernement Mariano Rajoy était réuni avec son conseil des ministres, le président catalan Carles Puigdemont a annoncé qu'il repoussait son intervention devant le Parlement catalan, initialement prévue lundi.
Les séparatistes envisageaient une déclaration d'indépendance unilatérale au cours de cette séance.
L'annonce de Carles Puigdemont pourrait être interprétée comme un geste puisqu'il ne cherche pas à tout prix à maintenir la séance de lundi en dépit de son interdiction par la Cour constitutionnelle. Elle pourrait aussi viser à gagner du temps, en raison de divisions dans son camp.
Elle intervient après des déclarations du responsable des Entreprises au sein du gouvernement catalan, Santi Vila, réputé proche du président régional, où il réclame symboliquement "un cessez-le-feu" symbolique au gouvernement. "Cela signifie que dans les prochaines heures et jours, nous ne prenions pas des décisions qui pourraient être irréparables", a-t-il expliqué. Puis, à l'attention de son camp indépendantiste, il a appelé à "réfléchir et savoir clairement si la précipitation ne risque pas d'abîmer le rêve et de gâcher un projet (d'indépendance) n'ayant jamais été si proche". Ces déclarations se produisent alors que les tensions entre Madrid et Barcelone ont plongé l'Espagne dans sa plus grave crise politique depuis que ce pays est redevenu démocratique, en 1977. Une crise qui divise la Catalogne, où vivent 16% des Espagnols et où la moitié de la population n'est pas indépendantiste selon les sondages. L'impasse semble pour l'instant totale, alors que le gouvernement central de Mariano Rajoy écarte toute possibilité de médiation. "Pour dialoguer il faut rester dans la légalité", a aussi déclaré jeudi dernier Mariano Rajoy ce qui a été rappelé par le porte-parole du gouvernement hier. L'instabilité dans cette région grande comme la Belgique alarme tous les Espagnols, mais aussi l'Europe. "Défaire l'Espagne, c'est-à-dire un Etat-nation (...), c'est défairel'Europe. Et si on ouvre la boîte de Pandore, demain c'est le Pays basque, et après c'est le Pays basque français, et après c'est l'Italie du Nord, et après c'est la guerre", a estimé sur BFMTV l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Barcelone.
Les séparatistes catalans envisagent de déclarer l'indépendance après la publication de résultats définitifs d'un référendum d'autodétermination qui s'est tenu le 1er octobre et qu'ils estiment déjà avoir emporté avec près de 90% des suffrages et 42,3% de participation.
Ils pourraient chercher à profiter de l'élan plus favorable dont ils disposent dans l'opinion catalane, qui est aussi scandalisée par les violences policières ayant fait au moins 92 blessés et quelque 800 personnes ayant requis une assistance médicale. Le préfet de région, principal représentant de l'Etat en Catalogne, a pour la première fois présenté des excuses hier au nom de ses agents.
R. I / Agences