"Cauchemar humanitaire" des Rohingyas : «Crimes contre l'humanité» en Birmanie

Partagez cet article
FaceBook  Twitter     
Situation -  Au moins 60 Rohingyas de Birmanie tentant de rejoindre le demi-million de réfugiés au Bangladesh voisin sont morts ou disparus en mer, a annoncé hier l'ONU, après avoir dénoncé un "cauchemar humanitaire", et la Birmanie est en accusation, 88 ONG parlant même de "crimes contre l'humanité".


Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait réclamé jeudi un "arrêt des opérations militaires" en Birmanie et dénoncé un cauchemar humanitaire", lors d'une réunion du Conseil de sécurité. Il a aussi demandé au gouvernement birman un "accès humanitaire" dans la zone de conflit et "le retour en sécurité, volontaire, digne et durable" dans leurs régions d'origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh.
Le Conseil de sécurité est divisé sur le dossier birman, Pékin et Moscou apportant leur appui aux autorités birmanes, qui démentent tout nettoyage ethnique. Rebelles rohingyas et armée birmane s'accusent mutuellement des atrocités commises depuis fin août en Birmanie, des incendies de villages aux meurtres de civils.
A ce jour, les multiples appels de l'ONU à mettre fin à la répression, à ouvrir un accès humanitaire et à permettre un retour des Rohingyas sont restés lettre morte. Et la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, est très critiquée pour sa gestion de la crise, qui a ravivé de profonds sentiments antimusulmans en Birmanie, pays à plus de 90% bouddhiste. Un voyage dans l'ouest birman des représentants des agences des Nations unies en Birmanie aura lieu lundi prochain. L'ONU a précisé hier avoir prolongé de six mois le mandat de la mission d'établissement des faits en Birmanie, mission chargée d'enquêter sur les violations et autres abus commis dans ce pays et en particulier dans l'Etat Rakhine. Au moins 60 Rohingyas de Birmanie tentant de rejoindre le demi-million de réfugiés au Bangladesh voisin sont morts ou disparus en mer, a annoncé hier l'ONU, après avoir dénoncé un "cauchemar humanitaire", et la Birmanie est en accusation, 88 ONG parlant même de "crimes contre l'humanité". "Ma femme et mes deux fils ont survécu. Mais j'ai perdu mes trois filles", explique entre deux pleurs Shona Miah, Rohingya de 32 ans qui espérait mettre sa famille à l'abri des violences qui ont débuté il y a un mois entre l'armée birmane et des rebelles musulmans rohingyas. Au fur et à fur qu'ils sont découverts, les corps des naufragés sont rassemblés dans une école, non loin de la plage à Cox's Bazar, une ville devenue l'un des plus grands camps de réfugiés au monde.
Ils sont posés à même le sol et recouverts de couvertures de fortune dépareillées, au milieu de leurs proches venus les identifier. Vingt-trois cadavres ont été découverts et 40 passagers sont portés disparus et "présumés noyés", a annoncé hier l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) depuis Genève, faisant passer le bilan de 19 à plus de 60. Selon l'OIM, il y avait 50 enfants à bord. L'embarcation était partie mercredi soir d'un village côtier de l'Etat Rakhine, région épicentre des violences en Birmanie. Elle a coulé à quelques encablures de la terre ferme, victime de pluies de mousson torrentielles.
RI. agences