Mauritanie/Référendum constitutionnel : Dans l'attente des résultats

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Situation -  Les Mauritaniens ont voté dans le calme au référendum constitutionnel prévoyant notamment la suppression du Sénat.


Quelque 1,4 million de Mauritaniens étaient appelés à voter hier samedi dans ce vaste pays en grande partie désertique. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz s'est dit convaincu de remporter «largement» ce scrutin, alors qu'une partie de l'opposition avait appelé au boycott.
Les résultats sont attendus à partir de ce dimanche matin ou en début de semaine prochaine. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) n'a pas été en mesure de fournir de chiffres approximatifs du taux de participation, principal enjeu de cette élection, l'opposition radicale ayant appelé au boycott. «Nous ne sommes pas capables de vous donner un taux de participation à ce stade. Cependant c'est une élection réussie», a estimé le directeur des opérations électorales de la Céni. A la mi-journée, une source proche de la Céni avait indiqué que la participation s'élevait à environ 20% dans la capitale Nouakchott et à 40% à l'intérieur du pays. Une forte abstention serait revendiquée comme un succès par l'opposition radicale, qui avait accusé vendredi dernier le pouvoir de «préparer une fraude à grande échelle» et averti que des violences pourraient éclater, dont le pouvoir serait, selon elle, seul responsable. Le Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU), principale constituante de la coalition de l'opposition radicale, a d'ores et déjà affirmé que «le taux de participation n'a pas dépassé les 15%». Evoquant une «mascarade anticonstitutionnelle», il a accusé le régime de «s'adonner à une vaste opération de fraude à travers le pays». Le scrutin s'est déroulé à l'issue d'une campagne houleuse émaillée de violences lors de manifestations de l'opposition. Ancien général élu en 2009 puis réélu en 2014 pour cinq ans, après être arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2008, Ould Abdel Aziz a laissé entendre que cette modification de la Constitution ne serait probablement pas la dernière. «Dans deux ans, voire dix ans, d'autres amendements peuvent intervenir pour adapter notre Constitution à nos réalités», a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions, alors qu'une partie de l'opposition le soupçonne de vouloir aller au-delà de son second mandat (le dernier selon les règles constitutionnelles actuelles). Ould Abdel Aziz a également critiqué l'opposition radicale, estimant qu'il ne s'agissait que d'une «infime partie de l'opposition, en état de déliquescence, qui n'existe que sur le papier ou sur les réseaux sociaux». Pendant la campagne, cette frange de l'opposition, réunie dans une coalition de huit partis et organisations, a crié au «coup de force» du président, qui avait passé outre au rejet de son projet de révision constitutionnelle par la voie parlementaire en convoquant le référendum. Elaborée en septembre-octobre derniers lors d'un dialogue entre le pouvoir et l'opposition dite modérée, cette révision porte sur le remplacement du Sénat par des conseils régionaux élus et sur la suppression du médiateur de la République et du Haut conseil islamique. Elle prévoit également une modification du drapeau national, auquel seraient ajoutées deux bandes rouges pour «valoriser le sacrifice des martyrs» de la résistance à la colonisation française qui s'est achevée en 1960.
R. I./ Agences