Afghanistan / Il a eu lieu dans une mosquée : 30 morts dans un attentat anti-chiite à Hérat

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Carnage - Un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Hérat, dans l'Ouest de l'Afghanistan, a fait, hier soir, une trentaine de morts et 64 blessés au lendemain d'un assaut contre l'ambassade d'Irak à Kaboul.


Selon le porte-parole du gouverneur provincial, Jilani Farhad, qui a communiqué aujourd’hui un nouveau bilan, «trente personnes ont été tuées et 64 blessées la nuit dernière. Certains blessés sont dans un état critique, des enfant figurent parmi les morts et les blessés.»
«L'explosion s'est produite vers 20H00» (15H30 GMT), selon le porte-parole de la police de Hérat, Abdul Ahad Walizada. Ce dernier a indiqué que «deux terroristes sont impliqués dans l'attaque dont l'un portait un gilet explosif et s'est fait exploser, tandis que le second était armé d'un fusil».
«Tous deux sont morts», a-t-il ajouté, sans donner de précisions sur la mort du deuxième assaillant.
Le correspondant de l'AFP a vu un corps «en morceaux» devant l'entrée de la mosquée, sans doute celui du kamikaze. Ce même correspondant a vu «de nombreux corps» à l'intérieur de la mosquée Jawadiya et rapporté la vision de «morceaux de corps éparpillés, de flaques de sang, de gens hurlant, pleurant...», avant d'être chassé par la police.
Des photos montrent une foule compacte rassemblée devant le service des urgences de l'hôpital, qui a été rapidement débordé par l'afflux de blessés, cherchant des nouvelles de leurs proches ou se proposant pour donner leur sang (ce matin, les habitants continuaient de se présenter pour donner leur sang). D'autres, nombreux, sont massés devant l'entrée de la mosquée, dont l'intérieur a été apparemment très fortement endommagé.
D'après les récits collectés par l'AFP sur place, les assaillants ont d'abord ouvert le feu sur les fidèles en pleine prière, puis ont déclenché leurs vestes explosives à l'intérieur de la mosquée. «Ils ont tiré sur la foule et lancé des grenades puis ils se sont fait exploser», a ainsi raconté Farhad Afshar.
«Quand je suis arrivé sur place, la mosquée était souillée de morceaux de corps et de sang. J'ai vu une mère qui pleurait, elle cherchait ses deux enfants : elle en a découvert un, blessé dans les décombres. L'autre a été retrouvé mort dans une ambulance», poursuit ce témoin.
Ali a essayé de sauver un enfant, en vain : «Il n'y avait pas assez d'ambulances, les gens utilisaient des voitures particulières pour évacuer les blessés; j'ai voulu emmener un petit enfant à l'hôpital mais il est mort dans mes bras.»
«Ils ont même tué un enfant de sept ans», rapporte Farhad Dost qui a perdu un cousin. L'homme pleure en évoquant ces victimes.
Pour lui, «ce n'est pas une attaque contre les chiites mais contre tous les Afghans, contre les musulmans. Nous allons enterrer nos morts cet après-midi, mais après nous descendrons dans les rues pour demander justice», promet-il.
Il revient sur l'attaque du poste de police, la veille : «Les gens étaient en colère, ils ont mis le feu. Les policiers étaient à 100 mètres de la mosquée, ils n'ont même pas essayé d'arrêter les assaillants, ils se sont tous enfuis à la première détonation», accuse-t-il.
Cette attaque n'avait pas été revendiquée dans l'immédiat. Mais depuis un an, l'EI a visé à plusieurs reprises des foules et des mosquées de la minorité chiite d'Afghanistan.
Les talibans ont d'ailleurs rejeté mardi soir toute responsabilité dans cette opération sur leur compte Twitter et par un message WhatsApp envoyé à l'AFP.
R.I./Agence