G20 /Alors que le rideau est tombé sur le sommet : Hambourg ne décolère pas

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Troubles -  De nouveaux heurts ont éclaté ce matin dans les rues de Hambourg, après la fin du sommet du G20, des manifestants incendiant notamment des véhicules, a annoncé la police sur Twitter.


Des manifestants se sont regroupés après la clôture du sommet dans le quartier de Schanzenviertel, bastion local de la gauche radicale, où avaient déjà eu lieu plusieurs affrontements depuis jeudi.
Armés de bouteilles et s'en prenant à des véhicules, qu'ils ont notamment incendiés, les manifestants ont été repoussés par la police à coup de gaz lacrymogèneS et de canons à eau, indique celle-ci sur Twitter.
La police annonce de nouveaux blessés dans ses rangs et de nouvelles arrestations.
Le dernier bilan donné par la police samedi faisait état de 213 policiers blessés depuis jeudi et de 143 personnes interpellées. Le nombre des manifestants blessés n'était pas encore connu avec précision.
Pour rappel, environ 20 000 manifestants étaient mobilisés samedi dans les rues de Hambourg contre le sommet du G20.
Le rassemblement, organisé à l'appel d'organisations altermondialistes et de la gauche radicale, devait rejoindre le quartier St.Pauli, théâtre de violences ces derniers jours.
Des pancartes brandies dans le cortège - «Les pierres non», «Notre arme c'est la sagesse» - appelaient les participants au calme.
Mais la police n'avait pas exclu que des casseurs et militants violents s’étaient glissés dans le cortège, comme les jours précédents.
La manifestation, intitulée «Solidarité sans frontières au lieu du G20», vise à «dénoncer les noyades de migrants en Méditerranée, les immenses dépenses d'armement et pour la guerre, les inégalités sociales et les mensonges sur le changement climatique», selon le site des organisateurs. Vendredi, un policier pris à partie à Hambourg par plusieurs personnes au cours d'un vol commis en marge d'une manifestation contre le G20 a effectué, selon la police, «un tir de sommation» pour se dégager et se mettre en sécurité.
La scène avait eu lieu dans le Schanzenviertel, où «plusieurs personnes masquées et armées de barres de fer»» s’étaient par ailleurs rassemblées devant le Rote Flora, un ancien théâtre occupé par des squatters en 1989 au cours de batailles de rue et haut lieu de la contestation anti-G20, selon la police de Hambourg sur Twitter.
Devant le bâtiment, près duquel des centaines de policiers anti-émeutes s’étaient positionnés, des manifestants jetaient des pétards et des poubelles ont été incendiées, saturant l'air d'une odeur âcre, selon des journalistes de l'AFP sur place.
Au moins cinq canons à eau ont été actionnés pour tenter de canaliser les manifestants, dont plusieurs «Black Blocs» vêtus de noir, certains lançant des pierres et des bouteilles sur les forces de l'ordre, ont dit des journalistes.
La police, à l'aide de mégaphones, intimait aux personnes présentes l'ordre de quitter le secteur.
Selon l'agence de presse allemande DPA, des confrontations entre forces de l'ordre et militants radicaux s’étaient aussi déroulées dans «plusieurs endroits» de ce quartier, où la police avait là aussi engagé les canons à eau.
R. I. / Agence

l Les autorités allemandes, Angela Merkel en tête, sont montrées du doigt après les violences qui ont marqué le sommet du G20 à Hambourg et écornent l'image de l'Allemagne au plan international. Dans un éditorial au vitriol, le quotidien le plus lu d'Allemagne, Bild, fait porter samedi la responsabilité de la «débâcle» à la chancelière, l'accusant d'avoir «échoué» en matière de maintien de l'ordre public depuis les premiers heurts. «Le sentiment de sécurité que l'Etat doit garantir a cessé d'exister à Hambourg», s'emporte ce journal, jetant les dirigeants allemands dans l'embarras à moins de trois mois des élections législatives. «Les politiques portent l'entière responsabilité pour les policiers blessés et les destructions dans la ville», a lui aussi déclaré le dirigeant hambourgeois du syndicat de policiers BDK, Jan Reinecke, dans le magazine Der Spiegel. Mais le quotidien conservateur Die Welt évoque une «perte de contrôle» des autorités, qui ont laissé certains quartiers de la deuxième agglomération d'Allemagne avec ses 1,7 million d'habitants, se transformer en zone livrée aux casseurs. Le spectacle offert par cette grande cité portuaire est en effet loin de l'image de «porte sur le monde»» dynamique et internationale présentée par les dirigeants allemands avant ce sommet.