Venezuela / Pour la 7e fois : L'état d'urgence prolongé

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Crise n Le président Maduro a, une nouvelle fois, prolongé l'état d'urgence économique en vigueur depuis janvier 2016, alors que la vague de protestations qui dure depuis six semaines a fait 42 morts.

Cette mesure, renouvelée pour la 7e fois, pour une durée de 60 jours, permet au chef d'Etat socialiste de restreindre les «garanties» constitutionnelles et de prendre des mesures spéciales d'«ordre social, économique, politique et juridique».
M. Maduro peut ainsi «concevoir et mettre en œuvre des plans spéciaux de sécurité nationale pour faire face aux actions déstabilisatrices qui portent atteinte à la paix de la Nation, à la sécurité personnelle et à la protection des installations et biens publics et privés», selon le texte.
Le Conseil de sécurité de l'ONU discutera aujourd’hui  de la crise au Venezuela.
Les Etats-Unis ont demandé la tenue de cette réunion, qui va se tenir à huis clos, après d'autres sessions sur la Somalie et l'Erythrée.
Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations et de violences quasi quotidiennes, qui, survenant dans un contexte de profonde crise économique et politique, a fait 42 morts, en six semaines de protestations pour exiger son départ. Ce bilan est le plus lourd depuis les marches de 2014 qui avaient fait officiellement 43 mortsAu moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l'ONG Foro Penal.
Selon cette organisation de défense des droits de l'Homme, 260 personnes ont été jugées par l'armée, en violation de la Constitution qui prévoit que seuls les soldats doivent être présentés devant des tribunaux militaires.
Parmi elles, 155 ont été envoyées en prison, les autres étant soient blanchies soient placées en liberté conditionnelle. «Le chiffre augmentera, car il en reste beaucoup qui doivent encore être présentés», a déclaré à l'AFP Luis Betancourt, avocat de l'ONG, insistant sur le fait que «les civils ne peuvent être jugés que par des civils». La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, avait dénoncé ce recours aux tribunaux militaires à l'encontre des civils arrêtés lors des manifestations.
Juger des civils par l'armée est une «pratique des dictatures», a également commenté le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, l'un des plus critiques à l'international envers la situation vénézuélienne, qui a aussi suscité l'inquiétude de Washington, de l'ONU et de l'Union européenne. Lundi, des milliers d'opposants au chef de l'Etat ont bloqué les principales routes du pays, une journée émaillée par des violences.  
L'opération, nommée «grand sit-in contre la dictature», a mobilisé pendant une douzaine d'heures des manifestants dans une cinquantaine de points stratégiques du pays.
L'objectif était de «rendre ingouvernable» le Venezuela, déjà en proie au marasme économique, ce pays pétrolier étant ruiné par la chute des cours du brut, a expliqué aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement contrôlé depuis fin 2015 par l'opposition.
L'opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l'Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu'il s'agit d'une manœuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s'accrocher au pouvoir.
R. I./Agences