France : Premières tensions pour le président Macron

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Clivages n Le jeune président centriste Emmanuel Macron qui prend officiellement ses fonctions demain, a affronté les premières tensions au sein de son camp, alors que se profile la bataille décisive des législatives françaises en juin.

Ce devait être le premier signe fort du renouvellement prôné par le président de 39 ans, élu le 7 mai : la présentation d'une liste de candidats aux législatives qui incarne le changement et l'équilibre entre gauche et droite.
Mais l'annonce jeudi de ce premier contingent de 428 aspirants députés sur les 577 que doit présenter le mouvement présidentiel La République en marche avant le dépôt légal des candidatures le 19 mai, a été brouillée par des erreurs et les vifs reproches adressés par un allié important du président, le centriste historique François Bayrou.
«La liste des investitures publiées (...) est celle du mouvement politique En Marche!, elle n'est en aucun cas celle à laquelle le MoDem a donné son assentiment», avait déclaré jeudi à l'AFP le président du MoDem, seul parti français avec lequel M. Macron a passé un accord politique au cours de la campagne présidentielle. Selon lui, son mouvement a été lésé en n'obtenant qu'une quarantaine d'investitures alors qu'il en réclamait une centaine pour ces législatives des 11 et 18 juin. Plusieurs noms avaient déjà été ajoutés jeudi soir à la première liste. A l'issue d'un bureau exécutif de son parti, M. Bayrou, 65 ans, a annoncé hier soir avoir trouvé un projet d'accord «solide et équilibré» avec La République en marche sur les investitures aux législatives, mettant un terme à 24 heures de tension entre les deux alliés.
«On a fait des pas en avant sur des questions extrêmement importantes pour l'avenir de la majorité», a déclaré aux journalistes M. Bayrou.
Les équipes du Modem, en contact avec des responsables d'En marche, ont travaillé pendant quatre heures hier soir sur cette liste d'investitures qui doit encore être avalisée par le parti d'Emmanuel Macron ce samedi matin. M. Bayrou s'est montré confiant sur un accord. «La journée des investitures s'est transformée en retour brutal sur terre politique. François Bayrou, l'allié qui lui a permis de décoller dans les sondages, a provoqué leur première crise au sommet», a estimé le quotidien économique Les Echos.
Hier matin, le secrétaire général du parti du président, Richard Ferrand, a tenu à rassurer son allié en lui disant que tout allait «bien se passer» pour les législatives. «On continue à marcher ensemble», avait-il insisté. Cette querelle, qui est venue s'ajouter au feuilleton médiatique de l'intégration ou non de l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls au sein de la majorité présidentielle, a été utilisée par la droite qui cherche à se reconstruire après une présidentielle désastreuse.
M. Macron «est totalement empêtré dans cette affaire des investitures» et «il ne sait plus comment s'en sortir», a attaqué Christian Jacob, chef de file des députés du parti de droite Les Républicains (LR).
«C'est une attitude (...) de petits politicards, c'est ça la réalité», a-t-il affirmé, ajoutant : «Honnêtement (...), derrière tout ça, il y a un gros numéro de bluff, des petites combines».
Alors que certains républicains sont séduits par Emmanuel Macron et que des noms issus de ses rangs sont même évoqués pour le poste de Premier ministre, le parti de droite doit serrer les rangs pour espérer un bon résultat aux législatives, qui lui éviterait la marginalisation.
R. I./Agence