Libye : M. Guterres met en garde contre un conflit généralisé

Partagez cet article
FaceBook  Twitter     

05Avertissements n Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit alarmé par l’escalade militaire en Libye, mettant en garde contre l’impasse politique qui met à mal la transition.

«Compte tenu de la volatilité de la situation sécuritaire à Tripoli et des combats dans le croissant pétrolier et dans d’autres régions, la Libye court un risque de retour à un conflit généralisé", a indiqué le chef de l’ONU dans un rapport transmis au Conseil de sécurité.
"Je suis alarmé par la nouvelle escalade militaire et l'impasse politique en cours dans le pays qui met à mal la transition et les institutions émanant de l'accord politique libyen" (APL), a-t-il dit.
M. Guterres a exhorté toutes les forces armées en Libye à faire preuve de retenue en leur rappelant leurs obligations sous le droit international humanitaire concernant la protection des civils, des ressources naturelles et des infrastructures en Libye.
"J'appelle tous les acteurs sécuritaires à avancer sans délai dans la mise en œuvre  des dispositions provisoires de sécurité énoncées dans l'accord politique libyen", a enchaîné le SG de l’ONU, en soulignant "la nécessité d’un progrès rapide dans la création d’une force armée professionnelle et effective", unifiée sous un commandement civil. M. Guterres a salué à cet égard la création de la garde présidentielle libyenne.  Le chef de l’ONU a relevé que  l'accord politique libyen "continue d’être soutenu par la majorité des acteurs libyens et internationaux comme seul cadre politique pour faire avancer le pays ". M. Guterres dit avoir "pris note de l'émergence d’un consensus sur la nécessité d'apporter des modifications limitées à l'accord. Cela représente une opportunité pour surmonter l'impasse politique actuelle et faire avancer la transition", a-t-il soutenu. Le SG de l’ONU a estimé qu’il était "maintenant urgent que toutes les parties prenantes s’engagent dans un processus inclusif afin d’aborder les principales questions entravant la mise en œuvre de l'accord politique, y compris la composition et la structure de diverses institutions, en particulier l'autorité exécutive et le commandement militaire ".  L’ONU avait évoqué en février la possibilité d'"un amendement limité" du APL en vue de permettre à la chambre des représentants à Tobrouk d'approuver le gouvernement d'entente nationale (GNA) et d'aboutir à la formation d'une armée et d'une force de police fortes, qualifiant la Libye de Libye de "pays africain important détenant les plus grandes réserves de pétrole du continent". Déchirée par des luttes de pouvoir et en proie à une insécurité chronique depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est dirigée par deux autorités rivales. A Tripoli, le gouvernement d'union nationale (GNA) soutenu par la communauté internationale fait face à l'hostilité d'un cabinet parallèle installé dans l'est du pays. L'Est est en grande partie contrôlée par l'Armée nationale libyenne (ANL) auto-proclamée du maréchal Khalifa Haftar.
R. I. / Agence

l Depuis une semaine, des affrontements opposent des forces de l'ANL à des groupes alliés au GNA autour de la base aérienne de Tamenhant, près de la ville de Sebha, à plus de 600 km au sud de Tripoli. Convoitée pour sa position stratégique, cette base de 15 km? est la plus importante dans le sud de la Libye. Elle est contrôlée par la milice de la "3e Force" de Misrata (200 km à l'est de Tripoli), ville qui compte les groupes armés les plus puissants et les plus nombreux du pays. Elle a été bombardée par les forces aériennes de l'ANL qui a annoncé une offensive terrestre pour prendre le contrôle du site militaire. "L'ANL veut obtenir une victoire dans la région du Fezzan (nom historique de la région du sud) pour renforcer ses positions, et le GNA se mobilise pour prévenir cela", explique à l'AFP l'analyste libyen Mohamad Eljarh. Dénonçant l'attaque, le GNA a précisé que les forces qui se trouvent à Tamenhant lui "appartiennent" et a annoncé une contre-offensive pour chasser l'ANL du Sud, confirmant ainsi pour la première fois un affrontement direct avec les forces de Haftar. Carrefour de tous les trafics et longtemps marginalisé, le Sud libyen risque alors de se transformer en terrain de règlement de comptes entre rivaux politiques du Nord qui cherchent à étendre leur influence, estiment des experts.