Suède / Au lendemain de l’attentat de Stockholm : 4 morts, un suspect détenu

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05Terreur n Stockholm était en deuil et ses drapeaux en berne ce samedi, au lendemain d'un attentat au camion bélier qui a fait 4 morts et 15 blessés et dont l'auteur présumé, un Ouzbek selon la presse, a été arrêté et placé en garde à vue.

La police ne laisse cependant filtrer qu'un minimum d'informations, mais le parquet a annoncé tôt samedi le placement en garde à vue d'un homme soupçonné d'«homicides à caractère terroriste», a indiqué à l'AFP la porte-parole du parquet, Karin Rosander.
Le code de procédure pénale suédois prévoit plusieurs degrés de suspicion et l'homme est entendu sous le régime de suspicion le plus élevé, a-t-elle précisé.
Il avait été interpellé vendredi soir à Märsta, une petite ville du nord de l'agglomération stockholmoise. Selon plusieurs médias, il s'agirait d'un Ouzbek de 39 ans, sympathisant de l'organisation État islamique.
Le parquet n'a pas apporté de détails sur son identité mais son signalement correspond à celui d'un individu filmé sur les lieux et à l'heure de l'attaque, vêtu d'une veste kaki à capuche noire, et pour lequel un avis de recherche avait été émis.
L'homme est officiellement le seul mis en cause à ce stade, a souligné Lars Byström.
«La menace jihadiste a longtemps été mi-nimisée», regrettait samedi le quotidien        populaire Expressen, sans que cette piste ait officiellement été confirmée. Le Premier ministre, qui a annoncé le renforcement des contrôles aux frontières, a appelé ses compatriotes à ne pas céder à la peur.
«Les terroristes veulent nous effrayer, que nous changions nos comportements, nous empêcher de vivre normalement, mais c'est pourtant ce que nous allons faire. Les terroristes ne pourront jamais vaincre la Suède, jamais», a-t-il déclaré.
Pour Magnus Ranstorp, directeur de recherche au Centre d'études des menaces asymétriques du Collège de la défense nationale suédoise (CATS), cet attentat ne constitue pas une        surprise. «C'était attendu, la police et les services de renseignement répétaient un tel scenario depuis plusieurs mois (...). On ne savait simplement pas quand ça se produirait», a-t-il souligné pour l'AFP.
La Suède n'a été visée qu'une seule fois par un attentat, quand en décembre 2010 un homme avait mené une attaque-suicide à la bombe, dans la même rue piétonne de Stockholm. Il n'avait que légèrement blessé des passants. L'attentat de Stockholm, le troisième en Europe en un peu plus de quinze jours après ceux de Londres et de Saint-Pétersbourg, n'a pour         l'instant pas été revendiqué. L'homme au volant du camion volé a foncé sur les passants vendredi après-midi, peu avant 13h00 GMT, dans la rue piétonne la plus fréquentée de la capitale, Drottninggatan.
Le véhicule était lancé à vive allure au cœur d'une grande ville qui percute les passants et laisse derrière lui un cortège de corps mutilés.
Un témoin de la scène, Hasan Sidi, a raconté avoir vu deux femmes âgées gisant au sol. L'une d'elles se vidait de son sang. «Une est morte (...), je ne sais pas si l'autre s'en est sortie». Les policiers étaient choqués, tout le monde était choqué, a-t-il confié.
Le véhicule a ensuite fini sa course dans la façade d'un grand magasin, Åhléns City, près du croisement avec une artère à forte circulation, Klarabergsgatan. «Ça a fait le même bruit qu'une bombe qui explose et de la fumée a commencé à s'échapper de l'entrée principale» du magasin, a déclaré au quotidien Aftonbladet un témoin de la scène, Leander Nordling, 66 ans.
R. I / Agences