Autonomes  et électriques  : Les voitures de demain / A nouveau monde, nouveau mode de déplacement

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Futur - Elles seront autonomes, électriques et bouleverseront nos habitudes de déplacement : poussées par les progrès technologiques et les impératifs environnementaux…


Les voitures du futur ne sont plus très loin de notre quotidien, mais devront aussi surmonter certains écueils. Alors que de plus en plus de pays annoncent l'abandon progressif des voitures à essence et diesel, les premières versions de ces véhicules sillonnent déjà les routes du monde entier, entre voitures hybrides ou partiellement autonomes.
A terme, ce sont les voitures autonomes qui sont appelées à révolutionner les déplacements. En Chine, des projets urbains sont développés pour n'autoriser que la circulation de véhicules électriques, autonomes et publiques, note Graeme Smith, directeur général d'Oxbotica, une société britannique concevant des logiciels pour véhicules autonomes.
"Dans ces villes, votre vie serait fondamentalement différente", explique-t-il. Mais le secteur doit encore "faire des progrès", prévient-il, en réduisant le coût des capteurs qui équipent ces voitures, et en améliorant leurs performances. Ce qui n'empêche pas certaines voitures partiellement autonomes de rouler déjà sur les routes. Au Royaume-Uni, les véhicules disposant d'une autonomie de niveau 4 (soit quasi-totale) devraient commencer à entrer sur le marché en 2021. L'introduction des voitures sans conducteur pourrait contribuer à réduire significativement les embouteillages, notamment via le partage d'informations en temps réel sur l'état du trafic. La transition vers les véhicules électriques est elle déjà bien amorcée, avec des constructeurs prêts à relever le défi.
Volvo, par exemple, entend lancer uniquement des modèles électriques ou hybrides à compter de 2019. "C'est vraiment l'objectif ultime de l'industrie automobile", déclarait récemment Eric Feunteun, directeur du programme véhicules électriques de Renault, lors d'une démonstration à Utrecht. Le changement affecte également les mentalités, et notre rapport au fait de posséder un véhicule, quand il suffit maintenant de prendre son téléphone pour, en quelques minutes à peine, trouver une voiture à louer, ou un chauffeur.
Pour David Metz, un expert du Centre for Transport Studies de l'University College de Londres, les villes développées ont atteint un "pic" en matière d'automobiles, et sont désormais de moins en moins prêtes à faire de la place à ces véhicules autrefois jugés incontournables. "Nous constatons que les zones urbaines à forte densité connaissent plus de succès avec moins de trafic", souligne-t-il, citant le quartier ultra-fréquenté de Leicester Square, en plein centre de Londres. Signe de cette évolution, les urbanistes finissent par abandonner les modèles de plan quadrillé du XXe siècle axés sur l'automobile.
Les voitures personnelles, souvent inactives 23 heures par jour, subissent aussi la concurrence du covoiturage, des locations courte durée, et du partage de véhicules, des moyens de transport disponibles dans le monde entier et dopés par les technologies mobiles.
Lyès Sadoun

Londres : les premières voitures sans chauffeur d'ici 2021
n Les premières voitures sans chauffeur devraient rouler sur les routes britanniques d'ici à 2021, selon le ministère des Finances britannique dont le budget prévoit de nombreux investissements dans les nouvelles technologies. Philip Hammond a également des changements de réglementation permettant à l'industrie automobile sans chauffeur, qui devrait représenter 28 milliards de livres (31 milliards d'euros) d'ici 2035, de faire circuler ces nouveaux véhicules. Le gouvernement prévoit 160 millions de livres pour déployer la 5G, technologie considérée comme nécessaire pour développer la voiture sans chauffeur, et un budget de 75 millions de livres (84 millions d'euros) pour financer le développement de l'intelligence artificielle. Un fond de 400 millions de livres (448 M EUR) destiné aux entreprises voulant installer les points de recharge des véhicules électriques dans le pays a également été annoncé. Des aides sont également prévues pour les particuliers désireux d'acquérir une voiture électrique. "La Grande-Bretagne a un avenir très prometteur et nous devons saisir les opportunités que nous offrira le monde post-Brexit", a déclaré sur BBC1 le ministre. "La Grande-Bretagne doit être à la tête de cette nouvelle révolution technologique", a-t-il ajouté sur ITV.
L.S.

«Adaptation ou extinction»

n Les "robot-taxis" pourraient en 2030 représenter 40% des bénéfices du secteur, selon une étude du cabinet Roland Berger, qui voit la demande pour les voitures particulières décliner parallèlement de près de 30%. Ses experts avertissent: les constructeurs incapables de s'adapter risqueront "l'extinction".
Parallèlement, les géants automobiles engloutissent des milliards dans l'électrification de leurs gammes, sans perspective rapide de rentabilisation tant la demande peine à décoller. Volkswagen a annoncé vendredi vouloir investir plus de 34 milliards d'euros d'ici à 2022 dans la voiture du futur. Les véhicules électriques ne rivalisent pas encore avec les voitures thermiques pour la facilité d'usage, avec leur autonomie encore limitée et leur long temps de recharge. La banque Bank of America Merrill Lynch estimait cependant fin octobre que les voitures 100% électriques, de plus en plus compétitives, détiendraient 12% du marché automobile mondial en 2025, 34% en 2030 et 90% en 2050. En attendant, Renault, pionnier de l'électrique grand public avec la petite Zoé commercialisée depuis 2012, a réalisé moins de 1% de ses ventes mondiales en "zéro émission" l'an dernier et travaille sur une hypothèse de 5% en 2022, selon son PDG Carlos Ghosn. Ce dernier mise sur une prochaine offre "low cost" en Chine, où le marché de l'électrique a augmenté de 50% de janvier à septembre 2017, à 325.000 véhicules (soit 1,6% du marché total).

Le robot-taxi 


Science-fiction ? - Sarah, une jeune maman, confie ses deux enfants à la voiture sans conducteur qui va les déposer devant l'école.


Ce robot-taxi électrique lui simplifie la vie, mais a bouleversé celle des constructeurs automobiles. Sarah ne possède pas de voiture et ne compte pas en acheter une de sitôt. Habitant en banlieue parisienne, elle a calculé qu'il était plus pratique et moins coûteux d'en commander une avec son téléphone mobile, selon ses besoins.
Cette vision n'est pas de la science-fiction. La voiture autonome, électrique et connectée constitue le scénario anticipé par tous les fabricants automobiles. Une révolution qui les pousse à se transformer en fournisseurs de services de mobilité.
Et qui menace la survie de ceux qui rateront le virage, au moment où de nouveaux acteurs des technologies comme Google, Apple, ou Tesla lorgnent sur leur pré carré. Au printemps, Daimler, fabricant des Mercedes, expliquait qu'il allait collaborer avec l'équipementier Bosch pour mettre sur la route des voitures autonomes dès le début de la prochaine décennie. L'Allemand a été l'un des premiers à s'intéresser à l'autopartage avec Car2Go.
Face à la pollution de l'air, au congestionnement des routes et à la pression de la Chine, qui réclame des véhicules plus propres et pousse ses entreprises, tous les fabricants s'y mettent. Cette course aux technologies "amplifie la difficulté et le coût de fabriquer des voitures", a prévenu PwC, dans son dernier rapport sur les tendances de l'automobile. "Pour les constructeurs, le prix est élevé, jusqu'à 20% plus important que le coût de fabriquer la précédente génération d'automobiles", estime le cabinet d'étude qui craint de "graves problèmes" de retour sur investissements. Pour atteindre leurs objectifs de CO2, les constructeurs européens misaient sur le diesel, jusqu'à ce que la technologie tombe en disgrâce avec le scandale Volkswagen.
«La vitesse" de la mutation vers l'électrique "devra être digérée par l'ensemble des entreprises automobiles", a prévenu le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, au dernier salon automobile de Francfort. Et l'avance des Asiatiques, notamment des Chinois, sur les batteries et les moteurs électriques, inquiète en Europe les plus hautes autorités politiques, comme l'a montré l'appel de la Commission européenne à former un "Airbus des batteries."
L. S.

Singapour : moins de voitures en ville 


Mesures - Dans la bataille contre la voiture en ville, Singapour contrôle le nombre d'automobiles autorisées à circuler sur son espace limité…


Il est ainsi exigé le paiement d'une licence de 31.000 euros environ par véhicule, et le pays dépense des millions dans les transports en commun. Frapper l'automobiliste au portefeuille avec un "droit de circuler" qui porte le coût d'une berline de moyenne gamme à plus de 50 000 euros a fait ses preuves dans la ville-Etat d'Asie du Sud-Est. La circulation y est relativement fluide comparé à d'autres métropoles de la région aux embouteillages montres, comme Jakarta ou Manille.
L'obligation draconienne consistant à posséder une licence hors de prix - Certificate of Entitlement (COE) - est cependant difficile voire impossible à reproduire dans d'autres pays, tant elle est spécifique à Singapour. Imposer un COE est possible dans ce pays à la population habituée à une législation très stricte.
Les médias sont étroitement contrôlés et les délits sévèrement réprimés, y compris les incivilités telles jeter un papier par terre ou faire des graffitis. Toutefois, ce modèle unique de licence est de plus en plus critiqué en raison d'embouteillages aux heures de pointe et d'une forte augmentation des prix des voitures après le gel par les autorités du nombre total d'automobiles autorisées à circuler, auxquels s'ajoutent des pannes dans les transports en commun. Les autorités devraient faire "une distinction entre ceux qui ont besoin d'une voiture pour le travail ou la famille, et ceux qui veulent simplement plus de voitures pour le statut social", confie à l'AFP Joel Lee, un technicien de 28 ans plaidant pour un système "amélioré et plus juste". Actuellement, l'achat d'une licence coûte près de 50.000 dollars de Singapour (31.000 euros), ce qui porte le prix d'achat d'une Toyota Corolla à 114.000 dollars de Singapour (72.000 euros).
La voiture peut coûter encore plus cher dans la mesure où le prix du COE varie en fonction de la demande. Ainsi, en 2013, la licence culminait à 95 000 dollars de Singapour (60 000 euros), portant alors le prix de la même voiture à 159 000 dollars de Singapour (100 000 euros) - environ six fois plus qu'aux Etats-Unis à l'époque.
La licence est valable dix ans, après quoi elle doit être renouvelée ou la voiture retirée de la circulation. Malgré le coût très élevé d'une voiture, beaucoup d'habitants de ce pays où vivent de nombreux riches expatriés et millionnaires en possèdent une. Environ 600 000 véhicules privés sont en circulation dans l'archipel, un nombre élevé pour un réseau routier limité. Outre le coût de la licence, des péages sont actionnés sur certaines routes lorsque le trafic est dense.
L.S.

La route reste semée d’embûches !

n Pour parvenir à s'imposer, les voitures du futur devront toutefois résoudre une série de difficultés, à commencer par la disponibilité inégale des bornes de rechargement électriques. Une insuffisance "déplorable" qui s'ajoute aux problèmes d'autonomie de ces véhicules, regrette le journaliste automobile Matt Robinson, peu convaincu par les informations fournies par les constructeurs à ce sujet. Matt Robinson s'interroge en outre sur la capacité des usagers à surmonter leur "peur" d'être pilotés par des machines. A ces différents problèmes, les spécialistes imaginent déjà les solutions: des plateformes de recharge sans fil installés sous les routes, des métros capables de transporter des voitures, ou encore des voitures-drones volantes.
L.S

Moia, «Free2Move» : les entreprises de taxis  de demain…

n Volkswagen a présenté fin 2016 Moia, sa marque de services de mobilité. "Même si à l'avenir, tout le monde ne sera pas propriétaire d'une voiture, nous voulons faire en sorte avec Moia que chacun puisse être client de notre entreprise d'une manière ou d'une autre", a expliqué le patron du géant allemand, Matthias Müller. Son rival français PSA, héritier d'ateliers Peugeot fondés au début du XIXe siècle, insiste sur le développement des "services" comme l'autopartage. C'est par le biais de sa marque de mobilité, "Free2Move", qu'il a entamé un retour début octobre aux Etats-Unis.
L.S.
L. S.