L’histoire l’a prouvé au cours des siècles : Les dictateurs ne meurent jamais de leur belle mort 

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L’exception Franco


Aide -  Pour sauver le peuple espagnol d'une tyrannie fasciste, qui ne disait pas son nom, des milliers de citoyens européens s'engagèrent volontairement dans des brigades pour porter secours aux Espagnols.


C’est une règle de l'histoire que les époques et les âges ont toujours confirmée : les dictateurs ne meurent jamais de leur belle mort, rarement dans leur lit entourés des leurs et pleurés par leur peuple. Il y a pourtant une exception au cours de ce siècle : celle de Franco.
Pour maintenir son régime au pouvoir en Espagne, il a causé des milliers de morts, torturé des centaines de milliers de citoyens. Des Espagnols engagés politiquement ont disparu du jour au lendemain sans laisser d'adresse.
Il a mis en veilleuse la royauté, fait fuir du pays des millions d'Espagnols.
La majeure partie des réfugiés trouvera asile dans les pays d'Amérique latine, comme le Chili où on parle espagnol, des familles iront s'installer au Maroc et en Algérie, principalement à Oran. Le reste s'implantera dans le midi de la France et s'entassera dans des camps de fortune. On estime aujourd'hui que le régime de Franco a jeté à la rue, dans les années 1940, plus de 3 millions d'individus.
Pour sauver le peuple espagnol d'une tyrannie fasciste, qui ne disait pas son nom, des milliers de citoyens européens s'engagèrent volontairement dans des brigades pour porter secours aux Espagnols. André Malraux, le clinquant ministre de la Culture du général de Gaulle, a pris part à ce combat, ainsi que Régis Debré.
Selon quelques statistiques, dont on a pris connaissance par le plus grand des hasards, on estime que 800 Algériens se sont battus aux côtés des Espagnols pour desserrer l'étau de l'armée du Caudillos (c'est ainsi qu'on appelait Franco).
Ami de longue date d'Hitler qu'il admirait en secret et en qui il a toujours trouvé une oreille attentive, Franco a eu l'extraordinaire instinct de «de rester dans son coin» et de ne pas engager son pays dans l'aventure des conquêtes, tel que l'Italie ou le Japon.
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale et le procès de Nuremberg, qui a vu défiler à la barre des accusés tous les dignitaires du Reich allemand, les Américains se sont vite rendu compte que le sémillant Candio, général commandant l'armée espagnole, n'a organisé la dictature que chez lui dans la limite des frontières de son pays et qu'on avait donc là affaire qu'à un problème interne.
Et puis il apparaissait plus intelligent de ramener Franco à soi que de l'avoir contre soi en injectant, comme en France, dans son pays des milliards de dollars d'investissement. Le Plan Marshal ne pouvait qu'apporter la paix, la stabilité et le développement des pays minés par de nombreuses années de guerre.
Imaâd Zoheir

Le cas Mussolini


Conséquence -  Sa dictature et ses ambitions démesurées de ressembler à César, alors que son peuple plie sous la misère et le dénuement, pousseront les alliés à le capturer et à le jeter dans une prison en attendant son procès.


La fin de la guerre ne mettra pas fin au règne de Franco. L'Espagne continuera encore pendant des années à vivre sous la férule du général. Le comble dans ce pays est que tous les jours des prisonniers torturés et libérés croisent sur leur chemin leurs anciens bourreaux à la retraite. Et comme tout a une fin, Franco finira lui aussi par mourir non sans prendre la précaution d'appeler le fils d roi en exil auprès de lui. D'abord pour lui apprendre le métier de gouverner et ensuite pour ne pas laisser les rênes du pays aux communistes et aux gauchistes de tous bords. Le général mourra donc dans son lit, adulé par une bonne partie de la population.
Ce ne sera pas le cas évidemment du «Duche» c'est-à-dire Mussolini. Il fera régner dans les années 1939 et 1940 une véritable terreur dans toutes les couches de la société. Ses discours pouvaient durer plusieurs heures à la radio, tout comme Fidel Castro. Il voulait à tout prix que Rome retrouve son éclat d'antan c'est-à-dire sa gloire du passé, la gloire de son empire. Et pour cela, il affamera son peuple pour se «payer» une conquête facile, tout près et toute proche la Libye. Il s'en prendra ensuite à l'Ethiopie dont il annexera une bonne partie. Son alliance avec Hitler, sa dictature et ses ambitions démesurées de ressembler à César alors que son peuple plie sous la misère et le dénuement pousseront les alliés à le capturer et à le jeter dans une prison en attendant son procès. Hitler se fera un devoir de libérer un ami encombrant et suffisant pour avoir tout d'un personnage de théâtre. En 1945, l'Italie n'était qu'un tas de ruine et de misère, un pays exangüe.
Vaincu par les armées alliées, impopulaire et incapable de relever le moindre défi, Mussolini n'avait d'autres choix pour échapper à la vindicte populaire que de se sauver. Mais il n'ira pas loin ; il sera reconnu et rattrapé à Cane.
Là dans cette petite ville, martyrisée par la guerre et méconnaissable, Mussolini sera pendu ainsi que sa maîtresse, non pas par le cou mais par les pieds.
L'ultime mépris qu'on éprouve pour un lâche. Son corps et celui des sa compagne pourriront dans la rue comme des charognes, à la vue des passants, sans qu'on leur laisse la moindre intimité. Il va de soi que l'Italie fasciste paiera très cher les frasques d'un dictateur de pacotille.
L'ancien président du Conseil d’Italie, Sylvio Berlusconi, qu'on appelle aussi le «Cavalieri», c'est-à-dire le cavalier, sera obligé de passer à la caisse et de payer à Kaddafi les dédommagements pour le mal causé par Mussolini à son peuple. Apparemment, le chèque serait de l'ordre de plusieurs milliards de dollars.

Hitler et Staline


Fin - Pris de râles et de subites douleurs à l’estomac et malgré ses cris à l’aide et au secours, aucun maître d’hôtel, aucun serviteur et aucun soldat de sa garde personnelle ne vint à son chevet.


Il nous paraît indécent, voire impossible de ne pas entrer dans cette longue série de dictateurs le plus grand, ou plutôt le plus féroce d’entre eux : Hitler.
Il a mis à genou l’Europe, avili les tziganes, tué et torturé des juifs, assassiné des milliers de Polonais et fait prisonnier des centaines de milliers de Français, de Russes, de Japonais et de Slaves. On pense que la Seconde Guerre mondiale a fait près de 40 millions de morts. Alors comment est mort Hitler ?
Sans panache apparemment. Il se serait suicidé par le poison car il avait une peur bleue des armes à feu. Des instructions très fermes auraient été données aux soldats de sa garde personnelle pour lui loger plusieurs balles dans la tête une fois mort afin que les alliés croient qu’il s’est tiré une balle dans la tempe.
Son corps ne sera jamais découvert. Il n’a pas de sépulture ni de tombe. Selon une première version, son corps aurait été brûlé par ses gardes, selon une autre les Russes l’auraient enterré en secret dans le jardin de leur ambassade en Allemagne de l’Est.Staline aussi aura presque le même sort, c’est-à-dire très peu enviable.Certes son apport à la libération de l’Europe du joug de Hitler est considérable et nous pouvons dire aujourd’hui que la Russie a donné 3 millions, peut être plus, de citoyens à la cause de l’Europe, sans compter ses déportés, ses prisonniers, ses blessés et ses handicapés à vie.
Au lendemain de la libération, Staline est projeté comme un héros mondial à qui la liberté doit tant. Sauf que dans son pays, la liberté avait un goût prononcé de goulag et de travaux forcés. Sous le règne de Staline, les prisons étaient pleines et les goulags surpeuplés. Une chose est sûre, le despote ne pouvait dormir le soir au Kremlin qu’en prenant un certain nombre de précautions d’usage.
A quelques heures de sa mort, Staline prendra son repas que l’on pense empoisonné. Pris de râles et de subites douleurs à l’estomac et malgré ses cris à l’aide et au secours, aucun maître d’hôtel, aucun serviteur et aucun soldat de sa garde personnelle ne vint à son chevet.
Il restera tordu par la douleur et recroquevillé par la soudaineté du poison qu’il aurait ingurgité, pendant des heures. Personne ne viendra pour le soulager. C’est au petit matin que son médecin personnel constatera officiellement son décès. Sitôt enterré avec des larmes de crocodile, il sera oublié et remplacé par Nikita Kroutcher qui procèdera à la «déstalinisation» du régime.

Ceausescu et Bokassa

Décadence - Il quittera son palais en compagnie de sa femme sur la pointe des pieds, comme un voleur. Il sera rattrapé par des miliciens, sommairement jugé et fusillé sur le champ dans la cour d’une école


César, le puissant César, est mort assassiné par des sénateurs alors qu’il s’apprêtait à rejoindre les arènes. L’histoire a retenu les noms de ses bourreaux, à savoir Metellus Cimber, Caïns Ligarims et bien sûr le propre fils de César, Brutus.
Avant de rendre l’âme, l’empereur s’adresse à son fils adoptif en ces termes qui resteront célèbres dans l’histoire : «Tu quoque fili», c’est-à-dire : toi aussi mon fils.
Un autre dictateur plus moderne mourra dans des circonstances effroyables.
Il s’agit du président roumain Causcescu.
Il a régné sur son pays pendant plus de 10 ans complètement au service de l’URSS. Et comme dans tous les pays de l’Est, la population n’avait pas le droit de s’exprimer comme elle l’entendait, ni même d’avoir une opinion autre que celle en cours et imposée par le régime communiste. Les sorties à l’étranger étaient quasiment impossibles, sauf pour les hommes et les familles de la nomenclature.
Il a introduit un véritable culte de sa personne dans le pays. Au point qu’un poète était chargé de confectionner des poèmes à sa gloire.
La révolte des mineurs de Timisoara finira par le chasser du pouvoir. Il quittera son palais en compagnie de sa femme sur la pointe des pieds, comme un voleur. Il sera rattrapé par des miliciens, sommairement jugé et fusillé sur le champ dans la cour d’une école.
Le président Bokassa du Centrafrique aura plus de chance. Au pouvoir grâce à un coup d’Etat, il se «bombardera» aussitôt général et, au bout de quelques mois, il se donnera le titre pompeur de maréchal. Non content de ce grade ultime qu’il s’est octroyé, il se proclamera, non pas roi, mais empereur du Centrafrique.
Pour sa cérémonie de couronnement il aura l’audace et le ridicule d’inviter toute la jet set européenne en plus de quelques chefs d’Etat et de Premiers ministres.
Son règne fut atroce puisqu’on découvrira même des morceaux d’enfants dans des congélateurs dans son palais. Il ne devra son salut qu’en fuyant vers un pays qui avait beaucoup plus besoin de ses diamants que de sa présence. Il disparaîtra donc des radars et personne n’entendra parler de lui jusqu’au moment où une agence africaine d’information annonce son décès. Il mourra donc seul, sans assistance et sans affection, maudit par son peuple et ses enfants.

Pharaon

Nous écrivions au début de ce dossier que les dictateurs finissaient très mal leur vie.
Soit ils étaient assassinés, soit emprisonnés, soit exilés. Le sort pourtant a réservé un autre destin aux pharaons. Leur dictature n’a jamais été atteinte par aucun homme. Au point que l’un d’eux a déclaré à ses sujets : «Qui vous a dit d’adorer Dieu ? je suis votre Dieu.» Comment ont-ils terminé leur trajectoire ? Dans un laboratoire d’analyse où des savants et des chercheurs étudient leurs os, sans aucune intimité, quelques cadavres de leur lignée peuplent les musées où n’importe qui peut regarder leurs restes.