Aquaculture à Chlef : Leader national avec six fermes aquacoles !

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Daurade et les moules au menu


Dynamique -  Avec six fermes en aquaculture marine concrétisées à ce jour, sur son littoral, la wilaya de Chlef a actuellement le leadership national dans le domaine…


D’autant plus qu’elle a entamé, courant septembre, sa première opération de pêche de daurade royale, au niveau du site marin d’Oued Goussine, dont l’ensemencement a eu lieu en juillet 2016.
Le lancement de l’activité aquacole à Chlef a commencé début 2014, dans le cadre du programme national 2014-2020. Six projets de fermes aquacoles ont vu le jour dans la wilaya, dont trois sur les côtes de Beni Haoua, deux à El Marsa et un à Sidi Abderrahmane.
Selon le premier responsable du secteur de la pêche à Chlef, l’objectif ciblé est d’atteindre une production aquacole de 3 000 à 4 000 tonnes à l’horizon 2020, afin, a-t-il dit, de concurrencer la production halieutique, estimée à près de 5000 tonnes de poissons/an.
Il a, à ce propos, loué la démarche du Gouvernement visant à assurer le maximum de chances de succès à ces projets, en exigeant, auprès des investisseurs concernés, des garanties quant à leur capacité financière à mener à bien leurs projets, ( sachant qu’il faut au moins plus de 300 millions de dinars pour six cages flottantes). Quant à la chargée de l’aménagement de sites d’aquaculture, Zahra Sadek, elle a estimé que ces six projets aquacoles vont apporter, au profit de la wilaya, un supplément de production d’au moins 3.600 tonnes de daurade et moules, dans l’attente du relèvement du nombre des cages flottantes en leur sein, notamment suite à la réception des bases de vie de Sidi Abderrahmane(Ténès), d’une surface de trois ha.
Selon l’ingénieur en aquaculture, Hocine Bousna, la daurade et les moules sont des espèces actuellement ensemencées au niveau de la totalité des fermes aquacoles du littoral de Chlef, au vue de la réunion de conditions environnementales adaptées, a-t-il assuré.
Il a précisé que la production des moules est une opportunité aisée pour tous les investisseurs du domaine, car cette espèce est disponible sur tout le littoral algérien, et son alimentation n’est pas couteuse comparativement à d’autres espèces de poissons, nécessitant l’importation d’alevins de l’étranger. La première opération d’ensemencement d’alevins en cages flottantes réalisée en juillet 2016, au large de l’Oued Goussine, a donné ses fruits début septembre courant, puisque son propriétaire à fait une capture de cinq tonnes de daurade royale, qui ont été injectés sur la marché local. Ce volume de production est en conformité avec les objectifs visés, qui étaient de près de 600 tonnes, a assuré le promoteur de ce projet, Mahfoudh El Makretar, se félicitant de la réussite de son projet à tous les niveaux, grâce à des compétences locales, a-t-il précisé. Il a souligné, à ce propos, s’être définitivement départi de l’expertise étrangère, après l’installation des cages flottantes. Sa ferme emploie actuellement 25 travailleurs permanents , issus de la région, en plus de cinq saisonniers , dans l’attente d’atteindre 35 employés et 20 saisonniers , après l’extension programmée de son projet, avec quatre nouvelles cages flottantes.
Lyes Sadoun

1er semestre 2017 en chiffres

Selon le bilan du 1er semestre 2017 présenté récemment par M. Oussaïd Mustapha, directeur de la filière de l'aquaculture : un total de 221 dossiers de projets en aquaculture ont été déposés jusqu'à la fin juin 2017, portant 156 dossiers en aquaculture marine et 65 en aquaculture eau douce. 112 projets ont été validés par le CNRDPA. L'exploitation et ceux en cours de démarrage portent sur 27 projets en aquaculture marine et 9 projets en aquaculture eau douce.
Dans ce cadre, il a été enregistré l'intégration des wilayas de Relizane, Bechar, Ain Defla et Ourgala dans la production de l'aquaculture dans l'eau douce en réalisant une production de 870 tonnes jusqu'à la fin juin 2017. Plusieurs wilayas ont réalisé des progrès dans le lancement des projets en aquaculture marine et l'eau douce par rapport aux objectifs tracés pour 2020. Il s'agit notamment de Sid Bel Abbes, Oran, Ain Temouchent, Tlemcen, Tipaza, Boumerdes, Tizi-Ouzou, Annaba, Setif, Bechar et Ouargla. Concernant la situation sur les autorisations préalables pour la création d'un établissement d'aquaculture et les arrêtés de concession par wilaya, il a été enregistré 142 autorisations préalable établies et 103 arrêtés de concession délivrés et en cours, selon le bilan de la direction de la pêche et l'aquaculture.
Dans ce cadre, M. Oussaid a estimé que plusieurs wilayas connaissent un faible volume des investissements malgré leurs importantes potentialités. A ce propos, il a insisté sur l'encouragement des investisseurs privés dans l'aquaculture intégrée dans l'agriculture.

Le foncier, l’eternel dilemme…

n Tout pourtant n’est pas si rose. Plusieurs investisseurs ont fait état de contraintes légales et administratives, en matière de foncier notamment. A ce propos, Mme.Zahra Sadek souligne les efforts consentis par la direction de la pêche de la wilaya en vue de leur aplanissement.
Elle a ainsi signalé l’aménagement programmé, avant la fin de l’année en cours, de zones destinées à l’aquaculture, tandis qu’il a été procédé à la distribution de 13 lots au niveau des bases de vie de Sidi Abderrahmane, destinés à être exploités dans des activités accompagnant les projets en aquaculture. La disponibilité de bases de vie pour abriter les opérations de tri, stockage et commercialisation de la production aquacole est l’une des contraintes majeures rencontrée par les investisseurs du domaine, dont M. Mahfoudh El Makretar qui a fait part des conditions pénibles dans lesquelles sont réalisées les opérations de tri des poissons, à main nu, au niveau du site réservé à son entreprise au port de Beni Haoua. Il a déclaré avoir bénéficié d’une assiette foncière de la part de la Conservation des forêts de la wilaya, dont il veut faire une base de vie pour son activité, mais des contraintes administratives l’empêchent de concrétiser ce projet, a-t-il déploré.
A ce propos, le directeur de la pèche de la wilaya a indiqué que la problématique posée pour la ferme aquacole d’Oued Goussine est dans le fait qu’elle est éloignée des zones d’activités disponibles. Il s’est, néanmoins, engagé à prendre les dispositions à même de lui faciliter l’obtention d’une assiette foncière proche de sa ferme, dans les plus brefs délais possibles, en application des orientations du ministère de tutelle visant à accompagner ce type de projets , a-t-il ajouté.

Un secteur qui veut y croire …


Défaillances -  L’Algérie dispose d’importants atouts dans le domaine de l’aquaculture l'habilitant à la placer sur le marché méditerranéen et à contribuer à la diversification de l’économie nationale, à travers la promotion de ses exportations halieutiques vers la rive nord du Bassin méditerranéen.


Pour autant, plusieurs défaillances continuent à entraver la dynamique de ce secteur. Manque d'accompagnement des investisseurs, l'absence de concrétisation des projets, la faible maitrise dans les statistiques et les informations dont celles relatives à la pêche continentale, sont autant de points noirs enregistrés.
Face à ces défaillances, le secrétaire général du ministère de l'Agriculture, du développement rural et de la pêche, Djamel Chabi a fait part des recommandations à appliquer, à savoir l'accompagnement de l'investissement productif, notamment dans l'eau douce et le grand sud et la prise des mesures nécessaires pour instaurer un dialogue avec les différents acteurs.
Dans son intervention, il a indiqué que le secteur de la pêche occupe une place importante dans l'économie nationale pour assurer la sécurité alimentaire et la stabilité du pays. Sue ce sujet, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, à travers, ses différentes directions locales de pêche, se fixe l’objectif d’encourager et de promouvoir l’aquaculture avec toute sa composante. C’est ce qui a été exprimé par le ministre, M. Abdelkader Bouazghi, qui a plaidé pour l’encouragement de l’activité aquacole dans les différentes régions du pays et surtout dans les wilayas du Sud, en tant que « segment d’activité prometteur ».
Il a donné instruction aux différentes directions de pêche à travers le pays, d’accroître le nombre de bassins aquacoles, ainsi que de se rapprocher davantage des agriculteurs et des investisseurs pour les sensibiliser sur les perspectives prometteuses de la filière.
« L’aquaculture dans les régions du Sud et des haut plateaux, un rêve par le passé, est devenue aujourd’hui une réalité palpable, grâce à la volonté des investisseurs dans le domaine », a-t-il affirmé à ce propos.
Il a insisté sur le fait de « doubler » les efforts et de « multiplier » les activités pour faire valoir la filière aquacole, en la qualifiant, du premier jalon dans le développement de cette activité susceptible d’assurer une production de poissons d’eau douce à forte valeur nutritive et économique, comme cela se fait dans plusieurs pays ayant développé ce créneau.

Quand daurade rime avec emplois

D’une longueur de 129 km, le littoral de Chlef englobe un port commercial à Ténès et trois abris de pêche à Beni Haoua, Sidi Abderrahmane et El Marsa, d’une capacité globale de 315 embarcations. La wilaya de Chlef occupe la première place nationale en aquaculture marine, a souligné, à ce propos, Abderrahmane Abed, directeur de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya, signalant la concrétisation, dans ce domaine, de six projets, dont quatre déjà en phase de mise en service, et deux en cours de montage. Un avenir prometteur est ambitionné pour ce secteur, dont les prévisions de production tablent sur des captures d’au moins 600 tonnes de daurade royale et de moules pour chacun des projets en question, a-t-il souligné, outre les offres d’emplois qui seront assurées pour les enfants de la région notamment, comme exigé des investisseurs du domaine, a-t-il ajouté, par ailleurs. Il a cité le financement personnel comme l’un des facteurs clés ayant contribué à l’accélération de la concrétisation de ces projets, non sans omettre les incitations accordées par le ministère de tutelle, à l’exemple des crédits à 0% d’intérêts pouvant atteindre les 170 millions de dinars pour un projet en aquaculture, avec la possibilité de remboursement après seulement 24 mois de son entrée en production.


Un bilan, des défaillances…

Suite à l'étude et l'examen des rapports des bilans, M.Oussaid a relevé plusieurs défaillances portant notamment sur les divergences entre les informations contenues dans les bilans et celles des matrices transmises mensuellement.
Il a été recelé beaucoup de potentialités aquacoles mais malheureusement les projets d’investissement sont très faibles (Skikda, Jijel, Guelma, Béchar, Sétif...), un manque de suivi et d'accompagnement des investisseurs dans la concrétisation de leurs projets, manque dans la sensibilisation et la vulgarisation de l’activité aquacole pour inciter et encourager les investisseurs privés, retard dans le renseignement et la transmission mensuelle de la matrice de suivi des projets aquacoles.
Il en ressort également une sous-exploitation des potentialités et des ressources hydriques disponibles notamment, permettant de booster l’aquaculture d’eau douce en général et la pêche continentale et la pisciculture intégrée à l’agriculture en particulier (Skikda, Guelma, Tizi-Ouzou,Sétif...).
"Les données statistiques des productions aquacoles notamment celles issues de la pêche continentale sont très en deçà de la réalité", a indiqué M.Oussaïd.
De son côté, le directeur de la pêche maritime, M.Kaddour Omar, a indiqué que la production de poisson a atteint plus de 19.107 tonnes entre janvier et juin 2017 avec un recul de 361 tonnes par rapport à 2016.