Scandale sanitaire en Europe : Des «omelettes» à l’insecticide !

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Des millions d'œufs retirés des supermarchés


Danger -  L'Allemagne a été la plus massivement touchée. Le ministère de l'Agriculture a estimé dans un communiqué "qu'au moins trois millions d'œufs contaminés" avaient été livrés dans le pays.


Le scandale des œufs contaminés s'est étendu hier à plusieurs pays européens, qui se sont mis à traquer préventivement dans les supermarchés plusieurs millions d'œufs néerlandais suspectés de contenir des traces d'insecticide. Les deux principales chaînes de supermarchés suisses, Coop et Migros, ont annoncé qu'elles retiraient tous les œufs d'importation de la vente, une mesure de précaution, ont-elles souligné. A plus petite échelle, les autorités sanitaires suédoises et belges ont également commencé hier à tracer et retirer des lots d'œufs suspects. La veille, les supermarchés néerlandais et allemands avaient commencé à retirer en masse des millions d'œufs de leurs rayons. L'objectif: empêcher la commercialisation ou l'arrivée dans les frigos de consommateurs de ces lots d'œufs livrés par les Pays-Bas et contenant une molécule interdite, bien que jugée peu nocive pour la santé à petite dose. A l'origine de l'affaire, des éleveurs néerlandais de volailles ont fait appel à Chickfriend, une société spécialisée dans l'éradication du pou rouge, qui a employé dans son produit du fipronil, une molécule prohibée dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire. L'Allemagne a été la plus massivement touchée. Le ministère de l'Agriculture a estimé dans un communiqué "qu'au moins trois millions d'œufs contaminés" avaient été livrés dans le pays. Plusieurs grandes enseignes de supermarchés comme REWE ou Aldi ont annoncé depuis jeudi retirer des œufs de la vente. Le ministre allemand de l'Agriculture Christian Schmidt a expliqué que la première alerte était partie le 20 juillet de Belgique, mais que Berlin n'avait été avertie qu'en fin de semaine dernière par les autorités néerlandaises. La Commission européenne a déclaré "suivre l'affaire de très près", considérant comme "prioritaires les questions touchant à la santé publique", a affirmé la porte-parole Anna-Kaisa Itkonen à des journalistes jeudi. "Nous sommes en relation permanente" avec les pays touchés, "les élevages ont été identifiés et les œufs infectés sont retirés du marché", a-t-elle poursuivi, arguant que la "situation (était) sous contrôle."

Salade et mayonnaise

Aux Pays-Bas, la chaîne de supermarchés la plus importante du pays, Albert Heijn, a stoppé la commercialisation de 14 types d'œufs . Mais la crise prend surtout une tournure économique avec des éleveurs frappés de plein fouet. Les pertes s'élèvent déjà à "plusieurs millions d'euros", selon le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles. La Haye a annoncé plancher sur le déblocage d'un plan d'aide d'urgence pour les éleveurs de volaille touchés par le scandale du fipronil, a indiqué l'agence de presse néerlandaise ANP. L'Office suisse de la sécurité alimentaire (OSAV) a indiqué dans un communiqué que "les quantités constatées jusqu'à présent ne mettent pas en danger la santé des consommateurs". En Suède, l'Agence de sécurité alimentaire a annoncé n'avoir connaissance que d'un seul lot d'œufs contaminés et qui a été livré à un petit grossiste. Le scandale pourrait encore prendre de l'ampleur si d'autres produits transformés s'avèrent contenir des œufs contaminés. En Allemagne, six salades industrielles faites d'œufs en morceaux ou de mayonnaise ont été rappelées hier soir par leur fabriquant.

Tout a commencé en Belgique

Le "scandale du fipronil" a donc débuté en Belgique. L'enseigne de supermarchés Colruyt a reconnu avoir déjà retiré en juillet des œufs provenant de deux fournisseurs, dont les fermes étaient suspectées par les autorités belges d'être contaminées à l'insecticide. Outre Colruyt, les chaînes de supermarché Delhaize, Albert Heijn et Aldi ont également retiré par précaution ces derniers temps des œufs de leurs rayons. Ces retraits ne concernent toutefois que quelques fournisseurs sur lesquels pesaient des doutes. Des contrôles a posteriori ont montré la présence de Fipronil en faibles doses dans certains œufs , mais l'Agence belge pour la sécurité de la chaine alimentaire (Afsca) a assuré que les concentrations restaient en dessous des seuils prévus par la réglementation européenne et donc inoffensives pour la santé des consommateurs. En grande quantité, le fipronil est considéré comme "modérément toxique" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).


Des pertes de plusieurs millions d’euros


Dégâts - Les pertes s'élèvent déjà à "plusieurs millions d'euros" selon le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles, touchés par l'affaire des œufs contaminés.


Albert Heijn, la chaîne de supermarchés la plus importante des Pays-Bas a "stoppé la commercialisation de 14 sortes d'oeufs, suivant les indications" de l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire NVWA, a rapporté à l'AFP Els van Dijk, porte-parole de la chaîne. "Tous ces oeufs sont renvoyés au dépôt et détruits", a-t-elle poursuivi, décrivant une "situation inédite" dans l'histoire de la chaîne. A l'origine de l'affaire, des éleveurs de volailles aux Pays-Bas ont fait appel à Chickfriend, une société spécialisée pour éradiquer la prolifération du pou rouge, un parasite très néfaste pour les poules. Cette entreprise aurait employé du fipronil dans son produit. Cette molécule, couramment utilisée dans les produits vétérinaires contre les puces, les acariens et les tiques, est interdite dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire, tels que les poules. En grande quantité, le fipronil est considéré comme "modérément toxique" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde, a indiqué le NVWA. L'organisme devait produire un nouveau rapport jeudi après-midi sur les résultats des dernières analyses menées dans les quelque 180 élevages de volailles infectés, dont les premiers avaient été "bloqués" à partir du 22 juillet. Le NVWA est mis sous pression par le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles depuis que le numéro 2 de l'organisme a conseillé à la population de "ne pas manger d'oeufs jusqu'à dimanche" sur un plateau de télévision, mardi. L'inquiétude grandissante aux Pays-Bas depuis le début de l'affaire a fini par se propager outre-Rhin : l'Allemagne se mobilisait jeudi pour juguler une crise alimentaire similaire, le pays ayant importé des Pays-Bas des centaines de milliers d'oeufs contaminés. Les chaînes de supermarchés allemands, du discounter Lidl au géant Rewe, ont stoppé la commercialisation des oeufs infectés. La Commission européenne a déclaré "suivre l'affaire de très près", considérant comme "prioritaires les questions touchant à la santé publique", a affirmé la porte-parole Anna-Kaisa Itkonen à des journalistes jeudi. "Nous sommes en relation permanente" avec les pays touchés, "les élevages ont été identifiés et les oeufs infectés sont retirés du marché", a-t-elle poursuivi, arguant que la "situation (était) sous contrôle." En Belgique, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a dit avoir lancé une enquête "en collaboration avec le parquet", précisant toutefois qu'aucun des oeufs contaminés n'avait été commercialisé dans le pays.

Belges et Néerlandais doivent mener une enquête "minutieuse"

L'Allemagne a appelé hier Belges et Néerlandais à mener une enquête "minutieuse" sur le frelatage "criminel" de millions d'œufs par un insecticide qui a conduit à des retraits de ventes massifs en Europe. "Au regard de ce que l'on sait, quelqu'un a clairement procédé avec une énergie criminelle pour frelater (des œufs ) avec un produit interdit", a déclaré le ministre allemand de l'Agriculture Christian Schmidt dans un entretien avec le quotidien Bild. "J'attends des autorités compétentes qu'elles élucident (ce dossier) rapidement et minutieusement. En particulier la Belgique et les Pays-Bas en ont ici l'obligation", a-t-il ajouté. Des chaînes de supermarchés à travers l'Europe, Allemagne en tête, ont retiré plusieurs millions d'œufs néerlandais suspectés de contenir des traces d'une molécule insecticide, le fipronil. A l'origine de l'affaire, des éleveurs néerlandais de volailles ont fait appel à Chickfriend, une société spécialisée dans l'éradication du pou rouge, qui a employé dans son produit du fipronil, une molécule prohibée dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire. Les oeufs ainsi contaminés ont été exportés. L'Allemagne a été la plus massivement touchée. Le ministère de l'Agriculture a estimé dans un communiqué "qu'au moins trois millions d'œufs contaminés" avaient été livrés dans le pays. Plusieurs grandes enseignes de supermarchés comme REWE ou Aldi ont annoncé depuis jeudi retirer des œufs de la vente. Mais le ministre allemand de l'Agriculture a aussi expliqué que la première alerte était en fait partie le 20 juillet de Belgique, mais que Berlin n'avait été avertie qu'en fin de semaine dernière par les autorités néerlandaises. Néanmoins, le ministre allemand a estimé que "le système d'alerte européen qui protège les consommateurs (...) a fonctionné". Par ailleurs, selon lui "un danger pour la santé est pratiquement exclu". En grande quantité, le fipronil est considéré comme "modérément toxique" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).