La communauté internationale appelle toujours  à l'apaisement : Crise dans le Golfe : un mois après...

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L'historique d'une mise au ban


Genèse -  Rappel des développements dans la crise diplomatique opposant le Qatar à l'Arabie saoudite et ses alliés, qui ont rompu leurs relations avec Doha l'accusant de "soutenir le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran, puissance régionale rivale de Riyad.


-5 juin : l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Yémen, l'Egypte et les Maldives rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Il lui est reproché de soutenir des groupes islamistes radicaux et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran. Cette rupture s'accompagne de mesures économiques comme la fermeture des liaisons aériennes et maritimes avec le Qatar et de la seule frontière terrestre de l'émirat, ainsi que des interdictions de survol et des restrictions aux déplacements des personnes. L'Arabie saoudite ferme les bureaux à Ryad de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera.
Le Qatar accuse ses voisins de vouloir le mettre "sous tutelle" et l'étouffer économiquement. Mais il assure qu'il n'y aura pas "d'escalade" de sa part.
- 6 juin : la Mauritanie rompt ses relations diplomatiques avec le Qatar. La Jordanie réduit sa représentation diplomatique.
- 7 juin : le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères déclare que la question du Qatar ne porte pas sur "un changement de régime" mais sur la nécessité d'un "changement de politique".
- 9 juin : l'Arabie saoudite et ses alliés publient une liste de personnes et organisations liées, selon eux, à des activités "terroristes" soutenues par le Qatar. Doha dénonce des accusations "sans fondement".
- 12 juin : le ministre qatari des Affaires étrangères dénonce les mesures "iniques" et "illégales". Le président turc Recep Tayyip Erdogan qualifie d'"inhumaines" et de "contraires à l'islam" les sanctions.
- 19 juin : le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères déclare que l'isolement du Qatar peut durer "des années". Doha lie toute négociation à une levée du "blocus".
- 22 juin : l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte soumettent au Qatar une liste de 13 demandes à satisfaire dans un délai de dix jours. Parmi celles-ci figurent la fermeture de la chaîne Al Jazeera, la réduction des relations avec l'Iran ainsi que la fermeture d'une base militaire turque au Qatar.
- 4 juil: le ministre qatari des Affaires étrangères affirme que la liste des demandes "est irréaliste et irrecevable". "Elle ne porte par sur le terrorisme, elle appelle à mettre fin à la liberté d'expression", dit-il.
- 5 juil : Riyad et ses alliés déplorent la "réponse négative" du Qatar, annonçant le maintien des sanctions contre Doha et menaçant d'en prendre de nouvelles.
- 11 juil : le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, en tournée dans la région, obtient l'accord du Qatar à un programme de lutte contre "le financement du terrorisme", mais l'accord est immédiatement jugé "insuffisant" par les adversaires de Doha. Pendant quatre jours, le responsable américain a fait la navette entre le Koweït, principal médiateur, et les protagonistes de la crise. - 15-16 juil : le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian effectue une tournée dans le Golfe. Il appelle à "une désescalade" dans la crise.
- 17 juil : le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères appelle le Qatar à revenir à la table des négociations, soulignant que son pays et ses alliés ne cherchent pas un "changement de régime" mais d'"attitude". - 20 juil: Le Qatar amende sa législation sur la lutte antiterroriste.
R. I./Agences

Une crise  de longue durée

l Jeudi, le Qatar a annoncé avoir amendé par décret sa loi sur la lutte antiterroriste datant de 2004. Ce décret établit "deux listes nationales pour les individus et les entités terroristes" et énonce les mesures nécessaires pour pouvoir les inscrire sur ces listes mais il donne aux suspects le droit de faire appel contre leur inscription sur l'une de ces listes. Le décret a été salué vendredi comme "un pas positif" par le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash.
L'amendement faisait suite à la signature la semaine dernière par les Etats-Unis et le Qatar d'un accord sur "la lutte contre le financement du terrorisme", à l'occasion d'une tournée du secrétaire d'Etat Rex Tillerson dans la région.

Pékin appelle au dialogue

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé au dialogue afin de résoudre la crise entre le Qatar et quatre autres pays arabes, en recevant à Pékin son homologue qatari cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani. "Toutes les parties doivent continuer à faire preuve de retenue et mener des pourparlers face-à-face au plus vite afin d'éviter une escalade", a déclaré M. Wang en recevant jeudi le chef de la diplomatie de Doha. La veille, il avait accueilli le sultan Ahmed al-Jaber, ministre d'Etat des Emirats arabes unis, l'un des pays en froid avec le Qatar depuis plus d'un mois. Le ministre chinois a appelé les protagonistes à "envoyer un message positif pour résoudre la crise par des moyens politiques et diplomatiques, tout en renforçant le rôle du Conseil de coopération du Golfe", selon des propos rapportés vendredi par l'agence Chine nouvelle. Le 5 juin, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats et l'Egypte ont rompu leurs relations avec le Qatar et lui ont imposé des sanctions économiques, en l'accusant de soutenir le "terrorisme" et en lui reprochant ses liens étroits avec l'Iran chiite, rival régional du royaume saoudien sunnite. Le Qatar a nié ces accusations. Wang Yi a déclaré que la Chine soutenait les efforts de médiation du Koweit et se tenait prête à jouer un rôle constructif, éventuellement par des pourparlers. Le ministre qatari a de son côté assuré que son pays était prêt à s'engager dans des discussions constructives sur la base du respect de la souveraineté, de la non-ingérence dans les affaires intérieures et du droit international, selon l'agence de presse chinoise.
R. I./Agences

Le Qatar offre le dialogue sans faire de concessions


Réaction -  Le Qatar a appelé à un dialogue sous conditions avec l'Arabie saoudite et ses alliés, qui l'isolent pour le deuxième mois consécutif, sans toutefois accéder à leurs demandes pour une sortie de crise.


L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a fait son offre de dialogue vendredi dans un discours télévisé, le premier depuis que l'Arabie saoudite et ses alliés ont rompu le 5 juin avec son pays, qu'ils accusent de soutenir "le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran chiite, rival régional du royaume saoudien sunnite. "Nous sommes ouverts au dialogue pour régler les problèmes en suspens", a-t-il dit en substance, ajoutant qu'un règlement de la crise devrait se faire "dans le respect de la souveraineté" de son pays et sans "diktats". "Le discours n'a rien apporté de nouveau. L'émir a répété la position adoptée par le Qatar dès le début de la crise", a noté à l'AFP l'analyste politique koweïtien Abdallah al-Shaygi. Aux Emirats, l'analyste Abdelkhaleq Abdalla ne cache pas sa déception. "Avant le discours de l'émir du Qatar, je croyais qu'on avançait vers un dénouement de la crise, mais après avoir suivi ce discours, la crise a fait plusieurs pas en arrière", a-t-il écrit sur twitter. Son scepticisme s'est exprimé dans la presse des Emirats à l'instar du quotidien Al-Khaleej qui écrit en Une: "Tamim conduit le Qatar vers l'inconnu". En revanche à Doha, le quotidien Al-Raya souligne que le discours adresse un message ferme de rejet du "langage de menaces et de tutelle". Dans l'immédiat, les adversaires du Qatar n'ont pas réagi officiellement aux propos de cheikh Tamim. En rompant avec le Qatar, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont imposé de sévères sanctions économiques à l'émirat gazier. Pour revenir sur ces sanctions, ils ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la télévision Al Jazeera et d'une base turque, ainsi qu'une révision des liens avec l'Iran. Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu'elles violaient sa souveraineté. Dans son discours, cheikh Tamim s'est élevé contre "les conditions que certains ont voulu nous imposer", soulignant que "le Qatar lutte sans relâche contre le terrorisme, (...) un crime contre l'humanité". Mais il a admis "des divergences sur les causes du terrorisme". Pour le Qatar, l'islam "n'est pas source de terrorisme" mais "la pauvreté, la tyrannie et l'occupation" sont "parmi les principales causes du terrorisme", a expliqué le chef de l'Etat du Qatar. Il a accusé le Quartet d'avoir voulu "imposer (sa) tutelle" au Qatar, de "porter atteinte à la liberté d'expression et au droit à l'information", un clair rejet de la demande de fermer Al-Jazeera.
R. I./Agences

Tillerson satisfait

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson s'est dit vendredi "satisfait" des efforts du Qatar pour tenter de régler la grave crise qui l'oppose à l'Arabie saoudite et à d'autres pays arabes. En recevant au département d'Etat son homologue d'Oman Youssef ben Alaoui ben Abdallah, chef de la diplomatie d'un pays du Golfe qui reste neutre dans ce conflit, M. Tillerson a noté "une évolution positive" depuis sa tournée de médiation dans la région il y a dix jours. Il s'est félicité que Doha "ait mis en œuvre de manière très dynamique l'accord signé entre le Qatar et les Etats-Unis pour apaiser les craintes en matière de terrorisme, de son financement et du contreterrorisme". "Nous sommes satisfaits des efforts dont ils font preuve", a salué le ministre américain qui avait été critiqué par les autres puissances du Golfe - Arabie saoudite et Emirats arabes unis en tête - pour avoir semblé s'aligner sur la position du Qatar. "J'espère que les quatre pays (Arabie, Emirats, Egypte et Bahreïn) y verront un signe de bonne volonté et lèveront le blocus qui a vraiment un impact négatif sur le peuple du Qatar", a réclamé Rex Tillerson. Dans la soirée de vendredi au Qatar, l'émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani s'est dit prêt au dialogue, sous conditions, pour un règlement de la crise ouverte depuis le 5 juin dans le Golfe. L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte avaient alors rompu leurs relations avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir "le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran, grand rival régional du royaume saoudien.

Tournée d’Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan entame ce dimanche une tournée dans le Golfe pour tenter de déminer les tensions entre le Qatar et ses voisins, estimant qu'il n'était "dans l'intérêt de personne" de prolonger la crise. Première étape de cette tournée, Jeddah, en Arabie saoudite, où M. Erdogan sera reçu par le roi Salmane à la mi-journée, avant de se rendre au Koweït dans la soirée, puis au Qatar lundi. "Il n'est dans l'intérêt de personne que cette crise se prolonge davantage", a déclaré le chef de l'Etat turc lors d'une conférence de presse à Istanbul avant de prendre l'avion pour l'Arabie saoudite. "Le monde musulman a besoin de coopération et de solidarité, pas de nouvelles divisions", a insisté M. Erdogan. L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu le 5 juin avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir "le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran, rival régional du royaume saoudien. Le déplacement de M. Erdogan survient au surlendemain d'une offre de dialogue faite par l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, qui a toutefois rejeté tout "diktat". Cette crise régionale aiguë a placé la Turquie dans une position inconfortable : Ankara entretient des rapports étroits avec Doha, mais M. Erdogan s'est également efforcé ces dernières années de développer les liens avec la monarchie saoudienne. "Dès les premiers moments de la crise du Qatar, nous avons été du côté de la paix, de la stabilité, de la solidarité et du dialogue. Nous avons fait les propositions nécessaires aux parties, et continuons de le faire", a déclaré M.