Après plusieurs mois de froid : USA-Russie : est-ce le dégel ?

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Rencontre au sommet Trump-Poutine


Evènement - Le président américain Donald Trump s'est entretenu pour la première fois hier et pendant plus de deux heures avec son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 pour tenter de remettre sur les rails une relation tendue.


Cette rencontre est intervenue dans une atmosphère surchauffée et chaotique à l'extérieur de l'enceinte du sommet, ponctuée de heurts entre policiers et militants antimondialistes dans les rues de Hambourg en Allemagne. L'entretien - qui a duré deux heures et 15 minutes - a porté sur l'Ukraine, la Syrie, la lutte antiterroriste et la cybersécurité, a précisé le président russe à l'issue de la rencontre, sans plus de détail. Les deux délégations comptaient fournir des informations sur les résultats de l'entretien plus tard dans la soirée. "C'est un honneur d'être avec vous", avait déclaré Donald Trump au début de la rencontre en saluant son homologue d'une franche poignée de mains. Le président américain avait dit espérer que leur discussion apporte "beaucoup d'éléments très positif pour la Russie, les Etats-Unis et tous ceux qui sont concernés". "Je suis ravi de vous rencontrer et j'espère que (...) cette rencontre se soldera par un résultat positif", avait renchéri M. Poutine.
"Nous avons parlé au téléphone, mais les conversations téléphoniques ne sont jamais suffisantes", avait souligné le maître du Kremlin.
Les deux dirigeants ont, avec leur rencontre, manqué une grande partie des discussions sur le climat, particulièrement délicates depuis que Donald Trump a décidé de faire sortir les Etats-Unis de l'Accord de Paris. A son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump, volontiers élogieux à l'encontre de Vladimir Poutine, avait laissé entrevoir un rapprochement entre les deux pays. Ce serait "merveilleux", avait-t-il dit. Mais l'ambiance s'est depuis vivement refroidie, sur fond de soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et le Kremlin, et de nouvelles sanctions américaines contre Moscou dans la crise ukrainienne. Jeudi à Varsovie, Donald Trump avait critiqué ouvertement le rôle "déstabilisateur" de la Russie, accusée notamment par les Occidentaux de soutenir militairement les séparatistes prorusses en Ukraine.
Les autres motifs de crispation ne manquent pas non plus, de la guerre en Syrie aux soupçons de collusion avec la Russie dans lesquels est empêtré M. Trump. Sur la Syrie, les Etats-Unis se sont dit prêts avant le sommet à "explorer la possibilité d'établir avec la Russie des mécanismes communs" de stabilisation de la Syrie, dont des zones d'exclusion aérienne.
Outre ce temps fort diplomatique, le G20 débat de sujets difficiles, comme le climat et le commerce, dans un centre de congrès transformé en camp retranché face à des militants anti-G20 déterminés à en découdre.

Contentieux en série


Différends -  Syrie, Ukraine, accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine : les sujets  de friction entre Donald Trump et Vladimir Poutine sont nombreux.

Donald Trump a ulcéré Moscou en ordonnant la première riposte américaine contre le régime syrien, allié de Moscou, à la suite d'une attaque chimique le 4 avril imputée aux forces de Bachar al-Assad. Le président américain a alors jugé "possible" que des Russes aient été au courant de l'attaque et traité le président syrien de "boucher et d'"animal". Il a promis de nouvelles représailles en cas de récidive chimique. La destruction d'un avion syrien par la chasse américaine le 18 juin, qualifiée "d'agression" par la Russie, a aussi mis de l'huile sur le feu. Les Américains s'inquiètent d'une rivalité grandissante entre cette force et l'armée syrienne alors que la bataille pour la reprise de Raqa, dernier grand fief de l'EI fait rage. Pour les mêmes raisons toutefois, Donald Trump qui a fait de la lutte contre l'EI une priorité, pourrait être tenté de chercher un terrain d'entente avec Moscou avant d'avancer vers une déséscalade en Syrie. Les promesses de réchauffement se sont également brisées sur les accusations de collusion entre la Russie et des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump. Plusieurs enquêtes, dont l'une menée par le FBI, sont en cours sur ces liens avec la Russie. Donald Trump a rejeté ces accusations avec force. Il a concédé en revanche jeudi à Varsovie que la Russie, mais peut-être aussi d'autres pays, avaient pu interférer dans l'élection américaine. En octobre 2016, toutes les agences du renseignement américain avaient fait état publiquement d'une ingérence de Moscou. En janvier 2017, elles précisaient que Vladimir Poutine en avait lui-même donné l'ordre. A l'Otan fin mars, la nouvelle administration américaine a condamné l'"agression" russe contre Kiev, en référence à l'annexion de la Crimée et au soutien russe présumé aux rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine. Le 20 juin, les Etats-Unis ont annoncé un renforcement des sanctions contre la Russie afin de "maintenir la pression" dans le dossier ukrainien. La Russie dément tout soutien militaire aux rebelles prorusses et, profitant du sommet du G20, a affirmé que ces sanctions étaient assimilables à du protectonnisme caché.


Echanges «vigoureux» mais «alchimie positive»


Dialogue -  Une chose est sûre, l'entretien a été long, deux heures quinze minutes.


Donald Trump a eu un échange "très vigoureux" au cours de sa première rencontre avec Vladimir Poutine sur les ingérences présumées de la Russie dans l'élection présidentielle américaine, en marge du sommet du G20 à Hambourg. Néanmoins, une "alchimie positive" s'est clairement dégagée entre les deux hommes , a résumé le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, chargé de faire état de ce face-à-face très attendu. Washington s'est évertué à présenter la président américain à l'offensive sur ce sujet politiquement très sensible aux Etats-Unis. Des efforts partiellement contrariés par la version russe de la rencontre, selon laquelle Donald Trump a fini par "accepter" les dénégations de Moscou. Une chose est sûre, l'entretien a été long, deux heures quinze minutes. Il a aussi été "très vigoureux", a affirmé Rex Tillerson, tandis que le président américain est accusé par ses détracteurs d'avoir péché par excès de complaisance à l'égard de son homologue russe. Donald Trump "a insisté à plusieurs reprises auprès du président Poutine au sujet de l'ingérence russe", a dit le ministre américain des Affaires étrangères, pour lequel cette affaire constitue un "obstacle significatif" à l'amélioration des relations bilatérales. La Russie est notamment accusée d'avoir tenté de nuire à la campagne électorale de la rivale démocrate de Donald Trump à la présidentielle de 2016, Hillary Clinton, cependant que l'entourage du président américain est soupçonné de collusion avec le Kremlin. M. Tillerson a toutefois dans le même temps signifié que Donald Trump voulait désormais "aller de l'avant", une manière de tourner la page. A cet égard, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a assuré que le président américain avait dit qu'"il avait entendu des déclarations claires de Poutine affirmant que ceci (cette affaire) n'est pas vrai et que les autorités russes ne sont pas intervenues et qu'il accepte ces déclarations". La volonté affichée du gouvernement Trump de vouloir dépasser la polémique sur l'ingérence russe présumée a été immédiatement critiquée aux Etats-Unis par les Démocrates. Le sénateur Charles Schumer a jugé "scandaleux" que l'équipe Trump fasse fi des enquêtes américaines en cours mettant en cause les Russes.

Corée du Nord, la ligne rouge


Donald Trump a promis une réponse "sévère" après le premier tir mardi par la Corée du Nord d'un missile balistique intercontinental, capable d'attendre l'Alaska selon les experts, et réclame de nouvelles sanctions contre Pyongyang. La Russie a bloqué toutefois un projet américain de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à prendre des "mesures significatives" contre Pyongyang.


Frictions autour  de l'Otan

Moscou perçoit toute extension de l'Otan comme un signe d'agression à son égard et ne cesse de dénoncer la politique d'"endiguement" de l'Alliance atlantique visant la Russie. Les Russes ont à plusieurs reprises estimé qu'une accumulation des forces de l'Otan dans les pays Baltes, à la frontière russe, enfreignait l'équilibre des forces. Pour sa part, le président américain Donald Trump a appelé l'Otan à se concentrer notamment sur "les menaces de la Russie", lors d'un sommet de l'Alliance fin mai à Bruxelles.

Trump : la rencontre avec Poutine  a été «formidable»

Le président américain Donald Trump a qualifié ce samedi de "formidable" sa première rencontre la veille avec son homologue russe Vladimir Poutine en marge du G20. "La rencontre a été formidable", a-t-il déclaré au début d'un entretien avec la Première ministe britannique Theresa May au deuxième jour du sommet à Hambourg en Allemagne. Selon Wahington, Donald Trump s'est montré à l'offensive face à Vladimir Poutine sur la question très sensible des ingérences russes présumées dans l'élection présidentielle américaine, qui empoisonne son début de mandat. Moscou a livré une autre version, affirmant que le nouveau président américain avait "accepté" les dénégations de Vlamidir Poutine. Les deux dirigeants ont également abordé deux autres lourds sujets de contentieux, l'Ukraine et la Syrie. Les deux pays se sont mis d'accord hier sur l'instauration d'un cessez-le-feu à compter de dimanche dans une région du sud-ouest de la Syrie.