Le secteur du tourisme traîne toujours la patte : Cherche plans vacances désespérément…

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La Tunisie, destination privilégiée


Préoccupation -   A peine le mois sacré du Ramadhan passé, que nos compatriotes se posent la même question : «Où passer quelques jours  de vacances ?».  


C’est évidemment la question du jour et ce ne sont pas les tentations qui manquent avec le matraquage publicitaire massif de la part des agences de voyages dont c’est l’heure de gloire. Les offres promotionnelles vers l’étranger sont toutes plus alléchantes les unes que les autres, mais le résultat ne correspond pas toujours aux promesses de départ, et ça nombre de nos compatriotes s’en sont aperçus à leurs dépens, malheureusement.
Quant aux vacances en local, elles sont encore plus décevantes. Il faut dire, en effet, que le marché des vacances se développe de manière fulgurante depuis quelques années, boosté par une demande sans cesse croissante de la part d’un marché local qui privilégie depuis toujours le séjour balnéaire sur les côtes les plus réputées de la Méditerranée, Espagne, Grèce, Turquie, Tunisie, Malte et autres Maroc, Italie et Croatie.
Ce sont les destinations les plus prisées par nos compatriotes, l’Espagne gardant cette année encore le podium en matière de prestige, suivie de la Turquie et de la Croatie. Ce sont également les destinations les plus chères, entre 80 mille et 300 mille DA pour les résidences et les hôtels de 4 étoiles et plus.
Elles sont d’ailleurs retenues par une minorité d’Algériens, ceux qui peuvent engager un budget vacances conséquent, car un séjour en famille à l’étranger engendre d’inévitables frais supplémentaires et les vacances reviennent généralement au double des prévisions de départ.
Il reste alors l’option Tunisie, encore et toujours, celle qui tient depuis des années le haut de l’affiche des destinations les plus courues, celle la moins coûteuse également, ceci expliquant cela.
En effet, les Algériens ont fait des côtes de Hammamet, Nabeul, Sousse, la Marsa, Tabbarka, Gammarth, Kellibia, leurs choix privilégiés de vacances, avec des tarifs adaptés à chaque catégorie sociale, à partir de 39 990 DA pour le séjour le plus «low-cost», du style voyage en bus et hôtels 3 étoiles loin de la plage.
En tout, on attend plus de 2 millions de touristes algériens cet été 2017.
Un engouement confirmé par le nombre d’agences de voyages qui ont investi ce créneau porteur, puisque rien qu’à Alger on dénombre 151 agences qui font de la publicité pour leurs offres spéciales vacances en Tunisie 2017. Les tarifs réels pour un séjour convenable oscillent entre 80 000 et 150 000 dinars pour 2 adultes et un jeune enfant, il faut rajouter 40 à 70 000 dinars par enfant de plus de 06 ans, ce qui corsera l’addition, bien entendu.
Hocine Hamid

L’Espagne ou la Reconquista version touriste


Objectif -  Acheter une maison ou un appartement en Espagne est devenu le rêve de nombreux Algériens, surtout que les prix pratiqués sont réellement attractifs pour ceux qui peuvent
se le permettre.


Loin des calculs d’épicier de la masse des prétendants aux vacances de rêve, il existe une élite financièrement aisée qui se fait réellement plaisir en s’offrant de magnifiques séjours balnéaires dans des stations réputées, à l’instar d’Ibiza, Alicante, Valencia et autre Benidorm, là où cohabite une clientèle cosmopolite dans des hôtels  de prestige offrant une qualité de service impeccable.
Il faut dire que l’Espagne a acquis un statut particulier chez une certaine catégorie d’Algériens, ceux qui disposent de revenus confortables : nombre d’entre eux ont carrément acheté des appartements et des villas dans les environs des stations balnéaires du sud de ce pays. Jouissant de statut de propriétaire, ces Algériens en ont fait leurs résidences de vacances, là où ils vont chaque été  passer de vraies vacances, en toute liberté et farniente.  Fares, un grossiste en médicaments,  fait partie de ces heureux propriétaires de résidences secondaires en Espagne : «Attention, nous prévient-il d’emblée, je ne suis pas Crésus et mes économies m’ont à peine suffi pour couvrir tous les frais engendrés par l’achat de mon F2 à Benidorm qui m’a coûté 65 000 €, soit moins un milliard de centimes. Avec cette somme, je n’aurais pu ni acheter ni construire ici en Algérie, même pas un F3 respectable. Je pense avoir pris une bonne décision, car non seulement cet appartement me sert de lieu de vacances, mais en plus, je le loue le reste de l’année…»  Il est vrai qu’acheter une maison ou un appartement en Espagne est devenu le rêve de nombreux Algériens, surtout que les prix pratiqués sont réellement attractifs pour ceux qui peuvent se le permettre. C’est un investissement utile qui permet à l’acquéreur de poser pied en Europe et de jouir du statut de propriétaire d’un bien immobilier, d’aller et venir à sa guise.
Une situation fort envieuse mais qui demeure hors de portée de la majorité du bon peuple d’Algérie, comme de bien entendu.
L’Espagne a donc la préférence des Algériens qui ont les moyens d’acheter des biens immobiliers dans ce pays et qui, de ce fait, ont la chance de passer tous les ans des vacances tranquilles en famille et de profiter à fond de leur indépendance pour s’offrir des moments de plaisirs et de farniente mémorables, bref de passer de vraies vacances, sans nuage à l’horizon et sans stress à gérer. Le pied géant, quoi…
H. H.

Budget serré ? la clim, c’est mieux  !   


Différences -  A l’opposé d’un petit univers de privilégiés, la grande masse des candidats aux vacances se contente de peu, d’un simple voyage organisé vers les plages et structures bon marché de Tunisie.


Ces séjours prennent, cependant, trop souvent,  des allures de voyages vers l’enfer, tant la mauvaise foi et l’arnaque sont systématiquement de mise à ce niveau d’offre. Certaines des agences de voyages qui investissent le créneau du tourisme de masse recourent à l’arnaque plus souvent qu’à la qualité de service, à commencer par la différence énorme entre le tarif du départ et celui, final, de l’arrivée.
Mustapha fraîchement retraité des chemins de fer, en a gros sur le cœur à ce sujet, car il a été victime, en 2013, d’une arnaque sur le voyage dont il se souviendra toujours : «Imaginez-vous, à l’époque, cette agence proposait un séjour de 8 jours/ 7 nuits dans un hôtel 3 étoiles à Hammamet à 33 000 dinars, voyage par bus bien sûr. Nous avons donc pris le bus, avec mon épouse et ma grande fille, et à peine 20 minutes plus tard, le chauffeur se gare sur le côté de la route.
Motif ? Le climatiseur ne marche pas bien et il va voir ce qui se passe. Cela a pris 40 minutes et la clim ne fonctionnait toujours pas bien… » Notre témoin ne s’arrête pas là et il nous énumère toutes les déceptions que lui et sa petite famille ont eues par la suite, à commencer par l’hôtel, supposé 3 étoiles, mais qui s’était avéré minable avec une bouffe médiocre et des installations désuètes : «L’endroit où était l’hôtel est infesté de moustiques et on ne pouvait même pas profiter de la fraîcheur de la nuit pour ouvrir les volets. on était comme emprisonnés derrière nos rideaux., il fallait se lever tôt pour rejoindre la plage à 2 kilomètres, avant que le soleil ne soit au zénith. A la plage, on était assaillis par les vendeurs ambulants et la plage était noire de monde, du matin au soir. C’était affreux sur toute la ligne…», résume Mustapha que ce séjour avait traumatisé et qui a, depuis, juré qu’il ne succombera plus à une de ces offres trop belles pour être vraies. En fait, et au vu des arnaques systématiques de la plupart des offres alléchantes existant sur le marché, le bon sens enjoint de ne pas y succomber et d’utiliser autrement le budget disponible.
A défaut de pouvoir s’offrir de vraies vacances en Tunisie et ailleurs, autant essayer de se faire plaisir en investissant, par exemple, sur la climatisation.
C’est ce qu’a fait Rafik, enseignant de son état, et il ne le regrette pas : « j’ai acheté un climatiseur neuf à 30 000 DA et aux  heures les plus chaudes, avec madame et nos trois enfants, nous vidons le salon de tous ses meubles, nous étalons le grand tapis et nous branchons la clim. Dominos, monopoly, jeux de stratégie et même un bon film sur la tablette, avec jus, fruits et gâteaux à volonté : c’est pas des vacances ça ?» Entrecoupées de virées à la plage, à la campagne et dans les grandes surfaces, il est certain que la proposition de Rafik paraît beaucoup plus intéressante, plus raisonnable, que les offres de vacances de ces agences de voyages qui promettent monts et merveille par publicité tapageuse interposée, et qui vous embarquent dans un safari de désagréments et de déceptions, alors même que vous êtes censé être un client qui avez payé pour passer des vacances, pas un traquenard.
Au moment où les carnets de commande des agences font le plein, il est plus que jamais temps d’y regarder à deux fois avant de contracter un séjour à l’étranger, surtout si l’offre est anormalement attrayante pour la destination choisie.
H. H.

En Algérie, décevant et trop cher !


Expérience - Ceux qui font l’effort d’offrir des vacances à leurs familles en mode intra-muros, en sont souvent pour leurs frais, tant le marché local des vacances accumule les records en termes  de médiocrité et de tarifs élevés.


La vox populi a en effet tranché en la matière, puisque tout le monde affirme qu’il revient plus cher de passer ses vacances dans les hôtels et les stations balnéaires algériennes, publiques et privées.
Les prix de l’hébergement sont disproportionnés par rapport à la qualité de service fournie : entre 5 000 et 10 000 DA la nuitée. Pour les autres formules,  jusqu’à 10 millions de centimes la location d’un bungalow pour une semaine, jusqu’à 12 000 DA pour huit jours dans un camping.
Le pire, c’est qu’au-delà du coût qu’engendrent ces différentes formules, il y a l’inévitable déception qui vient souvent clôturer les vacances en Algérie et cela pour diverses raisons : cela va de la mentalité de nos compatriotes en charge de l’accueil et du service des touristes, à la qualité de l’environnement général du lieu de villégiature, souvent dégradé et dénaturé par des immondices de toutes sortes, en passant par la médiocrité de la restauration, des animations et de l’hygiène des lieux.
La prise en charge des touristes en est encore à l’âge de pierre et le gisement alléchant que constitue l’Algérie et ses 40 millions d’habitants ne semble pas près d’être judicieusement exploité : les investissements consentis dans le tourisme local n’ont toujours pas visé le segment le plus porteur, celui des bourses moyennes, le plus représenté au sein de la population algérienne. Les offres qui leur sont destinées manquent cruellement sur le marché et ce potentiel continue d’être inexploité à ce jour. Un potentiel qui appelle à plus d’attention, car le tourisme de masse bien encadré constitue le meilleure scenario pour le développement d’un tourisme local digne de ce nom et répondant aux normes requises en termes de qualité-prix.
L’Etat devra peser de tout son poids pour inciter les investisseurs à améliorer leurs offres de prestations, afin que les Algériens en aient, au moins, pour leur argent lorsqu’ils choisissent de passer leur vacances dans leur pays. En attendant, force est de constater qu’en matière de vacances, même si les Algériens ont le choix entre différentes formules de séjours en Algérie et à l’étranger, la situation est loin d’être idéale et beaucoup de nos compatriotes ne sont pas contents et affirment qu’ils ont été trop déçus durant leurs vacances.
Il y a donc trop de dépassements et d’arnaques au sein de ce marché dont l’opulence actuelle est flagrante, ce qui renseigne on ne peut mieux sur l’urgence de le réguler au plus vite, histoire de réduire quelque peu les appétits voraces des spéculateurs qui y prospèrent. Le touriste algérien a les mêmes droits théoriques que tous les autres touristes du monde et à ce titre, il doit pouvoir s’offrir des vacances certes adaptées à son budget, mais qui lui permettent de jouir de vrais moments de détente, de farniente et des menus plaisirs de l’été. Un service minimum qui demeure à ce jour un vœu pieux, à l’aune d’un marché livré à la surenchère et aux arnaques, ce qui profite aux destinations  étrangères, la Tunisie notamment, au grand dam du développement du tourisme algérien toujours remis aux calendes grecques…
H. H.