222 174 affaires ont été traitées en 2016 / Criminalité : elle est plus diversifiée et plus complexe

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Le nombre d'affaires liées à la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes a atteint 222 174 en 2016, soit une hausse de 66.83% par rapport à 2015. 197 203 individus y ont  été impliqués soit une augmentation de 4,69%. Ces chiffres  ne peuvent toutefois être une photographie exacte de la criminalité qui sévit dans notre pays. Ils seraient utiles s’ils étaient suivis d’une analyse bien détaillée qui puisse déterminer le caractère du criminel et sa relation avec certains phénomènes, économiques, sociaux et moraux. Seules les conclusions d’une telle analyse seraient à même de donner un tableau exact de la criminalité actuelle et d’en déterminer les causes, renseignements importants à la sociologie criminelle. Pour l’heure, nous devons nous contenter de ces statistiques qui constituent déjà un indice réel d’une hausse marquée de la criminalité.


Les raisons d’une recrudescence


Constat -  De ces chiffres ressort avant tout la prédominance des affaires d'atteinte aux personnes et aux biens, suivies de celles ayant trait à l'atteinte aux deniers publics, aux mœurs ainsi que les crimes économiques et financiers.


Il s'agit de crimes de coups et blessures, homicide volontaire, homicide involontaire, menaces et insultes. La wilaya d'Alger vient en tête avec 10 684 affaires, suivie de la wilaya de Chlef (3 444), Blida (2 692) et M'sila (2 103).
Ces statistiques officielles ne sont pas très explicites sur les causes des divers crimes et délits. On relève, toutefois,  que la plupart des criminels arrêtés sont sans instruction.  51,67 % des personnes impliquées dans des  crimes n’ont pas suivi de cursus scolaire, selon un graphique diffusé par la Gendarmerie nationale.
Les jeunes âgés entre 18 et 30 ans sont les plus susceptibles d’être touchés par ce phénomène. Ils sont suivis de très prés par la tranche d’âge de 30 à 40 ans, soit 24,21 %.  Les suspects interceptés sont en majorité célibataires et sans emploi.  
L’ampleur qu’a prise la criminalité ces derniers temps obéit à certains facteurs d’ordre éducatifs et socio-économiques, selon ce même graphique. L’influence de la famille, de l’école et de l’environnement s’avère ainsi plus qu’évidente. Les jeunes mal encadrés, laissés pour compte, sont plus exposés à la criminalité.
Ces derniers ont besoin de s’affirmer et manifester leur différence à travers leur adhésion à des groupes criminels. La démission des parents fait que beaucoup d’enfants se retrouvent sans surveillance à errer dans les rues pendant de longues heures où il ne tardera pas à lier connaissance avec  des délinquants.
A l’organisation défectueuse de la famille, vient s’ajouter  l’échec  de l’école à former des citoyens responsables.Bien qu’ils ne soient pas en rapport direct avec  le développement de la criminalité, ce sont tous les deux des acteurs à même  de contribuer à la réussite ou à l’échec des jeunes d’où la nécessité d’intégrer le citoyen dans la lutte contre ce phénomène. «Le jeune Algérien doit intégrer l’institution de la Sûreté nationale pour lutter contre toute forme de criminalité», a insisté le général-major Hamel de la DGSN. La direction de la sûreté ambitionne, à travers cette culture de citoyenneté, à sensibiliser les jeunes par le biais d’initiatives de prévention et de lutte contre la délinquance.
Cette action a pour objectif  de faire connaître au citoyen les missions de la police, les formes de crimes et le préparer à lutter contre ces phénomènes en coordination avec la police. Parallèlement, la Sûreté nationale s'emploie à améliorer le travail de la police, à travers la formation continue au profit des éléments de la police, rappelant que les périodes de formation ont été prolongées et qu'une nouvelle matière en  rapport avec les droits de l'homme a été introduite.  
Le secteur de la sécurité publique vise aussi à renforcer le partenariat avec les différentes organisations internationales concernées par la criminalité outre la création d’un service central de criminologie pour élucider toutes les  affaires relatives à la criminalité avec des méthodes modernes.

Les médias et l’information sécuritaire

Le rôle des médias est d'éclairer l’opinion publique et de sensibiliser les  citoyens sur leurs devoirs en matière d'ordre public, insistent les différents services de sécurité. La DGSN a, à maintes reprises, évoqué l’importance des cellules  de communication et des relations publiques des sûretés de wilayas  dans l’information  de l’opinion publique et de fournir à la presse des informations correctes et fiables devant développer le sens sécuritaire et immuniser les citoyens contre les maux sociaux. La contribution de l’information à la consécration du sens sécuritaire et à la construction de l’opinion publique qui prévient contre la criminalité, n’est plus à démontrer souligne pour sa part l’universitaire Djillali Abbassa qui a insisté sur l’influence des médias sur les comportements  des individus et de la société de part leur rôle de prévention contre la criminalité, la délinquance et autres fléaux. Les médias ont à cet effet le devoir de respecter les valeurs et l’éthique dans le traitement de sujets sécuritaires liés au crime, «afin  d'éviter de véhiculer une information fausse nuisant à la sécurité», rappelle Dr Karima Abbad de l’université d’Alger. Elle a notamment mis l’accent sur le rôle des médias dans la sensibilisation contre les maux sociaux menaçant la sécurité et la stabilité de la société.


Un numéro vert pour impliquer le citoyen
l Le numéro vert (1055), mis à la disposition  des citoyens par la gendarmerie nationale a contribué à apporter assistance avec célérité et efficacité dans les cas d’accidents de la circulation et de tentatives d’agression, selon la Gendarmerie nationale. Durant  la période allant du 1er janvier à la fin du mois de mai dernier, il a été enregistré pas moins de 4 069 appels sur le numéro vert. Ce dernier à pour mission de renforcer le travail de proximité et la confiance entre le citoyen et la Gendarmerie nationale qui a souligné que ces appels sont liés à différentes affaires. 163 appels sont liés aux accidents de la circulation, 301 appels d’intervention en cas de menaces contre des personnes et des biens, 303  demandes d’aide et 855 pour renseignements, a noté la même source.
Un important nombre d’appels a abouti à l’intervention des unités de la Gendarmerie nationale et peu d’autres ont été transférés vers d’autres services dont ceux de la Sûreté nationale, de la Protection  civile, de la santé et de Sonelgaz. Ces appels en constance augmentation démontrent le niveau de  conscience des citoyens qui ont favorablement apprécié cette initiative leur épargnant de se déplacer vers les postes fixes de la Gendarmerie nationale, rappelant que le contact direct a contribué à lutter contre tous les type de criminalité et a permis la participation du citoyen à sa sécurité en fournissant l’information utile et préventive.


Vol de voitures, trafic d’ivoire, de faux billets…


Danger -  Les affaires criminelles se multiplient et se diversifient avec des conséquences désastreuses sur la société et l’économie nationale.


Les services de sécurité continuent de marquer des points dans leurs actions de lutte contre la criminalité sous toutes ses formes qui s’est multipliée ces derniers jours.  
Dans leur dernier communiqué ils font état de l’arrestation à Alger d'une bande spécialisée dans le vol de grandes  batteries longue durée utilisées dans les barques de migration clandestine. Suite à l'arrestation de cette bande,  les éléments de la Sureté de la Wilaya d’Alger (SWA) ont  récupéré 3 quintaux de câble en cuivre et des plaques en cuivre pesant 50 kg, appartenant à une société de téléphonie.
Dans la wilaya d’Alger toujours, une bande spécialisée dans l'escroquerie de grandes sociétés de matériel  électronique a été mise hors d'état de nuire.  La première victime de cette bande composée de trois  individus est une société étrangère de matériel électronique qui a été escroquée pour  un montant de 218 millions de centimes en téléviseurs et climatiseurs.  
Les SWA ont par ailleurs fait état de l’arrestation d'un individu impliqué dans une affaire de dilapidation de deniers publics dans une affaire de vol de boîtes de fil chirurgical d'une valeur estimée à près  de 4 milliards de centimes de la Pharmacie centrale d'un hôpital public à Alger.
L'affaire a été lancée à la suite d'une plainte déposée par le directeur de l'établissement concerné auprès des services de police contre un  fonctionnaire de la Pharmacie centrale faisant état de la disparition de 138 boîtes de fil chirurgical en 2017 et 980 autres en 2016. A l’intérieur du pays, des affaires d’infraction à la réglementation de change, utilisation  de faux billets, de trafic d'ivoire et de cuivre  au vol de voitures sont régulièrement signalées. Deux personnes impliquées dans une affaire d’infraction à la réglementation du change ont, ainsi, été arrêtées par les services de la sûreté de wilaya de Biskra. La première personne a été appréhendée avec en sa possession 360 000 DA et de 1 770 euros et 70 dinars tunisiens, tandis que 350 000 DA et 1 440 euros  ont été découverts chez la deuxième personne.  
La brigade économique et financière relevant de la sûreté de wilaya de Laghouat a, pour sa part, démantelé, dernièrement, un réseau spécialisé dans le trafic d'ivoire et saisi 13 kg de cette matière. Les mis en cause ont été présentés devant la justice pour contrebande et  trafic d'ivoire et entrée et résidence illégale sur le territoire national. Dans la région de Batna, la brigade de recherche et d’investigation de la sûreté de la wilaya a, quant à elle, récupéré 460 faux billets de banque en coupures de 2 000 DA représentant un montant de 920 000 DA.
Les deux mis en cause dans cette affaire ont été placés  sous mandat de dépôt pour constitution d’une association de malfaiteurs, falsification de billets de banque et possession de matériel de faux monnayage. Plus de deux tonnes de cuivre ont par ailleurs été saisies, ces derniers jours dans la wilaya d’Ain Defla qui a aussi été le théâtre d’un démantèlement d’un réseau national spécialisé dans le vol de voitures. Les éléments de la brigade de la Gendarmerie  nationale d’El Attaf ont saisi plus de  deux tonnes de cuivre dissimulées à l’intérieur d’un camion, en attendant d’être acheminée à une personne résidant à Blida.
A. B.

Le système AFIS à la rescousse



Bilan -   Un total de 92 affaires criminelles a été résolu par les services de la police judiciaire grâce au système automatique d'identification des empreintes digitales (AFIS).


L’exploitation par les stations principales de l'identité judiciaire des  traces inconnues enregistrées dans la base de données du système AFIS a  permis de résoudre 30 affaires se traduisant par 9 affaires de faux et usage de faux, 19 affaires de vol et 2 affaires d'homicides.
Le système AFIS a aussi  permis de résoudre 62 autres affaires en quelques mois dans 48 wilayas du pays à savoir: 22 affaires de vol par effraction, 10 affaires de vol à la roulotte , 10 affaires de vol de  véhicules, 5 affaires de vol, 4 affaires de tentative de vol,1 affaire de  vol à l'aide de fausses clés, 1 affaires de vol de motocyclette, 2 affaires  de dégradation de bien de l'Etat, 4 affaires de faux et usage de faux et 1 affaire d'association de malfaiteurs et assistance aux criminels.
Le ministre de la Justice, garde des  Sceaux a, dans cette optique, promis que des enquêtes approfondies seront désormais  déclenchées dans les cas de possession et  d’agression à l’arme blanche pour remonter la source.
Il ne suffit pas seulement d’arrêter les personnes impliquées dans ce  genre de crime, mais de traiter l’affaire à partir de la source, a soutenu le ministre précisant que  la démarche s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique pénale décidée  dans le cadre du processus de réforme de la justice. La Gendarmerie nationale privilégie, pour sa part, l’action du renseignement sécuritaire dans le cadre de la stratégie d’intervention et de lutte  contre toutes les facettes de criminalité et  les agissements des  réseaux du crime organisé. Le travail de proximité associant  les citoyens demeure pour la Gendarmerie nationale une action fondamentale pour renforcer la confiance  entre les institutions de l’Etat et le citoyen.
L’institution a, dans ce contexte, précisé que «les efforts de lutte contre le  crime transfrontalier doivent se faire  dans le cadre d'une coopération internationale étroite et pratique qu'il  faut renforcer entre les institutions concernées », ajoutant que « la  sécurisation de la société de plus en plus requise contre la criminalité exige une dynamique développée qui s'appuie sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication, ce qui impose d'améliorer l'action des services de sécurité pour répondre aux trois principes essentiels ». Il s'agit, selon le premier responsable de ce corps constitué, «du principe d'efficacité à travers la modernisation des moyens pour disposer d'instruments plus performants que ceux des criminels, du principe d'échange d'expériences en matière de traitement de l'information, et du principe de partenariat à travers la promotion de la coopération entre les institutions». Il a souligné que «la gravité de la situation marquée par  l'apparition du crime transfrontalier impose de concrétiser la vision des  pays qui appellent à la mise en place d'une stratégie globale de lutte contre ce phénomène à travers une coopération entre la justice et les services de la sécurité publique.
A. B.