Pisciculture : Chlef veut son poisson !

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La pisciculture intégrée à l’agriculture est l’une des filières aquacoles sur lesquelles compte s’appuyer la direction de la pêche et des ressources halieutiques de Chlef afin d’ancrer la culture de production mais aussi de consommation de poissons d’eau douce chez l’agriculteur et le citoyen en général , en vue de sa contribution avérée dans la consécration d’un micro-système environnemental permettant, outre la production de poissons, le recyclage des déchets agricoles tout en mettant un terme à la pollution organique. Des responsables affirment que de nombreuses conventions ont été signées au titre de cet effort au moment où une réflexion est en cours en vue de la création future d’une écloserie d’alevins, parallèlement à des actions de sensibilisation engagées en direction des agriculteurs, voire même des citoyens, afin de les inciter à investir dans le domaine.
L.S

Amorce timide, mais …


Dynamique -  De nombreuses conventions ont été signées afin d’intégrer la pisciculture à l’agriculture. Lobjectif de cette démarche est d’ancrer la culture de production mais aussi de consommation de poissons d’eau douce.


C’est ce que nous apprennent les autorités locales qui évoquent la contribution avérée de cette filière dans la consécration d’un microsystème environnemental permettant, outre la production de poissons, le recyclage des déchets agricoles tout en mettant un terme à la pollution organique.
Selon le chargé du service d’aquaculture à la direction de la pêche et des ressources halieutiques de Chlef, Djilalil Badani, de nombreuses conventions ont été signées au titre de cet effort au moment où une réflexion est en cours en vue de la création future d’une écloserie d’alevins, parallèlement à des actions de sensibilisation engagées en direction des agriculteurs, voire même des citoyens, afin de les inciter à investir dans le domaine, a-t-il signalé.
Le responsable a fait, à ce propos, état de la signature de conventions avec la Chambre de pêche de Ténés, de l’annexe de l’Institut de pêche d’El-Marsa et de la direction des services agricoles de la wilaya, en vue du recensement et de la formation des agriculteurs désireux d’intégrer ce domaine. Il a été recensé, à ce titre, 120 agriculteurs, qui sont en attente d’une formation, a-t-il fait savoir. M.Badani a signalé l'initiation, auparavant, d’expériences pilotes avec une vingtaine d’agriculteurs locaux, qui ont intégré la pisciculture dans leurs bassins d’irrigation.
Une expérience qui a été couronnée de succès chez certains, s’est-t-il félicité, mais, aussi d’échecs chez d’autres, car manquant de formation et d’informations sur les conditions écologiques et techniques susceptibles de garantir la survie des poissons et leur reproduction en eau douce, a-t-il expliqué.
La pisciculture intégrée en milieu agricole se fait dans des bassins d’irrigation (en ciment) ou des cages en plastiques placées dans des cours d’eau ou étangs, a ajouté le même responsable, soulignant que les subventions affectées par les pouvoirs publics aux agriculteurs aux fins de construire des bassins d’irrigation soutiennent cet effort d’intégration de la pisciculture en milieu agricole. Selon M. Badani, les études scientifiques réalisées dans le domaine ont prouvé que l’élevage de poissons dans des bassins d’irrigation enrichit les eaux des bassins en question en engrais naturels, ce qui va mener progressivement, selon lui, à l’abandon, des engrais chimiques, outre sa contribution (pisciculture) dans le relèvement de la production de poissons (notamment carpe, mulet et tilapia du Nil), qui pourra être écoulé, à l’échelle locale, est-il escompté.
Lyes Sadoun

Le mulet, le meilleur ami  de l’agriculteur

 Les services de la pêche de la wilaya de Chlef se chargent, durant la période de reproduction de certains types de poissons en eau douce (mulet), de pêcher les alevins de poissons et de les entretenir, durant une certaine période, jusqu’à leur adaptation avec leur nouvel environnement, avant de les distribuer au profit des agriculteurs désireux d’intégrer cette activité. Selon les spécialistes du domaine, la nourriture de ce type de poisson doit être essentiellement composée d’azote, de phosphore et de potassium, soit des éléments qui se trouvent dans les excréments des volailles et de bovins, ainsi que certains déchets végétaux, issus des recolles et des champs, qui sont tous peu coûteux pour l’agriculteur, au moment où les poissons vont le débarrasser des multiples parasites pullulant dans ses bassins d’irrigation.
L.S

Finis les engrais chimiques
Ces études ont été corroborées par Abdelkader Deradji, un agriculteur de la wilaya, qui a assuré que le rendement agricole de ses terres a sensiblement augmenté depuis qu’il a commencé à les arroser avec l’eau du bassin dans lequel il pratique l’élevage de mulet. «Même la qualité de mes fruits a changé en mieux, de l’avis de tous mes clients", s'est-il réjoui. Cet agriculteur, qui élève du mulet dans un bassin d’irrigation de 50 m2, s’est, en outre, dit disposé à agrandir son élevage de même qu’a fournir des alevins aux agriculteurs désireux d’intégrer la pisciculture dans leurs exploitations agricoles, leur assurant qu’ils pourront renoncer définitivement aux engrais chimiques, tout en s’assurant une nouvelle source de viande blanche.
L.S


L’aquaculture pour pallier le déficit


Investissement -  L’Algérie accuse un déficit de 100 000 tonnes/an en matière de production de poissons. Seule solution afin d’y faire face : l’aquaculture.


C’est ce qu’affirmait récemment le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdesselam Chelghoum, dans une déclaration à la presse en marge de l’ouverture de la 5e édition «Des ports et barrages bleus» au port de Cap Djinet. Il a observé que «la production piscicole accuse un certain manque en Algérie dû à des facteurs naturels».
«La seule solution susceptible de couvrir ce déficit réside dans le développement de l’aquaculture», a-t-il souligné, relevant que «son département ministériel encourage l’investissement dans la filière aquacole, qui est le théâtre d’un développement notable, notamment au niveau des villes du littoral du pays, mais aussi dans certaines régions de l’intérieur et du Sud, à l’instar de Béchar, Ouargla et Oued Souf».
Pour le ministre, la manifestation, organisée cette année sous le thème "Ports et barrages bleus, des espace partagés pour une économie diversifiée», est une opportunité ouverte aux citoyens et investisseurs afin de s’informer de plus prés sur le secteur de la pêche, à travers les diverses expositions programmées à cet effet, mettant en exergue différents équipements exploités dans le domaine, en plus de variétés de poissons péchés sur le littoral algérien. Lors de sa visite dans la ville côtière de Beni Saf dans le cadre de la deuxième journée de sa visite dans la wilaya, l'ambassadrice de la République d’Indonésie en Algérie, Safira Mashrusah, a fait part de l'intérêt de son pays pour une coopération avec l’Algérie dans le domaine de l’aquaculture et du touristique.
La diplomate a déclaré, en visitant des pavillons pédagogiques et de formation à l’école de formation technique de la pêche et de l'aquaculture de Beni saf, avoir décelé une «forte volonté» pour développer la formation dans le domaine de la pêche et de l'aquaculture chez les enseignants et les encadreurs de cet établissement, et que l’Indonésie, en tant que deuxième pays dans le monde en matière d'aquaculture, est disposée à fournir du soutien pour développer cette filière en Algérie.
Elle a également affirmé que l'Algérie dispose d'atouts importants dans ce domaine devant conférer une valeur ajoutée à l'économie algérienne et que l'Indonésie est prête à coopérer avec elle.
L.S

Oran : à l’école

Selon les initiés, la formation est un des piliers sur lequel repose cette démarche. Depuis plusieurs années déjà, plusieurs régions du pays ont lancé différentes sessions de formation dans le domaine.
Dans cette dynamique, un projet d’élargissement de l’initiation des écoliers à l’aquaculture est en cours de préparation à Oran pour la prochaine rentrée scolaire, après l’expérimentation au niveau de deux établissements.
Une première expérience menée dans deux écoles primaires à hai «Essabah» (Bir El-Djir) et à El -Kerma a eu beaucoup de succès auprès des élèves, a indiqué le coordinateur de la commission de wilaya des clubs de l’environnement au niveau de la direction de l’éducation, Mohamed Genoun.
«A partir de la prochaine rentrée scolaire, nous allons tenter d’élargir cette expériences à travers les 26 communes de la wilaya d’Oran», a-t-il affirmé, ajoutant que le projet nécessite la construction de petits bassins au niveau des établissements scolaires.
A hai «Essabah» et à «El-Kerma», les bassins dédiés à l’initiation à l’aquaculture ont été mis en place dans le cadre des clubs bleus, dont l’encadrement est assuré conjointement par la commission de wilaya des clubs de l’environnement au niveau de la direction de l’éducation et de l’association écologique marine «Phenicia».
Seize clubs bleus, impliqués dans des activités en rapport avec la mer, ont été créés dans les dernières années au niveau des communes littorales de la wilaya d’Oran, a indiqué M. Guenoun ajoutant que le nombre sera renforcé l’année prochaine.
Les clubs verts sont beaucoup plus nombreux. Ils sont plus de 480, actifs dans les établissements scolaires, répartis à hauteur de 60 % pour le cycle primaire et de 30 et 10 % pour respectivement les cycles moyen et secondaire, a-t-il fait savoir.
Ces clubs comptent plus de 8.000 adhérents qui participent à des activités écologiques à Oran et même dans d’autres wilayas de l’Oranie, a-t-il ajouté signalant qu’une formation a été récemment dispensée au profit de 97 enseignants sur l’encadrement des clubs verts.
L.S

Le poisson d’eau douce veut se faire une place

Parallèlement à l’encouragement de la culture piscicole dans les eaux douces, les services de la pèche œuvrent en vue de l’ancrage d’une culture de consommation de ce type de poissons chez les citoyens, qui semblent quelque peu rebutés par le poisson d’eau douce, en dépit de sa valeur nutritionnelle avérée, selon des spécialistes du domaine qui le recommandent pour le traitement de nombreuses maladies chroniques.
Selon le Pr Abdelkader Dilmi Bouras, nutritionniste de son état, les poissons d’eau douce sont riches en anti-oxydants avec un taux appréciable de sels minéraux, réputés bénéfiques pour lutter contre l’hypertension. En outre, le poisson d’eau douce contient un (1) g de sucre pour chaque 200 g de viande, ce qui le rend très conseillé pour les malades diabétiques. Ce nutritionniste a expliqué le rejet par les citoyens de ce type de poisson par l’absence, chez eux, d’une culture culinaire y afférente, outre les habitudes ancrées chez les Algériens, qui préféreraient, dans leur grande majorité, les poissons d'eau de mer.
Au titre des efforts visant le changement de ces habitudes alimentaires, parallèlement à l’accompagnement des projets des jeunes diplômés de la formation professionnelle en pêche continentale, la direction de la formation professionnelle de la wilaya de Chlef organisera prochainement la deuxième édition du Festival de cuisson et de dégustation des poissons d’eau douce, a-t-on appris auprès de son directeur, Hakim Azzerouk Zerraimi.
L.S