Pionnière sur la scène régionale

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Déclaration n «L’Algérie a réalisé des résultats probants dans le domaine de la  promotion de la femme entrepreneur la rendant pionnière sur la scène régionale et continentale», selon l’experte Djamila Sandok

Il y a quelques années à peine, le statut d’une femme chef d’entreprise était presque tabou, dans une société qui cite pourtant à longueur de journée la femme du Prophète (QSSSL) en exemple. Dans ce sens,  Nacera Haddad, la vice-présidente du FCE, n’a pas sous-estimé cet acquis constitutionnel. Dans une déclaration récente,  elle a indiqué aue «la révision de la Constitution était un événement déterminant dans la promotion des droits des femmes. On se battait pour le code de la famille, mais le président de la République est allé plus loin en consacrant la parité économique qui était un tabou auparavant». Il n’en demeure pas moins que la force des traditions et les esprits rétrogrades font que les obstacles demeurent et s’éternisent. Devant cette situation, nombreuses sont les interrogations qui surgissent et auxquelles nous tenterons de répondre.
Comment peut-on devenir femme d’affaires dans une société à forte tradition ? Qui sont-elles et d’où viennent-elles ces femmes chef d’entreprise ? Des questions qui peuvent paraître banales, mais dans un pays qui avait adopté en 1984 un code de la famille octroyant un statut de mineur à la femme, ces questions sont presque légitimes puisque ce texte de loi n’a été sérieusement réformé qu’en 2015.  11,6% du total national des femmes d’affaires sont installées à Alger. Elles sont 14 247 femmes entrepreneurs à exercer dans la capitale, ce qui fait de la wilaya d’Alger la première au niveau national.
Elle est suivie par Oran la capitale de l’Ouest avec 8 809 (7,2%), Tlemcen avec 5 400 (4,4%), Sidi Bel Abbes avec 5 162 (4%), 5 110 commerçantes exercent à Constantine (4,2%), 4 512 à Blida (3,7%), 4 249 à Tizi Ouzou (3,5%), 3 843 à Chlef (3,1%) et 3 281 à Tipasa (3,1%). Une situation devenue possible après la mise en place de plusieurs mécanismes accompagnant les femmes dans le processus de création d’entreprises notamment en milieu rural.
Les dispositifs d'aide à l'emploi et à l'investissement (Ansej, Angem, Cnac et Andi) étaient une occasion inespérée pour de nombreuses femmes qui avait de l’ambition, de la volonté et des idées  pour monter des projets qui, jusqu’à un passé récent, paraissaient  utopiques. Très motivées, les femmes qui se sont lancées dans cette aventure ne sont pas toutes instruites. Ce n’est qu’une infime minorité  qui a un diplôme universitaire, les autres sont partagées en deux catégories.
La première concerne les femmes qui ont un niveau d’instruction moyen et qui ont choisi de suivre une formation pour mieux aborder leurs projets. Pour l’autre catégorie, ce sont des autodidactes dans l’artisanat qui ont fini par lancer leur propre entreprise dans le domaine.
Assia Boucetta

Ces femmes qui ont réussi…
Pour assister et accompagner le nombre de plus en plus important de femmes qui s’engagent dans l’entreprenariat, Savoir et Vouloir Entreprendre (SEVE), une association des femmes chefs d’entreprise a signé une convention avec la Cnac, et une autre en cours d’approbation avec l’Ansej pour faciliter les démarches administratives aux femmes entrepreneurs qui a augmenté de 18 % en cinq ans, selon les services du registre du commerce.
Du BTP (bâtiment et travaux publics) à la sphère numérique en passant par la production pharmaceutique, nombreux sont les secteurs qui ont été investis par les femmes. La société EDECOR, une entreprise fondée en 1985 par Khadidja Belhadj est considérée comme une pionnière de l’entreprenariat féminin en Algérie. C’est l’une des femmes d’affaires les plus ambitieuses qui a brisé l’isolement.
Pour Khadidja Belhadj, il n’y a pas de secret pour réussir.
«La femme possède aussi des capacités de gestion d’entreprise au même titre que les hommes», insiste-t-elle. Mme Habes est autre figure emblématique de l’entreprenariat feminin. Elle est à la tête d’un grand groupe pharmaceutique, fort de trois laboratoires de production de médicaments et dermo-cosmétiques. INPHA-Medis, se distingue chaque année par ses performances. Déjà, en juin 2013, le réseau des femmes chefs d’entreprises algériennes (SEVE) l’a élue meilleure femme entrepreneure d’Algérie.
Cette génération de femme a le mérite d’avoir tracé la route aux jeunes Algériennes désirant se lancer dans une aventure d’entreprenariat.
Aujourd’hui le climat des affaires est plus propice pour la gent féminine qui bénéficie  de la consécration constitutionnelle de la parité économique d’où cette volonté observée chez de nombreuses femmes à concrétiser leurs propres projets. C’est le cas de la jeune Imane Haddad, âgée d’à peine 25 ans, qui a réussi l’exploit d’émerger en un laps de temps dans un secteur sensible que celui de la sphère numérique.
Dans ce secteur jusque-là largement dominé par les hommes, elle est directrice de GetFar Agency, une agence de communication 100% digitale. Imane reconnait : « La souplesse dans les démarches administratives a accéléré le processus».
A. B.