Prise de conscience

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Déclaration n «Il faut comprendre que l'énergie n'est plus prépondérante dans l'économie  mondiale, c'est en revanche l'économie du savoir qui a pris la relève»,  estime le Pr. Chitour.

Pour ce docteur des sciences, «l’école a un rôle à jouer en formant l’éco-citoyen au lieu de l’ego-citoyen actuel et en mettant en place un baccalauréat du développement durable».
Il rappelle à ce titre l’importance de rétablir l'enseignement des sciences exactes et  notamment les mathématiques et encourager et valoriser l'enseignant notamment sur le plan socio-professionnel si on veut redresser l’économie du pays. L’université devra, à ce titre, s’approprier les métiers féconds du développement durable. Et le commerce, par une mise en place de normes d’économie d’énergie notamment pour les appareils électroménagers, est en première ligne dans les achats. «Nous n’avons pas le choix, l’avenir du pays est à ce prix», insiste  le directeur du Laboratoire de valorisation des énergies fossiles à l’Ecole polytechnique d’Alger (ENP).
Les autorités semblent prendre conscience de cette réalité et de l’importance de relever le niveau de la formation pour soutenir le nouveau modèle économique. Les dernières mesures annoncées le laissent en tout cas supposer. Il s’agit de la transformation de neuf écoles préparatoires en écoles supérieures  spécialisées dans différentes filières économiques. Ainsi, l'Ecole préparatoire en sciences de la nature et de la vie d'Alger a été transformée en Ecole supérieure des sciences de l’aliment et des industries agroalimentaires avec pour mission  d'assurer la formation supérieure, la recherche scientifique et le développement technologique dans les différentes spécialités en contrôle de qualité et des analyses alimentaires. Quant à l'Ecole préparatoire en sciences et techniques de Tlemcen, elle a été convertie en  Ecole supérieure en sciences appliquées pour les différentes spécialités des énergies renouvelables.  S'agissant de l'Ecole préparatoire en sciences et techniques d'Annaba, elle devient l'Ecole supérieure de technologies industrielles qui assurera des formations dans les spécialités en  maintenance et fiabilité des systèmes industriels.
Concernant l'Ecole préparatoire en sciences économiques, commerciales et sciences de gestion d'Oran, elle devient l'Ecole supérieure d'économie spécialisée dans l'économie industrielle. Le Pr Chitour demeure néanmoins affirmatif : «Notre pays ne devrait plus compter que sur cette richesse de l’or noir, car nous allons avoir d’énormes problèmes à l’avenir». D’ailleurs, des problèmes commencent réellement à émerger avec l’épuisement des réserves de changes, selon notre expert pour qui  «le  gouvernement n’en fait pas assez en ce qui concerne notamment  les économies de l’énergie qui peuvent nous faire gagner jusqu’a 10 milliards de dollars».  
Les pouvoirs publics ont certes lancé plusieurs plans d’ajustement. Mais sans succès aucun en dépit de la remontée des prix du pétrole, dont le pays a bénéficié depuis 2001. Une manne estimée à 750 milliards de dollars. «On ne les a pas investis. On a fait beaucoup de social (construction de 3 millions de logements, achat de véhicules… feuilleton de l’autoroute). C’est bien. Mais j’observe que l’Algérien croit que tout lui est dû sans effort, il pense que c’est sa part de pétrole», a réagi le Pr Chitour .
Assia Boucetta

L'appel de l’Unep
Pour que l’entreprise publique puisse participer à faire sortir l'économie nationale de sa dépendance aux hydrocarbures, une réorganisation de la gestion des capitaux marchands de l'Etat est nécessaire, plaide l’Union nationale des entrepreneurs publics (Unep). L'organisation patronale appelle à mettre en place  un mode d'organisation qui soit en adéquation avec les orientations stratégiques induites par les différents plans de développement et les objectifs de rentabilité de l’Entreprise publique économique (EPE).  
L'Unep recommande dans ce sillage aussi la dynamisation de la Bourse pour le financement de l’économie.  La Bourse est à même, selon l’Unep, de mobiliser l’épargne, engager des mécanismes d’emprunt sans intérêt, créer des fonds d'investissement aptes à  capter l’argent de l’informel, développer le partenariat public/privé et développer la relation université/entreprise.  
L'Union se dit, par ailleurs, satisfaite des mesures économiques prises visant à développer le tissu industriel dans les secteurs à fort potentiel, préserver et créer l’emploi et protéger la  production nationale, moderniser le secteur bancaire et financier, développer et intensifier la démarche de partenariat.
Dans ce contexte économique marqué par la diminution des recettes d’exportation du  pays, l’organisation insiste sur la redynamisation de l'entreprise nationale économique, notamment publique pour conforter son rôle de la croissance.  
A. B.

Situation «difficile» mais «maitrisable»
n  La balance commerciale de l`Algérie a enregistré un déficit de 17,84  milliards de dollars durant l`année 2016, contre un déficit de 13,71 mds usd en 2015, soit un creusement de déficit de près de 5%. Interrogé sur la situation économique du pays, le ministre des Finances, Hadji Babaammi a reconnu qu’elle était difficile sur le plan financier mais que la situation est «maîtrisée». «Au vu des résultats économiques de l’année 2016, nous sommes très confiants sur la possibilité de surpasser cette situation, mais il faut qu’il y ait une discipline budgétaire dans l’application de la loi», a-t-il insisté. Il a rappelé, dans ce sens, la vision à moyen terme adoptée dans le cadre de la loi de finances 2017, qui est une stratégie en matière de gestion des finances publiques, qui va être aussi appliquée pour les prochaines lois de finances. Evoquant l’augmentation du taux d’inflation qui influe négativement sur le pouvoir d’achat des classes démunies, le ministre a imputé cette hausse à certains commerçants «qui ne respectent pas la loi».  Selon lui, «la hausse des prix produits alimentaires n’est pas la faute au gouvernement, c’est la faute de certains commerçants qui doivent rentrer dans l’ordre. Nous allons renforcer le contrôle des prix des produits de base. C’est une mission du ministère des Finances ».
A. B.