Soulagement de la population

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Constat n Le sud du pays a été, pendant plusieurs années, le théâtre de manifestation de jeunes sortis dans la rue pour crier leur ras-le-bol,  leur désespoir et l’absence de perspectives.

Ils réclament du travail et dénoncent le favoritisme des agences de recrutement pour les bases pétrolières du Sud qui ne privilégient pas les chômeurs de la région. Ne supportant plus ces disparités, les populations du Sud ont fini par se révolter contre les autorités concernées et exprimer leur exaspération face à leurs conditions de vie et le fait de voir les richesses locales bénéficier aux personnes issues notamment du nord du pays. Un membre de la représentation de wilaya de l’Organisation nationale de la société civile et de la promotion de la citoyenneté a qualifié, dans ce contexte, l’initiative de l’allégement de la facture d’électricité d’un «pas vers la réalisation de l’équilibre régional».
Cette mesure de soutien qualifiée unanimement d' «aubaine», a été largement saluée aussi par les universitaires, artisans et porteurs de projets, car elle contribue, estiment-ils, à aider les populations du Sud et à alléger le fardeau de leurs charges de consommation électrique, engendrées par les rudes conditions climatiques.  
Des agriculteurs d’El-Oued n’ont, eux également, pas été indifférents à cette mesure, eu égard à son impact direct sur le développement de l’agriculture. Des porteurs de projets, industriels et entrepreneurs en bâtiment, se sont, de leur côté, félicités de dispositif qu’ils présentent comme un encouragement et une incitation à la promotion de l’investissement et au développement du tissu industriel naissant dans la région. Le président du bureau de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) de la wilaya de Laghouat a estimé qu’il s’agit d’une «attention particulière» accordée en direction des régions du Sud, et de «socle» pour les efforts d’accompagnement de ces régions pour atteindre un développement social à la hauteur des potentialités qu’elles renferment. Cette décision vient ainsi affirmer la volonté des pouvoirs publics à calmer ce terreau fertile pour des protestations de plus en plus violentes.
L’allégement de la facture d’électricité traduit dans ce sillage l’orientation de l’Etat vers l’apport de solutions pragmatiques aux questions inhérentes de la région. Le président de l’instance de la société civile d’El-Oued, qui a valorisé l’initiative de réduire la facture de consommation électrique au profit des populations du sud du pays, qui, estime-t-il, constitue un «acquis» pour la population qui a eu déjà à se plaindre, de manière pacifique, de la réception de factures «salées» de consommation électrique.
Assia Boucetta

L’Algérie se tourne vers l’énergie durable
«Nous avons fixé des objectifs ambitieux et prometteurs pour les énergies renouvelables et nous sommes résolus à faire des 20 prochaines années une ère de véritable développement pour l'énergie durable», a souligné le ministre de l’Energie dans une interview au groupe britannique d’expertise économique, Oxford Business Group, publiée dans son rapport Algérie 2016.
 Ce programme prévoit l’installation d’une puissance de 47-51 TWh d'ici 2030, dont plus de 9 TWh d'ici 2020. La phase initiale de ce programme a déjà été lancée et, depuis la fin de 2016, l'Algérie a une capacité de 343 MW répartis sur 14 wilayas. Actuellement, 16 usines d'une capacité de 195 MW sont déjà fonctionnelles et fournissent de l'énergie renouvelable au réseau, et six autres le seront prochainement, selon Noureddine Bouterfa . Afin d'accélérer la mise en œuvre du dit programme, un appel aux investisseurs pour 4.000 MW en technologie solaire est finalisé par le secteur énergétique pour la mise en place des installations de production d'électricité à partir de sources renouvelables.  
L’appel permet aux investisseurs de construire des centrales pour l'énergie renouvelable sur des sites présélectionnés. Des études sur la connexion de ces sites au réseau électrique sont en cours pour déterminer la capacité des centrales électriques à installer. En plus du mécanisme d'appel d'offres pour les investisseurs nationaux et/ou étrangers pour former des partenariats, un mécanisme spécifique d'enchères de quantités d'énergie renouvelable sera mis en place pour les investisseurs nationaux.  
Le secteur des énergies, faut-il le rappeler, a réalisé jusqu'à présent 400 mégawatts à partir d'énergies renouvelables pour un investissement de 120 milliards de dinars. Cette énergie est notamment générée par la centrale électrique hybride de Hassi R'mel d'une capacité de plus de 100 mégawatts, la centrale solaire pilote de Ghardaïa (1,1 mégawatt), ainsi que les 22 stations électriques solaires d'une capacité de 343 mégawatts à travers 14 wilayas, dont 270 mégawatts d'ores et déjà en service et 73 mégawatts qui entreront en service fin janvier 2017.
A. B.

Que prévoit la nouvelle loi ?
n La loi de finance 2017 prévoit une hausse des financements destinés à réduire la facture d'électricité de 65% pour les ménages des wilayas du sud du pays et qui utilisent la basse tension dans la limite de 12.000 Kw/an, de même que pour les agriculteurs de ces mêmes wilayas pour la basse et moyenne tension dans la limite de 12.000 kw/an. Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, avait annoncé dernièrement qu'une «commission restreinte» a été créée pour examiner la possibilité de réduire les factures d'électricité pour les populations du Sud notamment durant l'été. «Cette préoccupation a été prise en compte dans le cadre de l'action gouvernementale et une commission retreinte se penche actuellement sur l’examen de cette question et présentera des propositions afin de prendre des mesures et des décisions à même de soulager le citoyen», a ajouté le ministre. La commission se penchera sur l'examen du pouvoir d'achat des populations du Sud, le taux de consommation électrique et les factures, selon le ministre de l’Energie. Les résultats des études seront soumis au Premier ministère et au ministère de l'Energie, les deux parties habilitées à prendre les mesures qui s'imposent en vue d'alléger la facture d'électricité dans les wilayas du Sud notamment en été. Il y a lieu de rappeler dans ce cadre les mesures prises par l'Etat depuis 2010 aux fins de réduire la facture d'électricité au profit des populations du Grand Sud dont une réduction de 50% conformément à la loi de finances complémentaire de 2011 et une autre de 10% en direction des clients du secteur économique hors agriculture conformément à l'article 69 de la loi de finances complémentaire de 2010.  
A. B.

Vers la hausse de la couverture électrique

Objectif n Accroître les capacités de couverture électrique au Sud favorisera l’augmentation de la production et l’encouragement des promoteurs industriels.

La wilaya de Laghouat, citée comme illustration de wilayas du Sud, a bénéficié, dans ce cadre, de plusieurs projets de développement pour la réalisation d’un linéaire de 975 km d’électrification, urbaine et rurale, pour un investissement de plus de 13,5 milliards DA, selon les services de la Sonelgaz de Laghouat. Il est relevé, à ce titre, la réalisation jusqu’ici de 479 km, raccordant 2.412 foyers, en plus de 395 km en cours de réalisation pour l’alimentation de 600 foyers. S’agissant de l’électrification agricole, un programme de 930 km est prévu, dont une tranche de 300 km est prise en charge par la Sonelgaz.  
Les statistiques fournies font état d’un linéaire de 100 km réceptionnés, 200 km en cours de réalisation et 300 km actuellement en phase des procédures réglementaires précédant leur lancement en réalisation.  
Ces projets sont susceptibles d’y renforcer les opportunités de développement socio-économique de la wilaya, notamment dans les domaines agricole et industriel. Illizi est l’autre wilaya qui a connu une augmentation des capacités de couverture électrique. Elle compte sept nouveaux transformateurs électriques en cours d’installation, dans le cadre du plan d’urgence de 2017 de la Société de distribution de l’électricité et du gaz du Centre (SDC-filiale de Sonelgaz). D’un montant de 178 millions DA, cette opération, retenue dans le cadre d’un programme prévoyant également la réalisation d’un réseau électrique de 31,66 km, porte sur l’installation de deux transformateurs dans la commune d’Illizi.  
La wilaya déléguée de Djanet a bénéficié de quatre de ces équipements, dont un pour la commune de Bordj El-Haouès, tandis que la commune d’In-Amenas s’est vu accorder un seul de ces équipements.    Cette opération, qui vise la couverture des quartiers Tikniouine et le centre ville d’Illizi et Azelouaz à Djanet, devra permettre, une fois ces installations mises en service, d’améliorer le réseau de distribution de l’électricité et d’éviter les perturbations dans la distribution de cette énergie, notamment en période estivale.
Même constat à Tindouf où le réseau électrique reliant la centrale électrique solaire à celle conventionnelle est en voie d’achèvement en vue de répondre à la demande en la matière de la population. D’un montant d’investissement de 1,9 milliard DA retenu au titre du programme national des énergies renouvelables, la centrale de production électrique à base d’énergie solaire, mise en exploitation en décembre 2015, renferme 37.000 plaques photovoltaïques , dans l’objectif de renforcer la production électrique et la satisfaction des besoins en énergie de la population locale.
La wilaya d’Adrar a bénéficié quant à elle d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 5 mégawatts.  Cette centrale photovoltaïque, réalisée sur 10 hectares devra permettre de diversifier les ressources énergétiques, de développer les moyens de production d’énergie renouvelables et de préserver l’environnement à travers une réduction des gaz à effets de serre.     
A. B.

Gain de cause après un bras de fer

Evénement n Adrar, Béchar, Biskra, El Oued… Plusieurs wilayas du sud du pays ont été le théâtre, l’année dernière, de protestation contre le prix de l’électricité.

La facture frôle, dans certains, foyers,  les 50.000 DA en raison de l’utilisation de plusieurs climatiseurs pour échapper aux températures suffocantes de l’été notamment. Des centaines de citoyens ont pris ainsi part à Adrar à une marche pacifique pour réclamer une réduction de la tarification de l’électricité au mois d’octobre dernier.  
Les participants ont hissé des slogans appelant à «revoir à la baisse» les tarifs de consommation de l’énergie électrique et de «les adapter aux revenus des citoyens».
Ils ont également évoqué les pics de chaleur record enregistrés dans la région, invitant les pouvoirs publics à «tenir compte de cette préoccupation» et à définir une tarification «symbolique» dans la facture d’électricité, voire «ne pas la comptabiliser durant les fortes chaleurs de l’été».  
Le directeur de la société de distribution de l’électricité et du gaz d’Adrar avait au lendemain de cette manifestation indiqué que les tarifications de l’électricité sont fixées selon le volume de consommation des clients, avant de rassurer les protestataires que ses services étudieront les moyens d’aider les clients à régler cette question à la condition que les clients s’engagent à s’acquitter de leurs factures.
Même scénario dans la localité de Chetma dans la wilaya de Biskra où plusieurs dizaines d’habitants se sont regroupés sur un axe routier de la Route nationale (RN) n° 31 et ont bloqué la circulation pour protester contre l’augmentation des tarifs d'électricité. Ces manifestants rassemblés sur la RN reliant la wilaya de Biskra à Khenchela ont revendiqué «une révision des tarifs d’électricité».
Le chargé des relations auprès de la direction régionale de la distribution d’électricité et de gaz SDE- Biskra, a fait savoir dans ce sillage que la tarification de l’électricité n’est pas déterminée et régulée au niveau local pour qu’il puisse répondre aux doléances des manifestants. Des centaines  de citoyens d’El-Oued ont eux aussi, organisé des actions de protestation contre la «hausse» des factures d’électricité. Au quartier El-Rimel, des protestataires en colère ont bloqué, pendant plus de deux heures, la circulation sur la route traversant leur quartier, à l’aide de pierres et de pneus brûlés, pour exprimer leur mécontentement des «hausses» des factures d’électricité et demander à l’entreprise de distribution d’électricité et du gaz de «revenir sur cette mesure».  
Des habitants issus de divers autres quartiers au chef-lieu de wilaya d’El-Oued, à l’instar d’El-Touba, Ouled Ahmed et El-Chouhada, ont observé, eux aussi, des actions de protestation similaires pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une «mesure injuste».   Ils ont hissé des banderoles sur lesquelles étaient mentionnées leurs revendications liées notamment à la «révision à la baisse de leurs factures d’électricité».  
Plusieurs quartiers à El-Oued ont vécu, pendant plusieurs jours, des mouvements de protestation pour contester l’augmentation de la facture de la consommation de l’énergie électrique jugée «excessive» et ne répondant pas, selon eux, aux attentes des populations dans cette wilaya du Sud caractérisée par ses fortes chaleurs.
A. B.

Enfin des projets pour la région !
n Cette décision vient s’ajouter aux nombreux grands projets qu’a connus le Sud ces dernières années, une autoroute de 1 000 km pour relier Alger à Ghardaïa pour plus d'un milliard d'euros, deux hôpitaux hospitalo-universitaires (CHU) et des centres anti-cancer dans deux villes du Sud, Bechar et Ouargla, pour 100 millions d'euros, des projets de transfert d'eau et création de dix entreprises publiques. Faut-il aussi rappeler la réalisation du grand projet de transfert d'eau entre In Salah et Tamanrasset, sur 750 km, pour plus de deux milliards de dollars.
A. B.