Marches anti et pro-régime, émeutes et pillages / Venezuela : un pays sous haute tension

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Violences n L'opposition vénézuélienne appelle à de  nouvelles manifestations contre le président Nicolas Maduro ce jeudi, au lendemain  de vastes rassemblements au cours desquels trois personnes ont été tuées et une  trentaine arrêtées.

Des troubles sporadiques se sont poursuivis dans la nuit d’hier dans certains quartiers de Caracas et d'autres villes, avec des pillages  de boulangeries et supermarchés. Hier, en fin de journée, le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles  a donné rendez-vous aux manifestants.
"Demain à la même heure, nous appelons le  peuple vénézuélien tout entier à se mobiliser", a-t-il dit lors d'une  conférence de presse de la Table de l'union démocratique (MUD), la coalition de  l'opposition.
Huit personnes ont été tuées et plus de 500 arrêtées en trois semaines,  selon l'ONG Foro Penal, dans ce pays qui vit une grave crise politique et  économique et où l'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, veut obtenir le départ anticipé du président socialiste.
Des centaines de milliers d'opposants ont défilé hier à Caracas et dans  de nombreuses autres villes du Venezuela.    Un adolescent de 17 ans et une jeune femme de 23 ans ont été tués,  respectivement à Caracas et San Cristobal (ouest, à la frontière avec la  Colombie) par les tirs d'inconnus cagoulés à moto, selon le parquet.   
D'après des témoins, les auteurs des tirs font partie dans les deux cas des  "colectivos", des groupes de civils armés par le gouvernement selon  l'opposition.  Parallèlement, un militaire a été tué par des manifestants dans la  périphérie de Caracas, a affirmé en soirée à la télévision l'un des principaux  responsables du pouvoir, Diosdado Cabello. Le parquet a confirmé à l'AFP la mort d'un militaire.  
Pendant la journée, dans un climat extrêmement tendu, les accès de la  capitale ont été bloqués par un important déploiement policier et militaire,  qui repoussait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc les  manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov. "Il faut sortir de cette dictature. Nous sommes fatigués, nous voulons des  élections pour que Maduro s'en aille du pouvoir, car il a détruit le pays", a  déclaré une manifestante, Ingrid Chacon, secrétaire de 54 ans brandissant le  drapeau jaune, bleu et rouge du Venezuela.  
Un adolescent de 17 ans et une jeune femme de 23 ans ont été tués,  respectivement à Caracas et San Cristobal (ouest, à la frontière avec la  Colombie) par les tirs d'inconnus cagoulés à moto, selon le parquet.   
D'après des témoins, les auteurs des tirs font partie dans les deux cas des  "colectivos", des groupes de civils armés par le gouvernement selon  l'opposition.  Parallèlement, un militaire a été tué par des manifestants dans la  périphérie de Caracas, a affirmé en soirée à la télévision l'un des principaux  responsables du pouvoir, Diosdado Cabello. Le parquet a confirmé à l'AFP la mort d'un militaire.  

Non à «l’interventionnisme»
l Le gouvernement de M. Maduro a dénoncé "l'interventionnisme" des  Etats-Unis, après des déclarations du secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson  affirmant que le pouvoir vénézuélien "viole sa propre Constitution".  M. Tillerson s'est également dit "préoccupé" par la situation dans ce pays,  où huit personnes ont été tuées en trois semaines de contestation. "Le monde et le Venezuela sont profondément préoccupés par les récentes  bombes lancées par les Etats-Unis sur la Syrie et l'Afghanistan", a rétorqué  sur Twitter la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères Delcy Rodriguez.

 Pression internationale
 M. Maduro a activé depuis mardi un plan de défense renforçant la présence  policière et militaire. Hier, il a annoncé l'arrestation de 30 personnes,  accusées de vouloir provoquer des violences lors des manifestations, ajoutant  être, grâce à son plan de défense, "en train de démanteler le coup d'Etat  terroriste" fomenté selon lui par les Etats-Unis.  Washington a rejeté ces accusations "infondées et déraisonnables" par la  voix de son représentant intérimaire à l'Organisation des Etats américains  (OEA), Kevin Sullivan. La vague de manifestations a débuté le 1er avril quand la Cour suprême  s'est arrogé les prérogatives du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique  qui l'a poussée à revenir en arrière 48 heures plus tard.  L'opposition a dénoncé une tentative de coup d'Etat, mais cet épisode lui a  aussi donné un nouveau souffle.  Toute échéance électorale est risquée pour Nicolas Maduro, dont sept  Vénézuéliens sur 10 souhaitent le départ. Il a pourtant assuré mercredi  souhaiter des élections "bientôt", pour "gagner définitivement" la bataille.

«Rien à manger»  
n J'ai un enfant de deux  ans et je suis au chômage, tout ça par la faute de Maduro", a confié à l'AFP  Jean Tovar, 32 ans, des pierres plein les mains.  Dans la capitale et parfois à quelques mètres seulement de leurs  adversaires, les chavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013)  manifestaient en faveur du chef de l'Etat, certains brûlant des drapeaux  américains en signe de colère. De nombreux commerces et stations de métro de Caracas étaient fermés. Deux  chaînes de télévision, El Tiempo (Colombie) et Todo Noticias (Argentine) ont  indiqué avoir été coupées au Venezuela durant les manifestations mercredi.