Première communauté chrétienne du Moyen-Orient

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Constat n La montée d'un islam rigoriste aggrave le sentiment de marginalisation des  Coptes, surtout depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février 2011.

Les Coptes d'Egypte, cibles d'un  attentat ce dimanche à Tanta dans le Delta du Nil,  représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et  l'une des plus anciennes.  
Près de 10% des 90 millions d'Egyptiens appartiendraient à la communauté  copte dans un pays où les musulmans sunnites représentent une immense majorité.   
Les Coptes remontent à l'aube du christianisme, à l'époque où l'Egypte est  intégrée à l'empire romain puis à l'empire byzantin après la disparition de la  dernière dynastie pharaonique des Ptolémées, d'origine grecque. Le mot "copte"  a d'ailleurs la même racine que le terme "Égyptien" en grec ancien. Leur déclin commence avec les invasions arabes du VIIe siècle et  l'islamisation progressive du pays.  Les Coptes sont présents dans tout le pays, avec des concentrations plus  fortes en Moyenne-Egypte. On les trouve également dans toutes les catégories  sociales, des éboueurs misérables du Caire ("zabbaline") aux grandes familles  patriciennes comme les Boutros-Ghali. Faiblement représentés au gouvernement, les Coptes s'estiment tenus à  l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la  police.  
Ils déplorent également une législation très contraignante pour  l'édification des églises, alors que le régime pour les mosquées est très  libéral.  Le 11 décembre, un attentat suicide revendiqué par le groupe jihadiste Etat  islamique (EI) a visé en pleine célébration une église copte du Caire, faisant  29 morts.  Le 1er janvier 2011, un attentat non revendiqué avait fait 23 morts, en  grande majorité chrétiens, à la sortie d'une église copte après la messe du  Nouvel An à Alexandrie, deuxième ville du pays. La montée d'un islam rigoriste aggrave le sentiment de marginalisation des  Coptes, surtout depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février 2011.  
Le 8 mars 2011, 13 personnes sont tuées lors d'affrontements entre  musulmans et Coptes dans le quartier déshérité de Moqattam au Caire. Deux mois plus tard, des affrontements entre musulmans et Coptes font 15  morts et plus de 200 blessés dans le quartier populaire d'Imbaba au Caire où  une église est attaquée et une autre incendiée.  

Images de l’horreur

n "L'explosion a eu lieu aux premiers rangs, près de l'autel, durant la  messe", a précisé à l'AFP le général Tarek Atiya, adjoint du ministre de  l'Intérieur en charge des médias.  Des images diffusées par la chaîne de télévision privée Extra news  montraient le sol et les murs blancs de l'église couverts de sang, ainsi que  des bancs en bois déchiquetés

Représailles

n La minorité chrétienne a subi les représailles d'islamistes radicaux qui  lui ont reproché d'avoir soutenu l'éviction en juillet 2013 de l'islamiste  Mohamed Morsi, le seul président élu démocratiquement d'Egypte, un an tout  juste après son accession au pouvoir.  Depuis l'été 2013, plus de 40 églises ont été incendiées ou endommagées,  ainsi que des dizaines d'écoles, de maisons et de commerces appartenant à des  Coptes, selon Human Rights Watch, qui accuse les forces de l'ordre d'avoir été  absentes lors de ces attaques confessionnelles.

Al Azhar condamne

n Al Azhar, prestigieuse institution de l'islam sunnite basée  au Caire, a condamné cette attaque contre "des innocents". "L'objectif de cet  attentat terroriste lâche est de déstabiliser la sécurité et la stabilité de  notre Egypte, et l'unité du peuple égyptien, ce qui exige de toutes les  composantes de la société qu'elles restent soudées", a-t-elle ajouté