L’Etat décidé à veiller au grain

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Perspectives n L’avenir est donc plus que tracé et l’Etat est en passe de gagner son pari d’amener progressivement les grandes marques à produire tous leurs composants  en Algérie, moteurs, pièces détachées, composants plastiques, électriques, pneumatiques…

Le 21 décembre 2016, lors de l’inauguration de la «Foire de la production nationale d’Alger», le Premier ministre avait particulièrement insisté devant les responsables de Renault Algérie sur la nécessité de doubler la production et de la diversifier pour répondre à la demande nationale.
Le Premier ministre avait également annoncé une réduction des quotas d’importation de véhicules durant les prochaines années, ce qui confirmait la volonté du gouvernement à organiser vigoureusement l’industrie automobile nationale. En janvier 2016, le gouvernement impose  des quotas d’importation  administrés.
Le contingent global des véhicules avait  été fixé initialement  à 152 000 unités pour l'année 2016 avant  d’être réduit à 98 374 unités pour une valeur de moins de 1 milliard de dollars. Entre les  pics  historiques  de 2012 et 2016,  les importations de véhicules ont été divisées par 6. Résultat, les investissements dans le secteur automobile ont bondi et de plus en plus de marques se mettent à la production locale sur toute la chaîne de valorisation de l’automobile. Un réseau embryonnaire de sous-traitants est annoncé pour bientôt, grâce à l’implication de partenaires privés nationaux, qui ont vu dans l’essor de la production locale des véhicules, une porte grande ouverte dans le secteur très diversifié de la sous-traitance automobile.
L’avenir est donc plus que tracé et l’Etat est en passe de gagner son pari d’amener progressivement les grandes marques à produire tous leurs composants  en Algérie, moteurs, pièces détachées, composants plastiques, électriques, pneumatiques etc.
Tout paraît donc aller pour le mieux et l’avenir de l’industrie automobile nationale, désormais bien encadrée, s’annonce florissant, y compris en matière de création d’emplois car ce secteur emploie une grande quantité et une variété de main-d’œuvre et fait travailler collatéralement des milliers de PME-PMI. Néanmoins,  un doute demeure quant à la finalité attendue de cette dynamique irrésistible qui s’est emparée de l’automobile.
H.  H.

Combien (et à qui) ça coûtera ?

Impératif n Il faut que les marques jouent le jeu et ne se contentent pas d’accélérer uniquement le rythme
de montage de leurs véhicules, mais également celui des investissements de leurs sous-traitants.

Pour les plus optimistes quant à l’avenir radieux de l’industrie automobile nationale, le fait que cette activité soit très étroitement encadrée par les pouvoirs publics constitue le meilleur gage de sécurité qui soit : pour eux, l’Etat va certainement continuer à resserrer les vis de l’importation brute de véhicules, pour faciliter toujours davantage les investissements directs des constructeurs, une sorte de relation win-win où il sera interdit de tricher de part et d’autre.
Autrement dit, l’enjeu consiste à persuader les grandes marques avides d’accumuler les records de ventes, que leur intérêt, tout comme celui de l’Algérie, réside dans leur totale adhésion à la démarche algérienne, c’est-à-dire qu’ils devront persuader leurs propres sous-traitants de les accompagner in situ en Algérie afin que le taux d’intégration souhaité par l’Algérie, 30% minium dans un premier temps, soit rapidement atteint.
Il n’est pas question que, grâce aux 500 000 véhicules toutes marques confondues qui seront fabriqués en Algérie d’ici 2020, le marché automobile national ne profite qu’aux fabricants pour écouler des flots de voitures, sans générer une forte valeur ajoutée en matière d’emploi local, d’usines de fabrication de pièces détachées, de réseau de PME-PMI spécialisés et de densification du tissu industriel national.  Pour cela, il faut que les marques jouent le jeu et ne se contentent pas d’accélérer uniquement le rythme de montage de leurs véhicules, mais également celui des investissements de leurs sous-traitants.
C’est à ce prix que l’Algérie pourra rattraper son retard dans ce créneau et espérer voir, très vite, fleurir sur l’ensemble de son territoire des PME-PMI qui fabriquent l’ensemble des composants des véhicules automobiles et offrent de nombreuses et nouvelles opportunités d’emploi à toute cette jeunesse qui attend de pouvoir enfin entrer dans le très désiré monde du travail.
H. H.