Les larmes de Mme Touri

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Sort n Après avoir tout donné par passion,  des acteurs, des comédiens et des chanteurs sont morts dans l'anonymat le plus total et quelquefois même dans la misère.

Certes tous nos artistes ne sont pas morts de faim. Quelques uns malheureusement n'ont rien laissé derrière eux à leurs héritiers comme Touri. Son épouse, il y a quelques années avaient pleuré en direct à la télévision à partir d'un centre pour personnes âgées où elle terminait ses vieux jours.    
Mais il faut faire la part des choses, dans cette affaire. Il y a des artistes, quelle que soit la filière qu'ils ont investie,  qui ont fait fortune à la fin de leur carrière et ont terminé leur vie confortablement. Ils sont plutôt rares mais ils existent.
Une précision s'impose tout de même, il ne s'agit pas dans ce dossier d'évaluer la  fortune  de l'un et de l'autre.
D'abord parce que cela n'intéresse personne et ensuite parce que nous préférons  axer notre argumentaire sur le statut très flou de ces travailleurs de l'art. En fait et jusqu'à une date très récente, ils n'avaient aucun  statut.
Après avoir tout donné par passion, des acteurs, des comédiens et des chanteurs sont morts dans l'anonymat le plus total et quelquefois                                   même dans la misère. Un artiste originaire de l'est du pays a terminé sa vie en faisant la manche et en implorant la pitié des passants. Sid Ali Haouet  par exemple l'un  des meilleurs humoristes d'Algérie, et qu'on  surnommait "Fernandel" a fait rire des génération à la salle Pierre  Borde (aujourd'hui                                                                        Ibn Khaldoun) s'est pris en charge par ses propres moyens pour se soigner en France.
Il reviendra au pays les pieds devant dans un cercueil sans que la moindre autorité ne daigne lui rendre hommage à l'aéroport.    
Prenons un autre cas, celui de Ahmed Wahbi. Il est né dans un bateau                                         entre Marseille et Oran dans les eaux internationales. Le nom de Wahbi est un nom de music hall qu'il a emprunté à Mohamed Abdelwahab dont il était un fervent admirateur.
Avec sa chanson fétiche en 1958 (y a touil Erragba, en référence aux monts des aurès) Wahbi fera partie des  gens à surveiller de près par
l' administration française.          
Il rejoindra la troupe artistique du FLN à Tunis et se produira en Afrique et en Asie sous la bannière de
l'Algérie combattante.
Une fois l'indépendance acquise,  il se mariera avec une Tunisienne, s'installera à Oran pour repartir aussitôt au Maroc pour mettre du beurre dans les épinards comme on dit. Ni beurre ni épinards malheureusement, l'artiste rejoindra Oran pour se produire le soir... dans les cabarets...
Voilà comment Wahbi a pratiquement terminé ses vieux jours non sans sortir quelques très beaux disques.
Malade, il sera  admis  à Aïn Naâdja. Mourant, il sera transféré en France pour soins  grâce au défunt président Chadli qui interviendra personnellement pour lui.                                                                    
I. Z.

Prise de conscience

Cérémonie n L'hommage que la télévision nationale a rendu un soir au chanteur, Khelifi Ahmed a ému tous les Algériens et quelques fans de l'artiste ont même laissé couler des larmes.

Bien sûr l'artiste n'est pas un citoyen à part avec des privilèges à part, c'est un citoyen comme vous et comme moi avec ses défauts et ses qualités mais il a en  plus l'art d'exprimer tous les sentiments de tous les hommes dans ses œuvres .
Voilà en quoi il est différent de nous et voilà pourquoi il mérite un traitement différent.
C'est pourquoi d'ailleurs la radio d'état, la télévision le plus lourd des médias, ainsi que  des journaux nationaux ont pris l'habitude depuis quelques années de rendre des hommages publics à ces hommes et à ces femmes si particuliers.
Un peu comme les jubilés des sportifs. Tout le monde est invité en général à ce genre de manifestation : Les autorités, le public, les amis et la famille proche de l'artiste qui a droit à un discours très émouvant et très élogieux sur s carrière. Il a droit à des cadeaux souvenir, souvent de grande valeur eu égard à son œuvre  et à sa longue carrière.  L'hommage que la télévision nationale a rendu un soir au chanteur, Khelifi Ahmed a ému tous les algériens et quelques fans de l'artiste ont même laissé couler des larmes. Peu à peu les consciences se réveillent et mesurent les hommes et les femmes de l'art à leur juste valeur.
En France par exemple, pour pérenniser le souvenir d'un homme de talent qui aura beaucoup apporté à l'écran, on organise de temps à autre des cycles consacrés à l'œuvre  soit de l'auteur soit du metteur en scène.
Et cela soit par le biais de cinés club soit par le biais de la télévision.
Les islamistes ou du moins les terroristes dans notre pays ont parfaitement compris  la valeur de nos artistes et leur implication dans tous les milieux. C'est pourquoi, ils ont décidé de les éliminer physiquement un à un.
Noua rappellerons pour mémoire l'assassinat de Abdelkader Alloula, celle de cheb Hasni, l'enlèvement de Matoub Lounès qui a vu la mort de près et l'assassinat de l'instrumentaliste Baba Ahmed et la liste n'est pas close.
I. Z.

L'appel de la République citoyenne

n En France, les artiste sont tellement choyés et respectés, comme les chanteurs par exemple, que l'état fait souvent appel  à leur voix et à leur talent pour se produire dans les plus hautes manifestations de la République :  L'enterrement par exemple d'un grand commis aux invalides ou de soldats tués sur un front quelconque pour services rendus à la patrie.
Chez nous, nos artistes ne sont sollicités que pour des fêtes.
... La vie n'est pas que fêtes il nous semble.
I. Z.