Nouvelle dynamique

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Défis n L'année scolaire 2016/2017 aura été une «année pédagogique par excellence» en raison du nombre des dossiers ouverts.    

La rencontre d’évaluation prévue au cours de ce mois a été précédée par une réunion régionale pour définir avec précision les besoins et les capacités de chaque wilaya en matière de postes budgétaires, d’infrastructures scolaires, d’encadrement pédagogique et administratif afin de combler tout déficit avant la prochaine rentrée scolaire. Cette conférence régionale sera suivie par deux autres rencontres similaires au niveau de l’est et du centre du pays, avant la tenue de la conférence nationale pour présenter un rapport détaillé à la ministre de l’Education. Les directeurs de l’éducation ont été instruits, dans ce cadre, à mettre en place une base de données statistiques «fiable» pour une meilleure maîtrise de la gestion des ressources humaines, matérielles et financières. Il s’agit aussi de définir les zones dites enclavées pour mettre sur pied une stratégie de prise en charge propre et l’ouverture du dialogue avec le partenaire social au niveau local.  Cette nouvelle dynamique du secteur  a  pour objectif, entre autres, l’amélioration de l’enseignement et la formation des formateurs. L’empreinte principale de la rentrée scolaire 2016-2017 est ainsi d’ordre pédagogique après celle de 2014-2015 qui était l’année de l’évaluation du système avec l’organisation, en juillet 2015, d’une conférence nationale qui a engendré près de 200 recommandations pour réformer un système qui a enchaîné les échecs depuis les années 80. L’Algérie consacre pourtant
4,3 % de son PIB à l’éducation, un secteur qui ne parvient toujours pas à s’imposer en l’absence, pendant longtemps, d’une stratégie conduite par des experts. L’éducation doit faire face à de nouveaux défis qui sont la modernité et une société de plus en plus exigeante et en constante mutation. Les parents y cherchent, aujourd’hui, les meilleures opportunités pour la scolarisation de leurs enfants. Ce qui explique la demande importante sur les écoles privées et la démarcation du système public pour ceux qui ont les moyens. L’arrivée de Nouria Benghabrit et son engagement à bâtir une école de qualité répondant aux aspirations de la société a laissé entrevoir une lueur d’espoir en dépit de la résistance affichée par certains clans. Des programmes améliorés ont été, dans ce sillage, introduits dans les premières années des cycles primaire et moyen en attendant l’arrivée des programmes de nouvelles générations pour les autres paliers. Benghebrit se défend, par ailleurs, et insiste sur le fait qu’«abandonner certaines décisions n'est pas une chose négative», rappelant que son département ministériel avait une «vision prospective» et non le contraire comme tentent de le véhiculer certains discours. Elle a estimé que «la société a le droit d'être informée sur tout ce qui a trait au secteur». Le ministère de l'Education nationale a abandonné l'agenda du baccalauréat qui se déroulera sur quatre jours au lieu de trois, la durée des vacances d'hiver qui sont passées de 10 à 18 jours selon le vœu des élèves.
Assia Boucetta

Développer la pensée logique chez l’élève

Nécessité n Les directeurs des établissements sont appelés à prouver leur capacité à drainer la communauté éducative, les élèves et les parents, derrière le projet éducatif élaboré par le ministère.

Ces mêmes dirigeants ont besoin de prouver leur professionnalisme en matière d’encadrement pédagogique et disciplinaire à l’intérieur de l’école. Au cours d'une rencontre avec le corps de l’Education nationale, la ministre a annoncé qu’une référence en matière de formation est actuellement en cours d’élaboration pour toucher tous les corps de l’Education nationale y compris les directeurs des établissements et les inspecteurs.   «Ces corps seront accompagnés pour améliorer l’exercice de leur fonction et de leur rendement», a-t-elle souligné. La qualité de l’éducation se mesure aussi aux résultats des élèves aux tests standardisés nationaux et internationaux. La qualité de l’enseignement et les programmes enseignés sont, dans ce sens, déterminants pour l’engagement des élèves qui, malheureusement, sont souvent otages de l’instabilité chronique dont souffre le secteur depuis quelques années. Car, on ne peut pas occulter la responsabilité de la société, du personnel enseignant, des médias  et de certaines parties à l’origine de dérapage, de manifestations et de grèves cycliques que connaît le secteur. Pour l’heure, certes, «tout n’est pas rose dans notre paysage scolaire, loin s’en faut. Mais une chose est certaine, le démarrage est activé qui doit mener l’école algérienne vers cette école de qualité rêvée par les parents. Une école qui ne saurait tourner le dos aux normes internationales et aux progrès des sciences de l’éducation», assure Ahmed Tessa, pédagogue, avant de passer en revue quelques mesures d’ordre pédagogique recommandées par la Conférence nationale d’évaluation de la réforme. Il s’agit notamment «des nouveaux programmes qui ne s’appuient plus sur la mémorisation à outrance, privilégiant le développement, chez l’élève, de la pensée logique et des fonctions intellectuelles supérieures telles que l’analyse, la synthèse et l’esprit critique». «Le programme d’éducation islamique se propose de gommer les mauvaises interprétations charlatanesques véhiculées depuis des lustres», outre «la réhabilitation du patrimoine littéraire national. Toutefois, «des points noirs persistent qui perturbent l’épanouissement et le mieux-vivre scolaire» de nos élèves», dit-il. Il citera à ce propos «l’indéboulonnable système d’évaluation par les notes-sanctions et les examens-tombola hérités de la France jacobine du XIXe siècle». L’école algérienne est, par ailleurs, «la seule au monde à dispenser un total de 24 à 28 semaines de leçons à ses élèves, alors que partout ailleurs, la norme internationale est respectée (entre 36 et 38 semaines)», a révélé Tessa. Le bachelier algérien arrive à l’université avec une perte d’environ 2 années de cours cumulée sur toute sa scolarité, selon le pédagogue.
A. B.

55 000 fautes d’orthographe dans 65 000 copies

Perspective n Une série de mesures pragmatiques concernant le système d'évaluation pédagogique sera mis en place à compter de la prochaine rentrée scolaire 2017/2018.

L'évaluation pédagogique à l'heure actuelle est purement «quantitative» car reposant sur la notation qui met en valeur la seule capacité de mémorisation alors que l'évaluation devrait inclure les capacités de l'élève en termes de réflexion intellectuelle, analytique et déductive et d'expression orale pour dévoiler son véritable potentiel, plaide Benghabrit.  Elle a rappelé, à ce propos, que les efforts consentis en matière d'amélioration du volet pédagogique dont l'actualisation du contenu d'enseignement et son adaptation aux dispositions de la loi d'orientation et la stratégie nationale sur le traitement pédagogique « -ne donneront pas les résultats escomptés si ils ne venaient pas à être assortis d'un système d'évaluation efficace qui tienne compte de toutes les capacités de l'élève».  Le ministère avait, il y a quelques mois,  rendu publics les résultats d’une expertise sur l’évaluation des résultats de l’examen de 5e. Le rapport fait état que sur plus de 65 000 copies d’examen de la 5e année examinées, il a été relevé
55 000 fautes d’orthographe, notamment en langue arabe. Les élèves, notamment ceux du premier palier, ne maîtrisent, donc, pas l’écriture de la langue de base de l’enseignement national qui est l’arabe d’où l’urgence de mettre en place des mécanismes qui permettront l’évolution des élèves dans la maîtrise de cette langue de base. Car c’est à travers cette évolution que les élèves pourront plus facilement adopter d’autres langues et matières.
«Il faut mettre en place une stratégie nationale de remédiation pédagogique sur les langages fondamentaux , a expliqué Benghabrit. Le rapport d’analyse et d’évaluation du système pédagogique national, élaboré par des experts et des universitaires durant une année à travers 9 wilayas, a fait ressortir, par ailleurs, qu’un nombre important d’élèves refait plusieurs années avant d’achever leur cursus scolaire. «Seule la mise en place d’une stratégie nationale pour la remédiation du système pédagogique pourra mettre fin à la déperdition scolaire et au redoublement», répond à ce sujet la ministre. «Le redoublement répétitif, ce sont des occasions perdues qui n’ont pas été bien exploitées. C’est un investissement perdu pour la société. Le phénomène du redoublement veut dire que l’élève n’a pas obtenu l’enseignement qu’il devait avoir en présence de l’enseignant», a- t-elle ajouté. Et de poursuivre : «Il est plus que jamais indispensable que le système pédagogique national produise des idées pour aller à un système qui produira de la connaissance et du savoir. Le défi, aujourd’hui, n’est pas d’offrir seulement une éducation scolaire mais aussi une éducation scolaire de haute qualité», estime la ministre qui a également plaidé pour «une école dynamique et créative» et sur l'échange d’expériences pour en tirer profit.  Elle a préconisé, dans ce cadre, des jumelages entre les établissements scolaires afin de permettre aux élèves brillants d’accompagner leurs camarades éprouvant des difficultés dans leur scolarité.  
A. B.

Premier trimestre : des résultats identiques à ceux de 2015
Les résultats du premier trimestre de l'année scolaire 2016-2017 ne sont pas loin de ceux enregistrés durant la même période de l'année précédente révèle le département de Benghabrit.  En attendant le rapport de l’Inspection générale du ministère qui sera présenté  à la fin du mois sur les résultats du premier trimestre, «les données disponibles indiquent que les résultats de ce premier trimestre ne sont pas loin de ceux enregistrés en 2015-2016», a souligné la ministre. «En cas de dysfonctionnements lors de l'exécution des programmes, notamment ceux qui concernent les première et deuxième années de l'enseignement primaire et la première année du moyen, l'inspecteur est appelé à les corriger à travers la refonte pédagogique» a-t-elle ajouté. «Les éventuelles lacunes toucheraient certaines matières et établissements seulement» a-t-elle précisé, affirmant que «les enseignants estiment que les résultats insatisfaisants observés dans certaines matières sont justifiés par le fait que le premier trimestre soit le plus long et le plus difficile pour l'élève».
A. B.

Le respect des horaires dans l’éducation civile

La ministre de l’Education a affirmé que les raisons évoquées par les candidats exclus de l'examen du Baccalauréat en 2016 «ne sont pas vraies» et que les concernés «étaient en retard de plus d'une demi heure» soulignant que l'entrée aux centres d'examen est prévue 30 minutes avant le début des épreuves. La ministre a rappelé qu'il est fait obligation au candidat dans la convocation du baccalauréat de «se présenter une demi-heure avant le début des épreuves» et qu'il est averti que «tout retard le privera de passer l'examen et l'exposera à l'exclusion définitive».   Cette obligation vise à permettre au candidat d'avoir «une préparation psychologique» et de bénéficier des orientations des enseignants surveillants.  L'ouverture des plis des sujets se fait à 8h30 après quoi aucun candidat n'est autorisé à accéder au centre d'examen, a-t-elle dit. Cette interdiction a pour objectif également de «contrecarrer toute tentative de fraude par l'envoi des sujets à l'extérieur via les nouvelles technologies, ce qui constitue une atteinte à la crédibilité de l'examen et au principe d'équité et de mérite».  Mettant l'accent sur l'importance de campagnes d'information et de sensibilisation pour amener les élèves au respect des horaires, la ministre a appelé à l'introduction de cette valeur dans les cours d'éducation civile.
A. B.