EN / Après la débâcle du Gabon : Leekens démissionne

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02Le sélectionneur national Georges Leekens ne poursuivra pas sa mission à la tête des Verts. La FAF a confirmé ce matin la démission du technicien belge suite au faible niveau affiché par l’équipe d’Algérie à la CAN-2017 où elle a quitté la scène dès le premier tour.

Fiasco n Finalement, il aurait été préférable pour les Verts de rester à la maison et de ne pas prendre part à la 31e édition de la CAN-2017.
En effet, l’équipe nationale algérienne de football a réalisé l’une de ses plus mauvaises participations à une phase finale de Coupe d’Afrique des nations. Avec zéro victoire, une défaite et deux nuls, l’Algérie est parmi les plus faibles nations de ce rendez-vous du football continental. Il n’y a que la Guinée Bissau et le Zimbabwe avec un point, qui ont fait pire dans cette CAN, alors que le Togo et le Mali (un point chacun) et l’Ouganda (0 point) ont un match en plus à disputer faisant que l’Algérie risque de rester au bas du classement général. La Coupe d’Afrique des nations 2017 a été un double échec. Le premier est de l’ordre organisationnel, il y a deux ans, lorsque la CAF avait décidé de confier l’organisation de cette compétition au Gabon. Ce premier revers a été très mal perçu par les Algériens, qui ne s’attendaient pas à voir un petit pays comme le Gabon lui ravir l’honneur d’accueillir les grandes nations du football africain sur son sol, alors que le gouvernement a mis tous les moyens pour cet évènement. Le deuxième échec est sportif puisque la bande à Leekens a tout simplement raté sa mission. L’équipe nationale a perdu son football et ne fait plus peur même aux petits du continent, à l’image du Zimbabwe, qui lui avait imposé le nul. Un nul que beaucoup de spécialistes ont qualifié de volé. Même lors du troisième match, l’Algérie a eu toutes les peines du monde pour venir à bout des remplaçants du Sénégal. Après des premières minutes à l’avantage des hommes de Cissé, les Algériens ont réagi grâce à Islam Slimani, qui a transformé la première occasion que les Verts se sont procurés. Un centre de Sofiane Hanni sur le côté gauche a permis au buteur des Verts, bien embusqué dans les six mètres, de reprendre le cuir du plat du pied pour ne laisser aucune chance au gardien de but sénégalais, Khadim Ndiaye. Mandi de la tête (13’), Mahrez d’un tir des 20 mètres, avaient la possibilité d’aggraver le score, avant que ce dernier ne rate son face-à-face avec le gardien de but, qui a bien anticipé son tir croisé pour détourner le ballon en corner (33’). En multipliant les ratages, le Sénégal s’est offert l’égalisation sur sa première véritable occasion. Un énorme flottement défensif ajouté un dégagement approximatif de Cadamuro, ce sont des ingrédients qui profitent aux buteurs. Le ballon est revenu sur Papa Diop qui n’a laissé aucune chance à Asselah (43’). Au retour des vestiaires, la physionomie de la rencontre est restée la même. Les Verts ont repris l’avantage grâce à Slimani, auteur d’un doublé, qui a été à la réception d’un centre de Mahrez avant de battre Khadim Ndiaye (52’). Mais il faut savoir que lorsque rien ne marche, il ne faut pas faire grand-chose. En effet, la joie des Algériens a été de courte durée puisqu’une minute plus tard, Moussa Sow a égalisé. Nous ne pouvons pas ne pas signaler la passivité de la défense centrale, qui a ouvert un boulevard à l’attaquant sénégalais, pas du tout inquiété avant d’enchaîner par un tir hors de portée d’Asselah. Slimani a raté une énorme occasion de prendre l’avantage lors qu’il s’est présenté face au gardien de but. La suite de la rencontre n’a pas apporté du nouveau malgré les changements opérés par Leekens en faisant rentrer Bounedjah et Ghezzal à la place de Slimani et Hanni. Le match s’est soldé par un nul, alors que la Tunisie s’est imposée face au Zimbabwe et rejoint le Sénégal en quarts de finale. LaTunisie va affronter le Burkina Faso à Libreville, alors que le Sénégal accueillera le Cameroun à Franceville, et que l’Algérie rentrera à la maison, au grand dam de ses supporters.
Dj. O.

Fiche technique

Stade de Franceville. Temps frais. Affluence faible. Arbitrage de Joshua Bondo (Botswana), assisté de Jerson Emiliano Santos (Angola) et ArsénioChadrequeMarengula (Mozambique)

n Buts : Slimani (10’ et 52’) Algérie - Papa Diop (43’), Moussa Sow (53’) Sénégal
n Averts : Ghoulam (39’), Bentaleb (39’), Cadamuro (58’) Algérie - Famara Diedhiou (74’) Sénégal

l Sénégal : Khadim Ndiaye, Serigne Modou Kara Mbodji (Famara Diedhiou 70’), Saliou Cissé, Moussa Sow, Cheikh Tidjane Ndoye, Mohamed Diame, Moussa Konate (Keïta Baldé 90’+2), Zargo Touré, Papa Kouly Diop, Papa Alioune Ndiaye (Idrissa Gana Gueye 79’), Ismaïla Sarr
Entr. : Aliou Cissé

l Algérie : Asselah, Meftah, Ghoulam, Cadamuro, Mandi, Guedioura, Mahrez, Bentaleb, Slimani (Bounedjah 80’), Hanni (Ghezzal 82’), Brahimi
Entr. : Leekens

Le mea culpa
Guedioura : «On demande pardon au peuple algérien»

Le milieu de terrain des Verts, Adlène Guedioura, qui a joué tous les matches de la sélection lors de ce tournoi, alors qu’il n’est pas l’habituel titulaire, a affirmé que ses camarades et lui sont passés à côté de leur sujet dans cette CAN. «Nous sommes très déçus, mais je peux vous assurer que nous avons tout donné même si certains affirmaient que nous n’avions pas mis du cœur dans cette expédition. Il y a eu de petites choses durant la CAN qui ont été contre nous, comme notre but contre notre camp face à la Tunisie ou encore le premier but des Sénégalais aujourd’hui. Ils n’ont pas eu de nombreuses occasiosn mais ils sont repartis avec le nul. Ce sont ces petites erreurs qui ont fait la différence. Nous sommes désolés après cette élimination et je demande pardon au peuple algérien. Je lui demande de nous excuser car nous l’avons déçu. Maintenant, il faudra se relever et travailler et surtout apprendre de ses erreurs», a indiqué le joueur de Watford.    Dj. O.

Le onze
Le Sénégal a changé 10 joueurs

Le sélectionneur du Sénégal, Aliou Cissé a certes parlé de remaniement d’effectif surtout qu’un choc l’attend en prévision du quart de finale puisqu’il affrontera le Cameroun, mais personne ne s’attendait à le voir aligner une équipe remaniée à 99%. En effet, il a titularisé 10 joueurs sur onze qui n’ont pas débuté les deux premiers matches face à la Tunisie puis le Zimbabwe. Seul Serigne Modou Kara Mbodji a joué les deux matches et a hérité du brassard du capitanat. Certains n’ont pas hésité à qualifier la décision de l’entraîneur du Sénégal de faire jouer les remplaçants comme un manque de respect envers les Algériens. Un turn-over était, certes, attendu, mais de là à faire jouer 10 nouveaux joueurs...
Dj. O.

La fébrilité
Une défense passoire

Le gardien de but de l’équipe nationale, Malik Asselah, qui ne s’attendait pas à prendre part à ce tournoi, a disputé deux matches après la blessure de Mbolhi lors de la première sortie. L’équipe nationale reste la plus faible défense du tournoi puisqu’elle a encaissé 6 buts en 3 rencontres, soit 2 buts par match. Ainsi, le problème est bien connu pour le staff tehcnique qui devrait tout faire pour trouver des solutions à la défense algérienne. Leekens a testé plusieurs variantes sans pour autant parvenir à solutionner la question. «Nous avons bien préparé ce match face au Sénégal, mais ce n’était pas évident pour nous, surtout après avoir su que la Tunisie menait face au Zimbabwe. Malgré cela, nous avons essayé de bien finir notre mission en remportant notre match, mais nos efforts ont été vains. Maintenant, il faut penser à vite se relever et essayer de bien rebondir lors des échéances futures. Si c’est une CAN ratée ? Oui, c’est clair. Tant que nous avons été éliminés dès le premier tour, c’est que notre CAN était ratée», a indiqué le gardien de but des Canaris.    Dj. O.

L’incident
Bagarre dans les tribunes

Déçus par le rendement de l’équipe, les supporters de la sélection nationale ont eu un comportement, jugé négatif par les organisateurs. L’Algérie risque de lourdes sanctions après que les fans algériens ont réalisé un craquage vers la fin de la rencontre. Plusieurs fumigènes ont été allumés et une banderole déployée ou on pouvait lire : «Raouraoua dégage». Les services de sécurité ont effectué une intervention musclée, provoquant une bagarre dans les gradins. Les fans algériens ont terminé la partie sous une forte surveillance. Il est utile de signaler que les représentants de la CAF ont filmé ces scènes et qu’un rapport devrait être envoyé à la CAF qui pourrait lourdement sanctionner l’Algérie.
Dj. O.

Leekens dépose sa démission

Prévisible n Selon une source de la fédération algérienne de football, ralliée par plusieurs médias algériens ce matin, le sélectionneur national Georges Leekens ne poursuivra pas sa mission à la tête des Verts.

Le technicien belge ne sera pas reconduit dans ses fonctions sachant que l’objectif qui lui a été assigné pour cette CAN-2017 n’a pas été atteint. L’annonce de cette démission intervient quelques heures seulement après le point de presse d’après-match de Leekens alors qu’il évoquait son avenir notamment les échéances futures qui l’attendent avec les Verts. Selon notre source au Gabon, des responsables de FAF auraient informé le Belge tard dans la soirée d’hier de l’intention l’instance fédérale de se séparer de ses services et après quoi il a déposé sa démission en attendant de rencontrer le président de la FAF, Mohamed Raouraoua, dès le retour de la délégation algérienne au pays. L’autre information qui a été aussi confirmée avec le départ du sélectionneur national, c’est la fin de mission de tous les autres membres du staff technique national. Il s’agit du Belge De Wild, Yazid Mansouri, Nabil Neghiz, Madjid Bougherra, le préparateur physique et les deux entraîneurs des gardiens de but. Cela dit, le départ de Leekens ne devrait causer aucun préjudice à la trésorerie de la fédération algérienne de football du fait qu’il s’agit d’abord d’une démission mais aussi d’objectif non atteint. L’ancien sélectionneur national des Diables Rouge de la Belgique et les Aigles de Carthage de la Tunisie a pris les commandes techniques de l’équipe nationale en fin octobre dernier en remplacement du Serbe, Milovan Rajevac. Pour son deuxième passage en Algérie, après un premier de six mois en 2003, le technicien belge a dirigé les Verts en quatre rencontres officielles soldées par deux défaites et deux nuls. En plus de ces statistiques qui ne plaisent pas du tout en faveur de Leekens, les Verts ont perdu toutes leurs caractéristiques jusqu’à devenir une équipe sans grinta, sa tactique, sans cohésion et très fébrile mentalement, voire une sélection carrément sans âme. Le constat est amer et le peuple algérien ne reconnait plus ses «Guerriers du désert» qui faisaient sa fierté dans un passé très récent. Les observateurs algériens et étrangers n’arrivent pas à croire et ne comprennent toujours pas comment en si peu de temps, les Verts ont chuté si bas ! Et dire que tous les ingrédients étaient réunis pour l’Algérie s’illustre dans les deux challenges à savoir la CAN-2017 et les qualifications pour le Mondial-2018. La présence des Fennecs en Russie dans moins de deux ans devient de plus en plus une utopie. Faudra-t-il tout démolir pour reconstruire lorsque l’on sait que le mal est en haut ?
Anis B.

«Je pars pour le bien de tous»

l «Vu la pression qui est exercée sur la fédération et l'équipe nationale, j'ai préféré arrêter mon contrat par amitié au président de la Fédération qui mérite le respect", indique le Belge sur le site fédéral. "Pour le bien de tous, je préfère donc partir même si je le fais avec un pincement au coeur en souhaitant toute la réussite du monde à l'équipe nationale.» a affirmé Leekens ce matin.

L’adversaire
Aliou Cissé : «L’Algérie a fait un bon match»

Visiblement, soulagé d’avoir terminé la phase des poules sans défaite, le sélectionneur du Sénégal, Aliou Cissé, a expliqué les nombreux changements opérés au sein de son onze de départ. «Je crois que les changements étaient bien étudiés. Nous étions qualifiés donc il était important de donner du temps de jeu à des garçons qui n’ont pas joué. J’avais dit que nous avons 23 joueurs, tous concernés par la compétition. Il a fallu les maintenir concentrés», a-t-il souligné. A propos de la rencontre, Aliou Cissé a reconnu que ce n’était pas facile face à un adversaire qui voulait terminer la compétition sur une bonne note. «Ce fut difficile face à cette équipe d’Algérie. Elle n’avait pas envie de quitter la compétition avec un mauvais résultat. Je crois qu’ils ont fait un bon match et je tiens à encourager le coach algérien et je lui souhaite bonne continuation», a-t-il poursuivi.    Dj. O.

L’énigme
Hanni : «Je ne peux pas expliquer cette élimination»

Le milieu de terrain des Verts, Sofiane Hanni, se dit très déçu par le rencement de l’équipe durant la CAN-2017. «Il est tout à fait normal qu’il y ait une déception après une telle élimination. C’est frustrant pour le peuple algérien et surtout pour nous les joueurs parce que nous voulions gagner au moins un match. Nous avons réussi à mener par deux fois, mais on se fait rejoindre au score. Je ne peux pas expliquer cette élimination. Nous avons un bon groupe avec de bons joueurs, mais ça n’a pas marché.J’avais envie de donner le maximum pour l’Algérie, j’aurais aimé aider mon équipe à gagner ce match. Il faut savoir accepter les choix. A moi de rester concentrépour être au top lors des prochaines échéances. Je suis déçu car je suis un compétiteur qui a énormément de l’ambition. J’avais à cœur de poursuivre l’aventure pour donner de la joie au peuple algérien. C’est difficile de se faire éliminer dès le premier tour. Cette CAN m’a appris à savoir qu’il n’existe pas de petites équipes. Ce n’est pas forcément la meilleure équipe avec de bons joueurs qui gagnera toujours.Nous ne sommes pas en fin de cycle. Nous avons de jeunes joueurs et l’avenir est devant cette équipe nationale. La CAN est finie pour nous. Il faut être très fort pour rebondir», a indiqué le joueur d’Anderlecht.    Dj. O.

L’homme du match
Slimani : «Déçus pour les 40 millions d’Algériens»
Auteur d’un doublé, Islam Slimani a été désigné homme du match Sénégal - Algérie. Le joueur algérien a reçu son trophée, mais avait une mine très abattu au point d’oublier son trophée à la fin de la petite conférence de presse. D’emblée, Slimani a assuré que c’était dur pour ses coéquipiers et lui d’être éliminés dès le premier tour. «C’était très dur pour nous. Notre objectif était d’aller le plus loin possible dans cette compétition. Hélas, nous n’avons pas été à la hauteur. Nous devons tourner cette page et apprendre de nos erreurs. C’est en apprenant des échecs que nous grandirons», a-t-il indiqué. A laquestion de savoir si c’était le premier match face au Zimbabwe qui était le tournant su parcours des Verts, Slimani a répondu par l’affirmative. «C’est vrai, je pense que le tournant de notre parcours dans cette CAN-2017 était notre très mauvaise entame. Le premier match contre le Zimbabwe a rendu notre tâche plus compliqué. En plus, nous sommes arrivés ici 2 ou 3 jours avant la compétition. Le temps d’adaptation était très court. Je ne dis pas cela pour trouver des excuses. Nous assumons cet échec et je dis que tant que nous n’avons pas réalisé le parcours qu’il faut, nous ne méritons pas de passer ce tour», a-t-il souligné. Malgré l’expérience des joueurs, l’Algérie n’arrive pas à s’imposer en Coupe d’Afrique. En ce qui concerne cette question, l’attaquant algérien a estimé que l’équipe renferme de jeunes joueurs, mais qui ont une grande expérience dans les compétitions internationales.
«Maintenant, comme je ‘ai dit tout à l’heure, nous devons apprendre à tout âge apprendre de nos erreurs. Nous aurions aimé aller en finale de cette CAN car nous savions que 40 millions d’algériens attendaient beaucoup de nous. Aujourd’hui, nous tout autant très déçus et j’espère que cette déroute du Gabon va nous servir de leçon». A la fin, Slimani a parlé du choc entre le Cameroun et le Sénégal. «Ce sont deux bonnes équipe et je suis sûr que ce sera l’un des plus beaux matches de cette CAN», conclut-il.
Dj. O.

Le capitaine
Mandi : «C’est un échec collectif»

AïssaMandi, même s’il n’a pas été vraiment décisif, il a tenu son rôle sur le terrain et en tant que capitaine.Il était très déçu après l’élimination des Verts. «Je peux vous assurer que nous sommes tristes et déçus de cette élimination, surtout pour notre peuple qui attendait beaucoup de nous. Nous avions de très grandes ambitions pour cette CAN, mais les choses ont mal tourné dès le premier et c’était difficile de revenir. Je ne vais expliquer à chaud cette élimination. Nous avons une grande équipe avec de grands joueurs, nous ne devons pas être éliminés dès le premier tour. Nous sommes abattus. C’est comme ça, je ne sais pas quoi dire.  Ce n’est pas la solidarité qui nous a fait défaut dans cette compétition. Nous voulions tout donner, mais je pense qu’il fallait faire le maximum lors des deux premiers matches malgré notre bonne volonté de vaincre. Toutes les expériences sont bonnes à prendre. Si nous sommes éliminés, c’est un échec collectif. Il ne faut pas pointer tel ou tel personne», conclu-t-il.
Dj. O.

Après leur parcours décevant
Les Verts quittent la scène sans victoire

Déconfiture n Considérés parmi les favoris, sur le papier, pour le sacre final, les Verts ont déçu et ont quitté la CAN-2017 sans la moindre victoire, après leur match nul hier contre le Sénégal (2-2).
Finalement, l’équipe nationale n’a fait qu’un petit tour lors de cette CAN-2017 au Gabon avant de regagner le pays avec dans son escarcelle deux matchs nuls et une défaite.
Deux petits points et une grosse désillusion, doublés d’une énième déception à l’échelle du plus grand tournoi du continent. Hier, les Verts emmenés par le Belge Georges Leekens n’ont pas réussi à prendre le dessus sur presque l’équipe B sénégalaise, concédant un second nul (2 à 2) lors de ce premier tour du groupe B, après celui face au Zimbabwe sur le même score, au moment où cet adversaire a été dominé par la Tunisie (4 à 2) et après avoir été battu par le Sénégal (2 à 0). Tous les qualificatifs sont alors évoqués pour illustrer la performance des Verts, allant du gâchis, à la déception en passant par la débâcle ou la désillusion. La délégation algérienne, partie pourtant avec de grandes ambitions affichées par le président de la Fédération algérienne de football (FAF) Mohamed Raouraoua en premier, celles d’aller conquérir un titre africain qui la fuit depuis 1990 et faire oublier les deux sorties ratées en éliminatoires du Mondial-2018 face au Cameroun et au Nigeria, se sont révélées vaines. Pis encore, l’équipe a montré sur le terrain et devant tous les observateurs avertis, tout l’état de sa régression. Une équipe qui a été disloquée et destructurée dans son âme et dans sa façon de jouer. Dans ces mêmes colonnes, on a évoqué, à plusieurs reprises, que l’instabilité des entraîneurs à la tête de la sélection, les changements de plan de jeu, les erreurs de casting quant au bon technicien en chef, l’absence d’un staff expérimenté et compétent, la mauvaise préparation de l’équipe, ne peuvent concourir qu’à ce genre de débâcle. Et maintenant ? Faut-il brûler ce que tout un peuple a adoré il y a de cela seulement deux ans, au sortir d’un huitième de finale de Coupe du monde au Brésil. L’erreur justement à ne plus faire, c’est de rester sur ce match, comme ce fut le cas pendant longtemps avec la fameuse équipe de 1982, et oublier l’essentiel. Dans le football d’aujourd’hui, les choses vont tellement vite que si on ne s’accroche pas au bon wagon, on risque de s’enliser davantage. Le Brésil, justement, qui a été balayé chez lui par l’Allemagne en 2014, n’a pas tardé à rebondir deux ans après en décrochant, face à cette même Allemagne, la médaille d’or des jeux Olympiques qu’il a organisés ! Avec Neymar, une équipe remaniée et un nouveau staff technique. Un nouveau souffle et un regard vers l’avenir. Peut-on faire autant ? D’autant qu’on n’a pas d’autres choix que de faire le bon bilan et les analyses objectives, tout en se remettant en question par rapport à certains fondamentaux. A commencer par cette gestion centralisée de tout, y compris de l’aspect technique et du choix d’un sélectionneur qui aurait la taille et la carrure pour reprendre en main la sélection. Et non pas un pigiste, dépassé par le temps et les événements. Que Raouraoua parte ou non, comme s’excitent à l’exiger certains qui l’encensaient il n’y a pas longtemps, n’est pas le vrai débat. Le vrai débat, c’est de savoir que faire de ce football et qu’en pensent les décideurs politiques ? N’est-il pas venu le temps de réformer sérieusement cette discipline et de mettre les bases d’une vraie politique de développement basée sur la formation à partir du vivier local, au lieu d’attendre que la formation française nous alimente en footballeurs ? N’est-il pas venu le temps d’avoir des stades aux normes et surtout des terrains d’entraînement, sans oublier un encadrement de grande qualité pour accompagner ce développement ? Cela passerait par des décisions fortes et courageuses et un assainissement du milieu footballistique national, devenu celui des affairistes et des intrus de tout bord, n’ayant d’yeux que pour l’argent de l’Etat et des sponsors, pour faire leur beurre sur le dos de l’essentiel.
A. Salah-Bey

Le qualifié
La Tunisie atomise le Zimbabwe   
Un match à l'ancienne, où des équipes offensives cherchent à marquer un but de plus que l'adversaire malgré l'état de la pelouse : tel a été le spectacle offert lundi à Libreville par la Tunisie face au Zimbabwe (4-2), ce qui la qualifie pour les quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations de football. Dans une ambiance familiale (1 852 spectateurs qui pouvaient comme à l'entraînement entendre les joueurs s'interpeller dans une enceinte de 40 000 places), l'équipe du doyen Henri Kasperczak a facilement décroché son billet pour les quarts. La Tunisie n'a plus qu'à prendre ses quartiers à Libreville en attendant le match contre le Burkina Faso samedi. Bradé aux guichets, avec des billets à moins d'un euro (500 FCFA), le match a pourtant offert un festival de buts et de belles actions construites par les Aigles de Carthage, sans doute l'une des meilleures équipes du tournoi avec le Sénégal qui l'a battue 2-0 en match d'ouverture. Le show a commencé avec un tir du droit de Naïm Sliti (10’), puis Youssef Msakni a doublé la mise au terme d'un une-deux avec le même Sliti (23’). Malgré la pelouse mouillée et abîmée, les Tunisiens s'attachaient à produire du beau jeu à une touche de balle, le ballon toujours à terre, à l'image de leur troisième but d'une intelligence rare conclu par Taha Yassine Khenissi (36’). Menés 3-0, les joueurs d'Afrique australe n'abdiquaient en rien et surtout pas leur sens de l'honneur avec une frappe de Kwowledge Musona sortie en corner par le gardien Rami Jeridi, remplaçant d'Ayem Mathlouti, blessé. Musona réduisait l'écart un peu plus tard en déployant son talent dans la surface, jongle, contrôle, frappe (42’). Transformé juste avant la mi-temps, le penalty du Franco-Tunisien de Sunderland, Wahbi Khazri, affolait les statistiques : avec 4-1 et cinq buts à la mi-temps, ce match était déjà le plus prolifique de la CAN. Sans compter qu'entré à la mi-temps, Tendai Ndoro réduisait encore le score pour le Zimbabwe (58’).
Kasperczak : «On a fait un match plein»
l Suite à la victoire synonyme de qualification de son équipe, le sélectionneur franco-polonais de la Tunisie, Henri Kasperczak, a déclaré : «On a surpris l'équipe adverse par notre comportement en première période durant laquelle on était bien en place dans la récupération du ballon. On a eu la chance de marquer. On aurait pu aggraver le score. C'est une satisfaction et je ne peux que féliciter mes joueurs. Aujourd'hui (lundi, ndlr), on a fait un match plein. On n'a pas calculé en se disant qu'on allait faire match nul. On a joué pour gagner. On a réussi. Il faut rester dans la continuité de ce que l'on a démontré. (Sur le prochain match contre le Burkina), Ce sont deux équipes de qualité qui vont se rencontrer. Elles montrent un football de qualité, avec de la technique et des combinaisons offensives. Ce sera une rencontre comme les autres.»  

Pasuwa : «On a manqué de concentration»
l Callisto Pasuwa l’entraîneur du Zimbabwe, estime que le manque de concentration a joué un mauvais tour à ses joueurs. «Nous avons perdu ce match à l'entame de la rencontre surtout à cause d'un manque de concentration. Je pense que nous avons du potentiel mais nous devons mieux nous préparer. Nous avons besoin de cohésion. C'est la leçon de ce tournoi : nous devons rester davantage concentré tout au long du match», a-t-il affirmé.

Groupe C (3e journée)
Togo - RD Congo, ce soir à 20h
Adebayor : «Le match le plus important de ma vie»
l «C'est le match le plus important de ma carrière, pour l'instant de ma vie». Voilà comment Emmanuel Adebayor, capitaine du Togo, a présenté lundi le match de la dernière chance,  aujourd’hui face à la RD Congo, pour tenter d'aller en quarts de finale de la CAN. «Les grands joueurs de ma génération que j'ai côtoyés m'ont toujours dit : «Le match le plus important de ta carrière, c'est celui qui vient», donc, oui, contre les Congolais, c'est le match le plus important de ma carrière, pour l'instant de ma vie», a lancé le capitaine des «Eperviers» devant la presse. «Si j'ai pris l'avion pour venir à la CAN au Gabon et perdre après deux matches, ça ne sert à rien, a-t-il poursuivi. Je veux continuer à vivre l'aventure. Je dois montrer la voie, je ne peux pas manquer de courage et donc j'ai dit qu'on jouerait pour se qualifier. Le destin est entre nos mains».    

Côte d’Ivoire - Maroc
Renard, de héros à bourreau des «Eléphants» ?  
l L'ironie du destin le poursuit. Porté aux nues en Côte d'Ivoire en 2015 pour avoir enfin mené la génération dorée des «Eléphants» au sommet de l'Afrique, Hervé Renard peut devenir le bourreau de son ancienne équipe en cas de résultat positif avec le Maroc, aujourd’hui (20h) à Oyem. «Mon sentiment est que je dois penser «pro». Je suis l'entraîneur du Maroc. Il faut que le Maroc obtienne sa qualification. De toute façon, c'est l'objectif que je me suis fixé. Et comme tout entraîneur, j'ai horreur de ne pas atteindre mon objectif. L'affectif, c'était la même chose lors du dernier match, j'espère que l'issue sera la même», a espéré Renard, lors de la conférence de presse d'avant-match hier. S'il ne va pas retrouver ses deux anciens leaders Yaya Touré (retraité) et Gervinho (blessé), le technicien français connaît quasiment la majorité de l'effectif ivoirien - hormis «(Jonathan) Kodjia» précise-t-il - même si son homologue Michel Dussuyer a renouvelé près de 50% des joueurs titrés en 2015. Et s'il devait en retenir un qui l'a particulièrement marqué, il choisirait le nouveau capitaine ivoirien Serey Dié. «C'est peut-être l'adversaire le plus dangereux dans un match comme celui-là, parce que c'est quelqu'un qui ne baisse jamais les bras. Vous pouvez lui mettre les deux genoux à terre, il va se relever quand même. C'est quelqu'un d'exceptionnel dans un groupe. Il faut suivre son exemple», a rendu hommage Renard, très ému cette fois-ci.