Le guide suprême iranien Ali Khamenei a  dénoncé hier les "diatribes et sornettes" de Donald Trump, dans sa première  réaction aux récents propos du président américain contre l'Iran.

 Des causes multiples

Mission n Douze experts avaient été chargés par le parlement d'analyser l'immense  feu de forêt qui avait ravagé en juin la région de Pedrogao Grande (centre),  tuant 64 personnes.


Le Portugal était ravagé hier par des  incendies meurtriers, pour la seconde fois en quatre mois. Voici les causes de  ces catastrophes, d'après un rapport d'une commission d'experts indépendants  publié jeudi dernier :

 - Des pompiers volontaires peu formés :
Les pompiers au Portugal sont en majorité des volontaires. Le rapport  recommande leur professionnalisation progressive, une modernisation de l'Ecole  nationale des pompiers et une plus grande coordination avec l'armée,  sous-utilisée dans ces catastrophes naturelles.  
 
- Manque de moyens de communication :
Les services de secours sont incapables de communiquer entre eux quand  l'infrastructure (lignes téléphoniques, relais de téléphone mobile) a brûlé.  Leur système de communication utilise "une technologie vétuste", ont souligné  ces experts. Les reporters de l'AFP ont croisé en juin des pompiers qui  demandaient leur chemin aux habitants. La Ligue des pompiers volontaires a  réclamé hier des outils 'plus modernes et plus fiables".  

 - L'eucalyptus inflammable :
L'industrie du papier demande de l'eucalyptus, une espèce très inflammable.  Le rapport recommande de planter plus de chênes de châtaigners et en général  des feuillus plutôt que des pins et des eucalyptus. Le parlement a décidé en  juillet de réduire progressivement les surfaces autorisées pour la culture de  l'eucalyptus.  
- Manque de capacité d'anticipation :
 Le Portugal ne possède pas de météorologues experts en anticipation et  lutte contre les incendies.  Vu les températures inhabituellement élevées en  juin, le gouvernement aurait dû renforcer plus tôt le Dispositif spécial de  combat contre les incendies de forêt, comme il le fait normalement en juillet.  Ce dispositif est conçu pour réagir plutôt que pour anticiper.    

- Des services de la protection civile défaillants :
L'Autorité nationale de la protection civile (ANPC) a été lente à réagir et  à engager les moyens nécessaires dès le départ des feux. Les experts ont  découvert par exemple que  l'hélicoptère anti-incendie que l'ANPC affirmait  avoir engagé le premier soir n'avait jamais décollé.   D'après ces  spécialistes se posent également des problèmes dans la chaîne  de commandement de l'ANPC, où les nominations ne correspondent pas aux profils  exigés. La commission d'enquête recommande de sélectionner des "professionnels  possédant les compétences et l'expérience nécessaires".
- Des villages au milieu des forêts :
Les spécialistes relèvent une trop grande proximité entre les habitations  et les espaces naturels. Les populations ne sont pas sensibilisées aux risques  des incendies de forêt. Elles ne procèdent pas au débroussaillage des  parcelles, pas plus que les municipalités. La ministre de l'Intérieur Constança  Urbano de Sousa a déploré lundi que certains continuent à brûler des feuilles  dans leurs parcelles en pleine sécheresse.  
- Le mythe des incendiaires :  
 L'idée très répandue que la plupart des incendies sont d'origine criminelle  est un mythe, affirment les experts. L'incendie de Pedrogao a été déclenché par  des surcharges dans les réseaux de distribution de l'électricité et un éclair,  selon eux.
- Incurie gouvernementale :
Le rapport reproche aux gouvernements successifs de ne jamais avoir  développé une politique concertée de prévention des incendies, chacun faisant  "table rase" des efforts de son prédécesseur.

  7 personnes encore portées disparues    

 Les pluies et les vents qui se sont  apaisés ont aidé les pompiers à maîtriser les principaux incendies d’hier au Portugal, mais sept personnes étaient toujours disparues  ce mardi. Une quinzaine d'incendies qui étaient considérés comme "importants" ont été  maîtrisés dans la nuit d’hier, selon le dernier bilan des services de  la protection civile.  Toutefois, une cinquantaine de petits foyers restaient actifs et plus de  3.000 hommes restaient mobilisés sur le terrain, la protection civile ayant  décidé de prolonger l'alerte rouge, en vigueur depuis dimanche, jusqu'à ce soir 20H00 GMT.  "Nous allons réévaluer mardi matin le dispositif déployé sur le théâtre des  opérations", a indiqué le responsable de l'Autorité nationale de la  protection civile, à la radio TSF. Cette accalmie devrait se poursuivre dans les prochains jours grâce à une  météo plus favorable. Les températures devraient baisser et la pluie est prévue  dans le centre et le nord du pays au moins jusqu'à jeudi, d'après les  prévisions de Météo Portugal.  

 Trois jours de deuil national  

Au moins 39 personnes ont été  tuées par les feux de forêt qui continuaient hier de ravager le Portugal et la  région voisine de Galice, en Espagne, frappés par des mois de sécheresse et  balayés par des vents violents au passage de l'ouragan Ophelia.  Ces incendies ont fait 36 morts dans le centre et le nord du Portugal, où  sept personnes étaient portées disparues, et trois autres personnes ont péri en  Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne, selon les autorités des deux pays. "Il y a encore des équipes sur le terrain" pour tenter d'établir un bilan  final, a déclaré la porte-parole de la protection civile portugaise, précisant qu'un bébé d'un mois figurait parmi les morts. Les centaines d'incendies qui se sont déclarés dimanche et lundi ont  également fait 63 blessés, dont 16 graves, dans la population et parmi les  pompiers.   Quelque 3.600 pompiers tentaient de venir à bout d'une cinquantaine de  foyers encore actifs en début de soirée dont la moitié étaient jugés  "importants".

   Nuit infernale
 Sous une épaisse fumée, au milieu d'une forêt de pins et d'eucalyptus  calcinés, les habitants du village de Ventosa, situé dans la commune de Vouzela  (centre), ont passé la journée à éteindre des reprises de feu avec des tuyaux  d'arrosage, encore sous le choc d'une nuit infernale.  "Tout s'est passé en 45 minutes, le feu est arrivé en bas du village et  s'est propagé à une vitesse incroyable. Je n'avais jamais vu ça. La plupart des victimes ont été piégées par les flammes dans leur voiture  ou dans leur maison. D'autres bravaient le danger pour tenter de sauver leurs  exploitations agricoles.

 Les feux les plus violents

Rappel - Le Portugal a déjà été touché  par plusieurs incendies meurtriers de ce type, le plus dévastateur ayant fait 64 morts en juin dernier.  


    - 2017 : Le 17 juin, en pleine canicule, un gigantesque feu de forêt se déclenche à  Pedrogao Grande dans la région de Leiria, dans le centre. Les flammes attisées  par des vents très forts se propagent rapidement, ravageant pendant cinq jours  quelque 30.000 hectares de collines couvertes de pins et d'eucalyptus entre les  villages de Pedrogao Grande, Figueiro dos Vinhos et Castanheira de Pera. Avec  64 morts et plus de 250 blessés, cet incendie reste le plus meurtrier de  l'histoire du Portugal.   Après ce drame, le Portugal a adopté une réforme visant à réduire à terme  le nombre des eucalyptus présents en masse sur son territoire, cette essence  étant particulièrement inflammable.

 - 2013 : En août, une vague d'incendies dans le nord et le centre, attisés par des  vents violents et des températures élevées, font neuf morts dont huit pompiers  et réduisent en cendres des dizaines de milliers d'hectares de forêt. La chaîne  montagneuse de Caramulo (centre), surnommée le "poumon du Portugal" pour ses  forêts de pins et d'eucalyptus, est particulièrement touchée. Un millier de  pompiers, appuyés par des Canadair français, espagnols et croates, seront  mobilisés sur l'ensemble du territoire afin de combattre les nombreux foyers  (une moyenne de 250 à 300 départs de feu par jour).  Une soixantaine d'incendiaires présumés sont arrêtés entre janvier et fin  août.
  - 2006 : Le 9 juillet, six pompiers périssent carbonisés pendant qu'ils luttent  contre un feu de forêt à Sao Famaliçao da Serra (centre).
- 2005 : Fin février, quatre pompiers meurent en combattant un feu de forêt, près de  Mortagua (200 km au nord-est de Lisbonne). En juillet-août, plusieurs vagues  d'incendies particulièrement violentes ravagent le Portugal du nord au sud,  poussant ce pays à demander l'aide de ses partenaires européens. Quelque 300.000 hectares seront réduits en cendres dans l'année par les  incendies qui feront au total au moins 18 morts, dont onze pompiers.

 - 2003 : Entre juillet et septembre, de gigantesques feux de forêt, alimentés par la  canicule, ravagent le centre et le sud du Portugal pendant des semaines,  faisant au total 20 morts. L'été 2003 demeure le plus catastrophique en termes  de surfaces détruites avec près de 425.000 hectares détruits.
 - 1966 : Cette année-là, un feu dans la forêt de Sintra à l'ouest de Lisbonne  provoque la mort de 25 militaires qui avaient tenté en vain de combattre les  flammes.  

 Alerte rouge  

l Parmi la quinzaine d'incendies considérés "importants", le plus préoccupant  faisait rage dans la commune de Lousa (centre), où des pompiers positionnés à  flanc de colline s'efforçaient de freiner l'avancée des flammes aux abords du  village de Cabanoes.  Malgré une nouvelle baisse des températures et la pluie prévues pour ce mardi,  la protection civile a décidé de prolonger l'alerte rouge en vigueur depuis  dimanche matin. Ces brasiers ont été attisés par des rafales de vent liées à l'ouragan  Ophelia, passé dimanche au large de la péninsule ibérique avant de s'abattre  sous forme de tempête sur l'Irlande.

 Appel à la solidarité européenne

l Ces incendies, dont une partie a "pour la première fois" traversé la  "frontière naturelle" du nord du Portugal vers l'Espagne, ont été attisés par  des rafales de vent allant jusqu'à 90 km/h liées à l'ouragan Ophelia, qui  passait au large de la péninsule ibérique et se dirigeait vers l'Irlande, a  expliqué le chef du gouvernement régional de Galice, Alberto Nunez Feijoo.  "Nous sommes frappés par une sécheresse sévère et le pays a été balayé hier  (dimanche) par des vents très forts, en raison de l'ouragan Ophelia qui est  passé tout près", a confirmé la ministre portugaise de l'Intérieur, Constança  Urbano de Sousa.  

 Du jamais vu depuis 2006
lLe Portugal a enregistré dimanche 524 incendies ou départs de feux, du  jamais vu depuis 2006, a souligné le Premier ministre Antonio Costa, qui a  déclaré "l'état de catastrophe publique".  Lisbonne a par ailleurs sollicité des renforts à ses partenaires de l'Union  européenne et au Maroc, auquel l'Italie a répondu en acceptant de prêter deux  avions bombardiers d'eau. "Lorsqu'il s'agit d'affronter une calamité de cette ampleur, il faut  mobiliser tous les moyens et toute la solidarité européenne", a déclaré au  Luxembourg le ministre des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva.  "L'Espagne, la France et le Maroc sont eux aussi confrontés à des incendies  préoccupants" et n'ont pas encore répondu aux appels à l'aide.

Ambiance de fin du monde

l Sous une épaisse fumée, au milieu d'une forêt de pins et d'eucalyptus  calcinés, les habitants du village de Ventosa, situé dans la commune de Vouzela  (centre), s'employaient à éteindre des reprises de feu avec des tuyaux  d'arrosage, encore sous le choc d'une nuit infernale.  "Tout s'est passé en 45 minutes, le feu est arrivé en bas du village et  s'est propagé à une vitesse incroyable. Je n'avais jamais vu ça. Vraiment,  c'était une ambiance de fin du monde. Tout le monde a fui et je me suis  retrouvé seul ici", a raconté Jose Morais.  La plupart des victimes ont été piégées par les flammes dans leur voiture  ou leur maison, ou alors qu'elles tentaient en vain de sauver leurs  exploitations agricoles. En Galice, deux personnes ont péri piégées dans leur véhicule près de  Nigran, alors qu'elles essayaient de fuir, et un homme âgé a été retrouvé mort  dans un hangar derrière sa maison, à Carballeda de Avia.