Histoires étranges : Enterré par erreur

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Résumé de la 1ère partie -  Un touriste allemand Frantz Rosenberg est déclaré mort par un médecin qui l’a examiné après avoir subi un terrible choc cérébral entrainé par un accident de vélo pendant son voyage en France.


Alors, comme il trouvait tout à fait déplacé de conserver un cadavre dans une pièce qu’il aurait pu louer, il demanda à quelques villageois de le mettre dans son cercueil sans attendre et de le porter au cimetière.
Le cercueil fut posé à même le sol, entre les tombes, et abandonné là en attendant que le fossoyeur public trouve un moment pour l’enterrer.
Les secousses reçues pendant le trajet, ses porteurs se montrèrent extrêmement brusques et maladroits, et l’air froid de la nuit qui s’infiltrait dans le cercueil aux planches mal ajustées finirent par tirer le malheureux de son état. Frantz revint alors à la vie, mais toute l’horreur de sa situation ne lui apparut pas immédiatement. Au début, il crut se réveiller d’un profond sommeil.
Il s’efforça de se rappeler l’endroit où il se trouvait et ses activités de la veille, mais l’obscurité était totale et rien ne lui revint en mémoire. Il insista et lentement, très lentement, il commença à se souvenir de son accident et des événements suivants.Il se rappelait, avec la plus grande netteté, de sa tête cognant violemment contre le mur, des deux rustres, un aux cheveux roux et un autre basané, qui l’avaient porté jusqu’à l’auberge, de l’expression d’horreur presque comique sur le visage de la femme de chambre, de la façon dont elle s’était précipitée pour informer le propriétaire de son arrivée, de leur consternation et de leur discussion sur ce qu’il convenait de faire.
L’aubergiste avait proposé une chose, sa femme une autre, la servante une autre encore etc… Ils avaient ensuite fouillé ses poches sans aucun ménagement, à son grand désarroi, cherchant une carte ou une lettre qui auraient pu leur donner un indice quant à son adresse.
Pendant qu’ils agissaient ainsi, Frantz flottait près de son propre corps et tout autour de lui, d’étranges yeux gris, qui semblaient constitués d’ombre ou de fumée, le scrutaient de leurs regards insondables.
A suivre