Au coin de la cheminée : La Belle aux cheveux d’or 2e partie

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Résumé de la 1re partie n Quand le roi eut appris tout ce qu’on disait de la Belle aux cheveux d’or,  il se prit à l’aimer si fort, qu’il en perdait le boire et le manger.

Tout aussitôt ces méchantes gens vont dire au roi :
– Sire, vous ne savez pas ce que dit Avenant ?
Que, si vous l’aviez envoyé chez la Belle aux cheveux d’or, il l’aurait ramenée. Considérez bien sa malice, il prétend être plus beau que vous, et qu’elle l’aurait tant aimé, qu’elle l’aurait suivi partout.
Voilà le roi qui se met en colère, en colère tant et tant, qu’il était hors de lui.
– Ha ! ha ! dit-il, ce joli mignon se moque de mon malheur, et il se prise plus que moi. Allons, qu’on le mette dans ma grosse tour, et qu’il y meure de faim !
Les gardes du roi furent chez Avenant, qui ne pensait plus à ce qu’il avait dit. Ils le traînèrent en prison et lui firent mille maux. Ce pauvre garçon n’avait qu’un peu de paille pour se coucher et il serait mort sans une petite fontaine qui coulait dans le pied de la tour, dont il buvait un peu pour se rafraîchir, car la faim lui avait bien séché la bouche.
Un jour qu’il n’en pouvait plus, il disait en soupirant :
– De quoi se plaint le roi ? Il n’a point de sujet qui lui soit plus fidèle que moi, je ne l’ai jamais offensé.
Le roi, par hasard, passait près de la tour, et quand il entendit la voix de celui qu’il avait tant aimé, il s’arrêta pour l’écouter, malgré ceux qui étaient avec lui, qui haïssaient Avenant et qui disaient au roi :
– À quoi vous amusez-vous, sire ! ne savez- vous pas que c’est un fripon ?
Le roi répondit :
– Laissez-moi là, je veux l’écouter.
Ayant ouï ses plaintes, les larmes lui vinrent aux yeux. Il ouvrit la porte de la tour et l’appela. Avenant vint tout triste se mettre a genoux devant lui, et baisa ses pieds :
– Que vous ai-je fait, sire, lui dit-il, pour me traiter si durement ?
–Tu t’es moqué de moi et de mon ambassadeur, dit le roi. Tu as dit que si je t’avais envoyé chez la Belle aux cheveux d’or, tu l’aurais bien amenée.
– Il est vrai, sire, répondit Avenant, que je lui  aurais si bien fait connaître vos grandes qualités, que je suis persuadé qu’elle n’aurait pu s’en défendre ; et en cela je n’ai rien dit qui ne vous dût être agréable.
A suivre
Marie Catherine, comtesse d’Aulnoy