Au coin de la cheminée : L'hyène et les chèvres de la vieille femme 3e partie et fin

Resumé de la 2e partie ? La petite fille venue du village voisin vit l’oiseau et le mangea alors que la vieille était partie chercher du bois. On ne sut jamais qui rapporta la nouvelle à Surukuba l’hyène qui n’attendait même pas le lendemain.

Histoires vraies : Le miraculé 1re partie

Armand et Céleste Lambert s'activent dans leur épicerie encore fermée, située dans le centre de Dijon. Il est sept heures et demie du matin, en ce 18 septembre 1912. C'est l'heure où, avant d'ouvrir le rideau de fer, il y a mille choses à préparer: regarnir les étagères, mettre de la monnaie dans la caisse, donner un dernier coup de torchon sur les bocaux.

Armand Lambert, quarante-cinq ans, n'a pas spécialement un physique avantageux. On voit qu'il est plus habitué à servir la clientèle dans sa boutique qu'à se promener au grand air. Le teint pâle, le corps chétif, les yeux myopes derrière de petites lunettes métalliques, le visage creusé, le dos un peu voûté, il a même quelque chose de déplaisant. Pourtant, la clientèle n'en semble pas gênée, sans doute à cause de son extrême politesse, qui frise la flagornerie.
Céleste Lambert, son épouse, est du genre effacé. C'est une petite bonne femme aux yeux bleus et aux cheveux pâles. Elle s'efforce d'être perpétuellement souriante, même si, avec son mari, ce n'est pas toujours facile...
Armand Lambert va chercher la manivelle pour remonter le rideau de fer. Céleste a un air de contrariété.
—?J'ai peur, Armand ! Tu ne devrais pas...
Armand Lambert hausse les épaules tout en actionnant la manivelle.
—?Laisse-moi faire. Tu veux de l'argent ou non ? Tu veux qu'on rachète le magasin d'à côté ou non ?
— Oui, mais quand même! De cette manière...
Le rideau de fer est relevé. Derrière la porte, plusieurs clientes attendent. Avant d'ouvrir le loquet, l'épicier se tourne une dernière fois vers sa femme.
—?Maintenant, tais-toi! Et tout à l'heure, tâche d'être à la hauteur. Je veux des cris, des larmes !
Céleste Lambert se mord les lèvres et hoche la tête en silence. Oui, elle essaiera d'être à la hauteur, car elle sait bien que ce 18 septembre 1912 va être pour eux un jour décisif... «A la hauteur», c'est drôle, quand on y pense... Mais Céleste n'a vraiment pas envie de rire.
Toute la matinée se passe sans incident et puis voilà qu'un peu avant midi, une cliente prononce la phrase fatidique :
—?Un kilo de sucre de canne, madame Lambert.
Céleste Lambert pâlit. Elle répond d'une voix aussi naturelle que possible :
—?Eh bien, mon mari va aller vous chercher cela, madame Justin...
Armand Lambert prend l'échelle et la met en place. Le sucre de canne se trouve tout en haut, sur le dernier rayon. C'est le moment... II monte rapidement, se penche un peu pour attraper la marchandise réclamée et perd brusquement l'équilibre. Il y a un cri dans le magasin. Les quatre clients présents accourent vers l'épicier en même temps que sa femme. Il semble ne pas s'être trop mal reçu, mais sait-on jamais ?
Et, effectivement, Armand Lambert ne se relève pas. Au contraire, il se met à gémir.
—?Céleste, j'ai mal ! Je ne peux plus bouger.
C'est l'affolement général. Il n'y a pas le téléphone dans la boutique. Il faut courir appeler un médecin.
Lorsque celui-ci arrive, un quart d'heure plus tard, en compagnie des agents, Armand Lambert est toujours immobile. Il faut l'emmener, geignant, sur une civière.
24 décembre 1912. Trois mois ont passé depuis l'accident. Armand et Céleste Lambert, une fois le rideau de fer fermé, s'apprêtent à passer le réveillon en tête à tête... Un bien triste réveillon, pensent les gens du quartier. M. Lambert a fait en effet une très mauvaise chute du haut de son échelle. Quoique n'ayant rien de cassé, il est resté paralysé des deux jambes et il est maintenant dans un fauteuil roulant...
A suivre
Pierre Bellemare

Au coin de la cheminée : L'hyène et les chèvres de la vieille femme 2e partie

Resumé de la 1re partie ? Alors que l’hyène se grattait la tête, elle vit un oiseau. Elle sauta et le captura. «Tiens, se dit-elle. Je vais donner ce volatile à la vieille femme. Si elle le mange, j’aurais un bon prétexte pour dévorer ses chèvres à belles dents !».