Chanson populaire : Patrimoine artistique national à préserver

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Débat n L’importance et l’urgence de préserver le patrimoine artistique national, notamment la poésie populaire, ont été soulignées mercredi à Tizi Ouzou par le chanteur et écrivain Abdelkader Bendamache pour qui l'art et la création artistique algériens «guident notre histoire».


Invité des rencontres littéraires et artistiques organisées à la bibliothèque principale de lecture publique, M. Bendamache, a insisté sur l’importance et l’urgence de préserver le patrimoine artistique national, "notamment la poésie populaire qui a été pendant très longtemps mise de côté", soulignant la nécessité de se mettre à l’ouvrage pour "nous réapproprier notre culture et notre identité".
Citant l’exemple du chiir el- Malhoun (poésie ancienne populaire en arabe dialectal), Abdelkader Bendamache a observé que ce genre "a été marginalisé pendant quatre siècles et ce n’est que depuis une dizaine d’année qu’on commence à s’y intéresser". Pourtant, a-t-il observé, cette poésie qui a un ancrage profond dans l’Histoire et la société algériennes, "est comme une grande armoire de connaissances des Algériens".
"La poésie populaire nous parle de nous mêmes. Elle raconte, entre autres, des faits historiques et sociaux de notre peuple de personnages ayant marqué leur temps, d’où sa richesse et l’importance de la préserver et de la revaloriser", a-t-il estimé, tout en déplorant cette sorte "d’auto-flagellation envers tout ce qui est Algérien. Nous n’aimons pas ce qui est à nous et nous accordons de l’intérêt à ce qui vient d’ailleurs, alors que nous avons nos propres génies qui n’ont rien à envier aux autres", a-t-il ajouté.
Abordant les démarches entamées par l’Algérie pour préserver son patrimoine immatériel, ce même artiste-écrivain a rappelé que l’Algérie a été le premier pays à avoir ratifié la convention international de préservation du patrimoine immatériel, et cette ratification a été concrétisée par la création depuis 2005 par le ministère de la Culture d’un total de 178 festivals pour mettre en valeur ce patrimoine.
M. Bendamache a dénoncé les tentatives d’appropriation de certaine facette de l’art algérien par d’autres pays "tel que la musique Rai pour lequel le Maroc a présenté à l’UNESCO un dossier de classement comme faisant partie de son patrimoine immatériel, alors que l’Algérie a déjà présenté un dossier de classement sur ce même genre musical".
Il a rappelé dans ce cadre que le rai était initialement une poésie féminine dans l’ouest du pays, précisément dans la région Tiaret/Ghelizane/Oran, "qui a été écrasée et ternie par le colonisateur car elle était un moyen qui pouvait faire réagir la conscience sociale et politique des Algériens. Puis elle a été dénaturée au milieu des années 1980, ce qui lui a valu des attaques et un détournement de cette musique", a-t-il soutenu.
R. C.