Art contemporain : Les grands noms s'exportent à Cuba

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Scène - Les murs de l'ancienne église San Francisco de Paula, construite au XVIIIe siècle dans la vieille Havane, ont tremblé lorsque Michelangelo Pistoletto a entrepris de briser des miroirs à l'aide d'un gros maillet, sous les yeux ébahis du public.


Si l'artiste italien a pu livrer cette performance artistique inhabituelle sur l'île castriste, c'est grâce à «Arte continua», premier espace étranger d'art contemporain installé à Cuba. Venu d'Italie, «Arte Continua» convoque depuis près de trois ans à La Havane des artistes internationaux de renom inspirés par ce bastion communiste en transformation.
Outre Pistoletto, le projet italien est parvenu à faire venir à Cuba le Français Daniel Buren, le Britannico-Indien Anish Kapoor, l'Indienne Shilpa Gupta ou le Gréco-Italien Jannis Kounellis, aujourd'hui décédé. A l'origine, le projet est né de l'imagination de trois amis, Mario Cristiani, Lorenzo Fiaschi et Maurizio Rigillo, qui ont eu l'idée de créer des galeries d'art contemporain «là où on ne les attend pas». Leur premier espace, appelé «Galeria continua», s'est ouvert en 1990 loin de la modernité des grandes villes, dans le petit village médiéval de San Gimignano, près de Florence. Toujours en quête d'environnements singuliers, les trois Italiens parvinrent déjà à être les premiers à installer en 2005 une galerie d'art contemporain internationale à Pékin, en Chine. Puis en 2007, ils ont ouvert une nouvelle antenne en France, aux Moulins, une bourgade sise au beau milieu de la campagne de Seine-et-Marne, au sud-est de Paris. C'est en 2014, lors d'une visite à Cuba, que Lorenzo Fiaschi a le coup de foudre pour Aguila de Oro, un cinéma-théâtre en ruine construit dans les années 1950 au milieu du quartier chinois de La Havane.
En collaboration avec les autorités cubaines, le site a été transformé en centre culturel, baptisé «Arte continua», et non «Galeria continua», pour bien signifier qu'il ne s'agit pas d'une galerie comme les autres.
L'espace propose des expositions d'art plastique mais aussi de nombreux évènements et rencontres autour d'autres disciplines telles que la musique, la danse, le théâtre, la photo ou l'architecture. «Nous sommes le premier lieu d'exposition non cubain de Cuba», se réjouit Luisa Ausenda, responsable de «Arte Continua», vantant le «rôle pionnier» mais aussi «non lucratif» de l'initiative. En effet, en vertu d'un accord avec le ministère de la Culture local, «Arte continua» ne vend pas les œuvres exposées. Pour autant, l'établissement parvient à faire venir les plus grands artistes internationaux avec des financements propres, mais aussi parfois grâce au soutien du mécénat privé et d'antennes diplomatiques de La Havane.
R.C./AFP