Fonds documentaire sonore de Abdelkrim Dali : Un legs à extraire des oubliettes  

Partagez cet article
FaceBook  Twitter     

15Mémoire n Il y a 39 ans, en 1978, disparaissait Abdelkrim Dali, lui qui a immortalisé laqcida «Aand lala sahranine» bien avant Hachemi Guerouabi.

Pour les mélomanes, la chanson interprétée par un des maitres du style musical hawzi reste un classique du genre. On la réécoute avec beaucoup de bonheur, puisqu’elle a fait découvrir à une jeunesse amateur du hawzi dans les années 70 un texte d’une poésie pure et une prestation unique du cheikh. 
Au grand regret de la famille du hawzi et des admirateurs encore nombreux de Abdelkrim Dali,  le grand public ne connait que la chanson «Ya mezyen  n’har el you» ou «Sidi Brahim el Khalil». 
Il en est de même des archives sonores du maitre méconnues jusqu’à ce jour par un grand nombre des gens du métier. A ce sujet, Abdelkader Bendameche a apporté sa contribution lors de l’hommage rendu au  musicien et interprète à la maison de la Culture de Tizi Ouzou en collaboration avec la fondation éponyme.
Le conférencier a déclaré que «les fonds sonores de Cheikh Abdelkrim Dali constituent un livre ouvert à retranscrire et explorer pour créer une continuité dans lÆhistoire culturelle et artistique nationale». Celui qui a soutenu que Abdelkrim Dali «a toujours ouvré pour la pérennité de ce genre musical ancestral», qu’il «a légué un fonds documentaire inestimable qui devrait être exploité pour l’enrichissement et la promotion de la culture», a souligné ce legs considérable, ces archives sonores ne devraient pas être laissées aux oubliettes, puisque leur exploitation est à même de devenir une référence dans l’héritage du   volet musical et culturel algérien.
En plus des cours qu’il dispensait, Abdelkrim Dali qui comptait un répertoire riche d’une centaine de chansons, faisait des recherches sur les styles savants de Tlemcen et d’Alger, et a pu préserver plusieurs poèmes, chants et morceaux de musique qui sont aujourd’hui témoin d’enracinement de cette culture, a souligné Bendameche.
C’est en 1971, soit sixans avant le décès du maitre que l’Institut national de musique, dans une approche de préservation du parcours artistique de Dali, a entamé une série d’enregistrements avec ce dernier. Tout a été supervisé de l’activité de formateur, d’interprète, d’auteur et d’expert musical, jusqu’aux recherches personnelles sur la musique andalouse.  Héritage séculaire importé de Grenade vers plusieurs villes d’Algérie et qui devint à leur contact un style spécifique. Outre cela, on doit à Abdelkrim Dali un répertoire d’une centaine de textes. Né à Tlemcen le 21 novembre 1914, Abdelkrim Dali a été d’abord un maitre du genre gharnati et hawzi tlemçani.  Musicien accompli, il jouait du rebab, violon et du oud.
C’est aux cotés de cheikh Abdeslam Bensari, de Lazaâr Bendali Yahia et Omar El Bakhchi qu’il a parachevé ses connaissances musicales. Par la suite il  intégrera l’orchestre de chikha Tetma également native de Tlemcen où il y évoluera entre  1931 et 1933 alors qu’il n’avait que 17 ans.
Dans les années 40 il rejoint Alger pour être incorporé par Bachtarzi dans les tournées de la scène artistique. Il faut rappeler, selon Bendameche, que Abdelkrim Dali a rejoint également l’orchestre kabyle de Cheikh Nouredine en tant que joueur de luth. Sa notoriété établie, on confie à Abdelkrim Dali le conservatoire, à peine naissant, de la musique andalouse de la ville d’Alger.
Il a su réunir autour de son art les adeptes du Gharnati et du Sanaâ pour rester l’enfant de Tlemcen et demeurer le fils d’Alger.
Leila N.