Patrimoine /La mise en valeur : Soutenir la recherche archéologique

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15Constat n Notre pays revêt des trésors archéologiques inespérés, précieux et inestimables, qui ont la particularité d’être uniques, exceptionnelles.

De l’avis des spécialistes, l’Algérie est un immense musée à ciel ouvert, s’étendant d’est en ouest, du nord au sud ; c’est un pays qui renferme d’innombrables sites archéologiques et une multitude de vestiges historiques, tous témoignant d’un riche passé et d’une mémoire plurielle. C’est dire que l’Algérie est une tresse d’histoires, marquée par différentes époques, qui a connu diverses civilisations.
Notre pays revêt donc des trésors archéologiques inespérés, précieux et inestimables, qui ont la particularité d’être unique, exceptionnelle.
Toutefois, ce patrimoine matériel n’est pas protégé. Cette mémoire plusieurs fois millénaires n’est pas valorisée, entretenue de façon à la léguer à la postérité.
C’est ainsi que Bachir Sahraoui, historien et archéologue, manifeste son mécontentement sur «l’insuffisance des recherches archéologiques en Algérie» ; il souligne que « ce handicap  n’a  aucune excuse et sonne comme un obstacle pour la valorisation de la  recherche ».
Celui pour qui l'Algérie est riche en histoires comme en vestiges remontant jusqu’à  la période d'avant le Christ, révèle que notre pays recèle des pyramides mais méconnues par la plupart des Algériens. «L’Algérie compte aujourd'hui 25 pyramides sur une centaine détruites par les Romains, les Turcs et les Français, ajoutant que parmi ces vestiges, les fameux djeddars de Frenda, dans la wilaya de Tiaret, renfermant 13 pyramides ou monuments funéraires, tout comme le temple de Medrassen à Batna, le Mausolée royal de Maurétanie, à Tipasa, et quelques traces de pyramides situées à Tlemcen », raconte-t-il, lors d’une rencontre qui a eu lieu à la librairie de l’ANEP Chaib Dzair.   L’historien et l’archéologue explique que « les pyramides qui se trouvent actuellement chez nous sont plus anciennes que celles des pharaons d’Egypte », avant de déplorer que plusieurs d'entre elles sont dans un état de ruine très avancé. En outre, Bachir Sahraoui, pour qui notre héritage archéologique est un trésor d’une beauté extraordinaire, souligne, à titre d’exemple, que «les grottes de Frenda et d’autres sont complètement abandonnée». Il regrette que «ces vestiges  situés à Frenda subissent de nombreuses dégradations qui les menacent de disparition ».  Il cite pour l’exemple les 5 grottes d'Ibn Khaldoun qui servent, aujourd'hui, d'abri aux chiens errants.  D’où l’urgence de les protéger et les mettre en valeur. Il cite aussi le site archéologique d’Ain Lahnèche situé à quelques kilomètres de la ville d’El Eulma (Sétif), et qui renferme 800 fragments d'objets et d'outils divers.  Il déplore que ce site soit exposé à la dégradation. Il évoque également d'autres sites qui sont, eux aussi, en péril, à l'instar de celui  de Milok à Laghouat. Pour parer à cette situation désolante, Bachir Sahraoui insiste à ce que les instances concernées soutiennent et encouragent la recherche dans le domaine de l’archéologie et qu’elles renforcent sa politique de sauvegarde et de valorisation de notre patrimoine matériel.   C’est ainsi qu’il appel les pouvoirs publics à mettre fin à la marginalisation de nos chercheurs et archéologues afin de mettre en valeur  notre richesse civilisationnelle ».  
Notons qu’à ce propos, le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, avait indiqué que son département œuvre actuellement à la création d’une carte archéologique nationale. Pour ce faire, il avait engagé des entreprises spécialisées pour inventorier tous les sites archéologiques que recèle l’Algérie.
 «Nous voulons faire de l’université un partenaire principal pour augmenter le nombre de chercheurs intéressés en archéologie», avait-il déclaré.
Yacine Idjer