Théâtre algérien : Promouvoir la culture populaire

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15Avis n Le théâtre algérien, qui jouit d’une longue tradition au niveau de la pratique, est riche en expériences. D’une expérience à l’autre, il s’est forgé une identité, devenant de ce fait une référence en la matière.

Le théâtre algérien a une histoire, chose qui fait sa spécificité, voire son originalité.
D’une génération de pratique (création et production) à l’autre, le théâtre algérien a su s’imposer comme tel, comme un mode d’expression avec sa grammaire et son vocabulaire, sa stylistique comme sa rhétorique, son langage et son imaginaire, le tout porté, rehaussé par une esthétique soignée, recherchée, une poétique qui le définit et le rend éclectique.
Le théâtre algérien s’est diversifié effectivement d’une pratique à l’autre, au fil des multiples inspirations et des différents thèmes abordés, revêtant alors le statut de patrimoine à part entière. Un patrimoine avec son contenu et ses repères. D’où l’intérêt – et la nécessité – de l’investir, de l’exploiter pour des approches nouvelles et créatives.
C’est ainsi que Nabil Bensekka, metteur en scène, estime qu’il faut «faire renaître le riche patrimoine théâtral algérien».
«Les jeunes créateurs algériens doivent travailler davantage pour faire renaître et valoriser le riche patrimoine théâtral  national», souligne-t-il.Il affirme que «l’histoire du théâtral national est riche et enracinée dans la culture populaire et qu’il appartient aux jeunes créateurs qui sont dans le champ du 4e art, de faire renaître ce patrimoine et le valoriser en prenant en considération les préoccupations de l’heure des citoyens et en adaptant les nouvelles techniques de cet art pour répondre aux attentes du public».
Par ailleurs, Nabil Bensekka, qui a mis en scène «El Guerrab Oua Salhine», considère que «l’histoire du théâtre algérien est riche par ses thèmes et les textes de théâtre de grande importance et qui peuvent servir de matière artistique et littéraire pour réaliser des œuvres de grande valeur», notant au passage que «cela est un devoir également pour la nouvelle génération pour ressusciter cette culture et artistique à travers l’adaptation».
En outre, Nabil Bensekka insiste sur «l’importance de l’écriture qui se nourrit d’anciens textes littéraires issus du patrimoine national et de leur authenticité et de cette capacité à renouveler l’écriture au plan artistique», tout comme il insiste sur «l’ouverture sur les thèmes universels et à profiter de l’expérience des autres à travers les échanges et les expertises».
Notons que «El Guerrab Oua Salhine» est un texte écrit en 1966 par le défunt Ould Abderrahmane Kaki, actualisé par Nabil Bensekka qui, «appelant au renoncement à la paresse et l'encouragement du travail pour une société productive», indique que «le texte de Ould Abderrahmane Kaki est un travail très élaboré qui se distingue par sa création».
«Il s’agit d’une écriture qui est valable dans le temps car le défunt dramaturge a réussi à mixer le patrimoine national à la littérature universelle dans ses écrits qui s’inspirent de la réalité sociale, le tout élaboré dans un style artistique, loin de toute attache idéologique», dit-il.
Notons que «El guerrab oua salihine» est un texte où l'empreinte de Bertolt Brecht est plus visible, puisqu’il a été adapté – en l’inscrivant dans le patrimoine populaire – de «La bonne âme de Se Tchouan» du dramaturge, metteur en scène, critique théâtral et poète allemand.
Yacine Idjer